‹ De la mâetamorphose des fontainesChapitre 6 sur 16 · A CHARLES MAURRAS · texte numérisé non relu

A CHARLES MAURRAS

lleuroiix qui sait aux vers assurer sou esprit, D'eux-mêmes recevant la prudente éloquence, A des soins occupé dont l'ardeur le nourrit; Et bienheureux un cœur qui n'a d'autre science Que celle des leçons que mon maître m'ai)prit.

Muses, celui pour qui j'ai suivi votre troupe

Aujourd'hui sur Parnasse et sur Pinde où l'on voit

Levée entre les monts une jiimeile croupe,

Il recueillit aussi de vos bouches, adroit,

Le doux miel que sa main a pressé dans la coupe.

J'ai mêlé le feuillage immortel plusieurs l'ois A cette lyre d'or qui chante les victoires, Car les dieux ont toujours favorisé ma voix, Apollon, et les sœurs aux chevelures noires, Et les courantes eaux des Naïades des bois.

Toi, le fruit animé de Minerve elle-même Noue à ton front déjà son plus noble lien. La sagesse parfaite est le vrai diadème

A CHAULES MAURllAS. 37

Qui n'a point de rivaux au stade olympien, Et dont Atliènes seule a conservé l'emblème

Où mes traits mainlenani, d'un vol sûr dirigés, Peuvent-ils vers le but marquer l'or de leurs pointes Sonnantes tour à tour la joie et les dangers, Puisque j'ai tendu l'arc de mes sept cordes jointes?

Quel fut celui premier qui sur les mers errant,

Guidé par le désir nouveau d'une patrie,

Pensant aux bords grégeois, eut ce destin plus grand

De rencontrer Provence en lieu de l'Ionie,

Plus hardi (jue Jason et meilleur conquérant?

Il n'avait point d'un mat prophétique i'aui;ai'e Ni la lyre d'Orphée animant les rameurs, Ni Castor et PoUux semhlahles de ligure, A qui les dieux ont fait de pareilles faveui's. Mais l'incertain espoir d'une longue aventure.

Provence, où le soleil arrête ses ciievaux, Ainsi connurent-ils les merveilles du monde. Tes peuples enseignés par ce divin liéros. Et la stérile mer en ce jour lui féconde (Jlonrme la terre ouverte aux ])ienfaisanls travaux

Je vanterais son nom ! Mais cependant qu'il semhle Que je veux à l'honneur hausser le tien, Malrras, Ce trophée ancien que la Provence assemhle.

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