REA
de la greffe d’embolies cellulaires : tous les foyers (ganglions, rate, moelle osseuse) sont équivalents. Chacun d’entre eux est né sur place ; il résulte de la prolifération autochtone des tissus.
La multiplicité des foyers s'explique par la dissémination de la cause irritante qui serait douée d’une nocivité élective à l’égard du tissu hématopoïétique.
Le processus serait plus complexe dans une deuxième catégorie de faits. Celle-ci comprendrait les granulomatoses dont certains foyers sont situés en dehors des territoires normaux de l'appareil hématopoïétique et les formes qui dépassent ces limites par infiltration des tissus circonvoisins.
Pappenheim admet que, dans les cas de ce genre, la granulomatose, processus purement inflammatoire en soi, devient la cause occasionnelle d’une prolifération sarcomateuse vraie si elle vient à se développer chez un individu dont les tissus présentent une « prédisposition tumorale ».Les cellules du granulome peuvent manifester d'emblée des propriétés tumorales ou ne les acquérir que secondairement. Ainsi la prédisposition néoplasique des tissus d’un individu serait mise en évidence à l’oc- casion du développement de la lymphogranulomatose:
Cette « granulo-sarcomatose » aurait, contrairement à la granulomatose « purement inflammatoire », tous les caractères des tumeurs malignes : multiplication cellulaire illimitée, agressivité locale, généralisation par métastases (embolies cellulaires).
Cette théorie n’est pas à l’abri de toute critique.
1° L'examen histologique ne révèle pas la moindre différence morphologique entre les lésions des « formes agressives ou sarcoïdes » et celles des formes « purement
sue
inflammatoires » de la lymphogranulomatose. Cette remarque s'applique du moins à la grande majorité des cas de « granulo-sarcomatose » et de soi-disant « transformation en sarcome ». Dietrich lui-même qui croyait autrefois à la nature sarcomateuse de la maladie de Sternberg avait mis en relief l'identité de structure des formes « simples » et des formes d’allure sarcomateuse.
Nous avons eu l’occasion de faire cette mème constatation dans notre cas I.
ILest possible cependant, ainsi que tend à l’établir une observation récente de von Müllern et Grossmann, qu’une lymphosarcomatose authentique, c’est-à-dire une lésion formée uniquement de cellules rondes d’aspect lymphocytaire puisse se greffer sur une granulomatose préexistante. Mais c’est là une exception rarissime.
2 Contrairement à l'argumentation. de Pappenheim, il n’y à pas plus de raisons d'interpréter comme des métastases les foyers hépatiques, pulmonaires, rénaux
de certaines granulomatoses, qu'il n'y a de raisons de considérer comme telles les foyers ganglionnaires et spléniques des formes communes dites « parement in-
flammatoires'»>. Comment prouvera-t-on que les nodu-. les granulomateux situés en dehors des limites topographiques du tissu sanguiformateur préformé el apparent représentent des métastases vraies (produites par le mécanisme de l’embolie cellulaire) alors que ce tissu existe
à l’état potentiel et latent partout où il y a du tissu con- jonctif périvasculaire, c’est-à-dire dans tous les organes * de l’économie ? On sait, en effet, que sous l'influence
de certaines causes d’irritation, les cellules conjonctives périvasculaires peuvent en proliférant édifier des foyers lymphoïdes © ou myéloïdes.
"TR AT $ 1 os