ANATOMIE MACROSCOPIQUE
L'examen extérieur du cadavre peut fournir quelques renseignements. On peut noter de l’œdème des membres ou même de l’anasarque. Les téguments du cou et des aines peuvent être soulevés par des masses ganglionnaires ; souvent l'exploration des aisselles les montre remplies de ganglions tuméfiés.
À l’ouverture-du thorax il n’est pas rare de trouver un épanchement pleural unilatéral, un hydrothorax double ou bien un épanchement péricardique.
On tombe ensuite sur des paquets ganglionnaires multiples, de forme irrégulière, de couleur blanc-jaunâtre. Ces tuméfactions intéressent en général tous les groupes ganglionnaires du médiastin : ganglions péritrachéo-bronchiques, interbronchiques, hilaires. Elles sont reliées aux ganglions cervicaux par des masses la-. téro-trachéales. Remontant vers le cou on sent que les ganglions échelonnés le long de la veine jugulaire etceux de la région sous-maxillaire sont également engorgés.
Les groupes ganglionnaires et les ganglions qui les constituent restent parfois nettement isolés ; dans d’au- tres cas, ils se réunissent en une masse unique. Cette
tumeur, de surface irrégulière et bosselée peut rem-
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plir tout le médiastin, refoulant et comprimant les organes et les vaisseaux.
On a pu voir, disséminées sur le feuillet viscéral de la plèvre, de petites tumeurs blanchâtres du volume d’un pois ou d’une noisette. Parfois une masse ganglionnaire, blanc-jaunâtre occupant le hile d’un poumon pénètre dans l’intérieur du parenchyme en dessinant dans cet organe un réseau aux larges travées blanchâtres. Par places, des nodules isolés de même couleur et de même consistance.
Dans d’autres cas l'examen de la coupe des deux poumons montre une multitude de nodules généralement petits mais pouvant atteindre le volume d’un œuf ou d'une mandarine. Ces nodules disséminés dans le parenchyme sont souvent séparés les uns des autres par des zones congestives. Tantôt ils sont gris-jaunâtre et humides, tantôt blancs, secs et durs. Le cœur est presque loujours indemne. Les gros vaisseaux et les nerfs du médiastin sont souvent comprimés par les tumeurs ganglionnaires.
\ L'abdomen contient quelquefois une certaine quantité de liquide ascitique.
Les muqueuses respiratoires et digestives sont très rarement atteintes si bien que nombre d’auteurs ont pris l'habitude de considérer cette intégrité des muqueuses comme un des traits caractéristiques de l’affection. Il n’est pas douteux que la fréquence des infiltrations muqueuses au cours de la lymphadénomatose et surtout au cours de la lymphosarcomatose du type Kundrat contraste avec la rareté de ces localisations dans le cours de la lymphogranulomatose. Mais cette oppôsition m'est pas aussi absolue qu’on ne l’a dit :
elle est assez frappante, il est vrai, si l'on envisage les muqueuses de l'intestin grêle et de l’estomac. Elle est moins nette en ce qui concerne les voies respiratoires et la muqueuse œsophagienne. Hirschfeld et Isaak ont observé une infiltration lymphogranulomateuse ulcérée de cette dernière muqueuse. Fraenkel a vu des nodules blancs, lenticulaires à la surface de la muqueuse d’une bronclie secondaire et, dans un autre cas, cet auteur a trouvé près de la bifurcation de la trachée une infiltration plate, ulcérée qui avait envahi la paroi bronchique. Dans les deux cas la structure histologique était identique à celle des granulomes ganglionnaires. \
Dans quelques rares cas le péritoine peut être parsemé de nodules dont le volume ne dépasse pas celui d’une lentiile.
Tous les groupes ganglionnaires de l’abdomen ou cértains d’entre eux seulement peuvent ètre tuméfiés. Les dimensions de ces paquets sont telles, en général. qu'ils attirent immédiatement l'attention. Dès l’ouverture de l’abdomen on peut apercevoir d'énormes masses
formées par la tuméfaction des ganglions mésentéri- | ques.-
Les groupes échelonnés le long des vaisseaux iliaques, ceux du hile du foie et du hile de la rate offrent habituellement le même aspect. Enfin les ganglions rétropéritonéaux sont très souvent le siège de tumeurs considérables. Certains paquets apparaissent derrière l'estomac, soulevant le feuillet postérieur de l’arrièrecavité; suivant Les vaisseaux spléniques, ils se continuent en général avec les masses ganglionnaires du hile splé-
nique. D'autres tumeurs occupent lés ganglions rétro-