LES SONNETS
A JEAN MORÉAS
L'arme que m'a forgée aux rocs lipariens
Le Gyclope artisan des flammes malfaisantes
N'est pour mon bras trop lourde où d'autres sont pesantes
Car elle doit frapper tes rivaux et les miens.
Que même d'Apollon je retienne des biens Qui m'ont rendu fameux aux oreilles savantes Et que du laurier d'oj' mes tempes soient luisantes, Mon orgueil ne s'attache à de pareils liens.
A JEAN MOREAS.
Pourtant ce n'est ton doigt qui les cordes dispose. Ni cette tleur sans prix, la cyprienne rose, Ni l'oiseau séculaire élevant haut mon vœu :
Une si noble ardeur encor ne les réclame, Ains que ces forcenés ne rejettent leur âme Par un autre trépas que de mon arc de feu.