SUR
L’ubiquité des cellules mères du tissu hématopoïétique, d’une part, et, de l’autre, la dissémination d’un agent pathogène doué d’un pouvoir irritant électif à l'égard du stroma de ce tissu nous paraissent expliquer d’une. manière satisfaisante la présence de granulomes dans des organes qui, chez l'adulte normal, sont étrangers à l’appareil formateur de la lymphe et dusang.
On a invoqué enfin, en faveur de la nature sarcomateuse de la lymphomatose granulomateuse, le fait que certains lymphogranulomes, dépassant les limites de l’organe lymphatique où ils se sont développés, s’étendent aux tissus circonvoisins. Dans cette extension on a voulu voir un « envahissement à la manière d’une tumeur ». — Il n’est pas difficile de réfuter cet argument. — Ne retrouve-t-on pas cette même infiltration de voisinage dans d’autres inflammations chroniques ? Il est courant de voir un syphilome dépasser les limites de l’organe au sein duquel il a pris naissance et les tuberculoses ostéo-articulaires envahissent les parties molles environnantes tout comme certains lymphogranulomes. Le granulome ne franchit pas la barrière de l’organe lymphoïde pour pénétrer dans les tissus contigus, ce sont les éléments interstitiels des organes circonvoisins qui deviennent le siège d’une prolifération granulomateuse autochtone sous l'influence de la diffusion de l’agent causal.
En résumé, il nous semble qu'entre les formes dites sarcoïdes et les formes non infiltrantes de la lymphogranulomatose il n’y a que des différences de degré et non pas une différence essentielle. |
Dans les deux variétés nous avons affaire à des pseudo-
tumeurs inflammatoires.