‹ De la luxation trapézo-métacarpienneChapitre 6 sur 48 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

CELSE est le premier auteur qui se soit occupé des luxations trapézo-métacarpiennes. Après avoir parlé des luxations du poignet, il ajoute {Liv. VIIL, S 18, édit. 1846 de Chaales des Etangs) : :

« Les os qui constituent la paume de la main peuvent aussi se luxer en avant, en arrière, mais non latéralement, parce qu'ils sont disposés de manière à se faire mutuellement obstacle. »

Puis, c'est Paré qui, dans un chapitre sur la luxation des doigts, à eu en vue certainement la luxation du premier métacarpien sur le trapèze; il y consacre un paragraphe très court. |

LAURENT VERDUC vient ensuite; il écrit, en 1684, que «les trois phalanges du pouce peuvent se luxer et sont quelquefois très faciles à remettre, quelquefois très dificiles » ; les anciens anatomistes ne comptaient, en

effet, que quatre os métacarpiens, ce qui attribuait trois phalanges au pouce.

DuverNEZ (1751) déclare que le pouce peut se luxer par ses deux extrémités.

Perir (1772) (Chap. X, p. 78) mentionne spécialement cette luxation : « Cette luxation est difficile à réduire et surtout à maintenir : il yen à quatre espèces, celle en avant est la plus fréquente. »

Puis vient Manne en 1789 ; après avoir dit qu'il se ralliait à la façon de compter des modernes qui distinguent cinq métacarpiens, «le premier os du métacarpe, écrit-il, peut être luxé en avant, en arrière, en dehors et en dedans ». |

CALLISEN (1800) insiste sur la fréquence de cette luxation et n’en parle guère que pour en montrer les dangers. « Cette luxation, dit-il, n’est point sans gravité, nous l'avons vu devenir funeste deux fois, et l'amputation du pouce ne put sauver les malades, bien que la réduction eût été faite dans les règles.»

Jusqu'à cette époque, comme on peut s'en rendre compte d’après le succinct historique qui précède, la plus grande confusion régnait à ce sujet. Il faut arriver à Boyer (1803) pour trouver une histoire nette et détaillée de la luxation trapézo-métacarpienne. = Boyer, en effet (tome [V, p.265, 4édition), décrit longuement la luxation ; il nous paraît utile de le citer :

« Le premier os du métacarpe, articulé seulement avec le trapèze et susceptible d'exécuter des mouvements de flexion, d'extension, d’abduction et d'adduction, peut éprouver des déplacements; mais comme les efforts capables de les produire doivent nécessairement agir sur cet os et que ceux qui s'exercent sur le pouce causent plutôt la luxation de sa première phalange que celle

du métacarpe, il en résulte que les luxations de cel os sont extrêmement rares.

» Mobile dans quatresens différents qui sont la flexion, l'extension, l’abduction et l’adduction, le premier os du métacarpe semblerait pouvoir se luxer, en arrière, en avant, en dehors et en dedans; mais de ces quatre espèces de luxation, la première est sinon la seule possible, du moins la seule qui ait été observée.

» La luxalion en avant ne pourrait avoir lieu que dans un renversement extrême de l’os en arrière, mouvement qui a rarement lieu et auquel s'opposent les muscles courts fléchisseurs et opposants du pouce, couchés sur la partie antérieure de l'articulation qu'ils affermissent également:

» La luxation en dedans ne pourrait arriver que dans un mouvement extrême d’abduction du premier os du métacarpe et ce mouvement est empêché par les muscles qui remplissent l'intervalle compris entre cet os et le second et par la résistance que le côté externé de ce dernier opposerait à l'extrémité supérieure du premier, si elle tendait à abandonner la surface articulaire du trapèze.

La luxalion en dehors exigerait un mouvement d’adduction dont le premier os du métacarpe n'est pas susceptible, étant bienlôt arrêté dans ce mouvement par la rencontre du second os de la même partie.

» La luxation du premier os du métacarpe en arrière ne peut être produite que par une force extérieure qui porte cet os subitement et avec violence du côté de la flexion ; c’est ordinairement dans une chute sur le bord interne de la main que cette luxation a lieu. Dans cette circonstance, l'extrémité supérieure de l’os porté en arrière avec force déchire le ligament capsulaire, soulève les tendons

des muscles extenseurs du pouce et passe derrière le trapèze. »

Pour BOYER, en résumé, la luxation., trapézo- méta-

carpienne seule existe, elle s'accompagne d'une déchirure capsulaire dorsale et la seule cause qui lui donne naissance est une cause indirecte, flexion exagérée du pouce:

Vipaz DE Cassis (Traité de pathologie externe, &. IT, p. 341) reproduit exactement l'opinion de Boyer.

ASTLEY-COOPER dit n'avoir vu que des luxations en avant. Il en cile un cas : le premier métacarpien était placé entre le trapèze el la tête du second métacarpien et faisait saillie dans la paume de la main; le pouce était incliné en arrière. |

En 1855, MALGAIGNE, dans sou traité des «luxations et fractures », parle des luxations carpo-métacarpiennes du pouce et leur consacre un chapitre important. Il traite tour à tour de la luxation incomplète en arrière et de la luxation complète; il admet comme cause l'inelinaison forcée de Boyer et en plus le coup direct sur l'extrémité antérieure et supérieure du métacarpe; puis viennent les noms de FOUCHER, GÉRIN-ROSE, GOSSELIN-SALÈTES.

in 1864, PELLERIN, dans sa thèse, estime que cette luxation est rare: en 1871, POLAILLON dans le « Dictionnaire encyclopédique » met en doute les observations antérieure à Boyer. On doit toutefois reconnaître que, bien avant Boyer, Manxe, J.-L. Perir, Du VERNEZ et LAURENT VERDUC ont parlé avec assez de netteté de la luxation carpo-métacarpienne du:pouce.

Carayow, en 1872, consacre sa thèse à ce sujet, et constate que cette luxation est rare. HAMILTON et PoInsor, 1884, dans leur traité des « luxations et fractures », consacrent à cette question un parapheintéressant,; Cie 1885, en admet aussi dans sa thèse la rareté et la bénignité de cétte luxation et relate les expériences faites sur le cada-

PATES vre. WarTon, en 1888, traite spécialement de la luxation trapézo-métacarpienne incomplète en arrière.

Enfin presque tous les chirurgiens du dernier siècle ont consacré un article à cette luxation. Nous pouvons citer MM. les professeurs NÉLATON « éléments de pathologie chirurgicale » ; LE DENTU « dictionnaire de médecine et de chirurgie », et «traité de chirurgie »; FoLLiN et DUPLAY « pathologie externe »; TiLLAUX. «traité de chirurgie clinique; POLAILLON « dictionnaire encyclopédique ». Carerre, en 1894, CHanceL, en 1904, qui le premier signale

l'existence des luxations en dehors, consacrent suecessi- :vement leur thèse à cette question. ARNAL, en 1905, apporte dans l’élude anatomo-pathologique de la luxation trapézo-mélacarpienne des données nouvelles ; Dorny. en 1907, étudie spécialement la luxation trapézo-méta- - carpienne et la fracture de BENNET.

Tout dernièrement encore, dans le Bulletin dela Société de chirurgie de Paris, du 19 mars 1912, M. Jures Rey- NAUD, professeur d'anatomie à l'Ecole navale de Toulon, présentait une forte intéressante observation de luxation trapézo-métacarpienne.

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