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des définitions qui, à elles seules, expriment les idées des différents auteurs.
Nous ne pouvons pas davantage nous arrêter longtemps à la critique des auteurs qui ont rapproché la lymphadénie des différentes diathèses. Trousseau à créé la diathèse lymphatique, parce qu’il ne pouvait rapporter l'affection à aucune des maladies constitutionnelles connues : scrofuleuse, tuberculeuse, cancéreuse ou syphilitique. Nous avons relevé plusieurs observations, surtout allemandes, où l’on décrivait sous le nom de lymphadénomes des adénopathies syphilitiques ou tuberculeuses, qui guérissaient merveilleusement par liodure et larsenic; mais cela ne signifie pas qu’il y ait des rapports. Hodgkin admettait un rapport entre l’adénie et la tuberculose, en raison de la fréquence, dans l’adénie, des phtisies pulmonaires ; mais Bœttcher { Virchow’s Archiv,1865) à démontré que les prétendus tubercules étaient des lymphomes. Ainsi, pour le reste : la lymphadénie est une maladie absolument spéiale; sa place est assez mal délerminée, il est vrai, dans le cadre nosologique, mais elle a droit à une place à part.
Nous ne savons non plus que penser de la pathogénie du lymphadénome d’après Verneuil; il présente trois observations : le premier malade avait un père rhumatisant et une mère morte de phtisie ; lui-même avait eu au cou des masses ganglionnaires énormes ; — le second avait un lymphadénome cervical d’origine amygdalienne ; il était manifestement arthritique et portait des traces de scrofule ; — le troisième également porteur d'un lymphadénome cervical, avait eu à plusieurs reprises des attaques de rhumatismes ; en outre, dès son enfance il
tone avait eu des chapelets ganglionnaires, et sa mère était morte phtisique. Verneuil conclut : « Aussi ai-je pensé que le lymphadénome pouvait bien n’être qu’un produit hybride de la scrofule et de larthritisme. » Le grand chirurgien nous donne son explication pour une hypothèse ; nous l’acceptons pour telle.
MM. Brousses et Gérardin font un simple rapproche ment entre la lymphadénie et la tuberculose : « Le lymphadénome est par beaucoup de points comparable au tubercule. On doit l’envisager comme une manifesta-tion locale d’une maladie générale, peut-être infectieuse, ou du moins, offrant de grandes ressemblances avec les maladies infectieuses, à laquelle on doit donner le nom de lymphadénie ou mieux de lymphadénose (Gowers, Porter). La lymphadénose procède comme la tuberculose, c’est-à-dire que tantôt elle limite ses lésions en certains points de l’organisme, tantôt au contraire s’étend et se généralise. Provisoirement, elle peut être considérée comme une diathèse cachectique spéciale survenant chez les individus prédisposés, et n’étant en quelque sorte que le dernier terme du lymphatisme, comme dans un autre ordre d'idées, la tuberculose est le dernier terme de la scrofulose. »
Quoi qu'il en soit et en résumé : /a lymphadénie est une maladie caractérisée par la production hyperplasique ou hétéroplasique du tissu lymphoïde ; la leucocytémie en est un symptôme contingent et \ faut distinguer les lymphadénies leucémiques et aleucémiques. Voilà le résultat auquel on a abouti après bien des tâtonnements et bien des années de recherches. C’est une maladie générale ; il nous reste à en trouver la cause ; les
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explications qui précèdent sont évidemment insuffisantes. Il ne suffit pas d'établir les rapports exacts qui peuvent exister entre l’adénie et la leucémie, il faut connaître l’agent pathogene. Dans ces dernières années, on s’est adressé à la bactériologie ; nous allons voir maintenant si la lymphadéuie est une maladie infectieuse et si oui, quel en est ou quels en sont les microbes.
Mais nous ne pouvons terminer cet exposé sans mentionner les idées originales de M. Bard. Dans son remarquable mémoire sur la leucocytémie considérée comme le cancer propre du sang, M. Bard signale dès 13888 la confusion qui consiste à grouper sous la dénomination de diathèse lymphogène des faits ressortissant indiscutablement à la leucocytémie, au cancer des ganglions lymphatiques, et à certaines adénites infectieuses spéciales.
Faisant justice des dénominations multiples : adénie de Trousseau, anémie lymphatique, maladie de Hodghin, lymphadéme de Ranvier, drathèse lymphogène de Jaccoud, leucémie, leucocytémie, lymphome, Lymphadénome, lymphosarcome, il propose dans la thèse très remarquée de son élève Guillermet une classification plus simple. Sous le nom d’hypertrophies ganglionnaires primitives, il range :
1° L’adénie qui est pour lui une adénite infectieuse, due à un agent quelconque, staphylocoque, streptocoque, etc.
20 La leucocytémie ou cancer propre du sang : omnis cellula e cellula ejusdem generis; le leucocyte étant la cellule fondamentale de ce tissu spécifique qui est le sang, la leucémie en est le cancer ;
3 Enfin les tumeurs des ganglions : lymphosarcomes