‹ De la Main BoteChapitre 17 sur 22 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

La photographie que nous reproduisons ci-contre est celle de l’un des cas présentés à la Société de Neurologie par MM. R. Cestan et À. Sicard. Elle nous. a gracieusement été communiquée par M. Sicard à

qui nous adressons tous nos remerciements.

On y remarque :

1° Pouce : L’abduction et la flexion légère du premier métacarpien avec accentuation du pli palmaire supérieur surtout au niveau du poignet : l’extension des deux phalanges du pouce ;

2° Autres doigts : L’hyperextension de la première phalange et la flexion des deux autres ;

3° La projection palmaire des tqs métacarpo-phalangiennes surtout accusée au niveau de l'index et du petit doigt avec accentuation des plis palmaires moyen et inférieur dans leur extrémité, externe pour le premier, interne pour le second

4° La conservation des éminences thénar et hypothénar ;

5° Un creux palmaire très net.

JIlest difficile d’après cette photographie de dire s’il y avait une déviation de la main par rapport à l'axe de l’avant-bras, peut-être y avait-il une légère

‘inclinaison cubito-palmaire.

ne

OBSERVATION VI (personnelle).

(Service de M. le professeur Raymond. Salpêtrière)

Mne Vre Ch..., née en 1871.

Début à huit ans après une maladie grave de nature indéterminée que la malade qualifie de « fièvre cérébrale » ; aggrava- -tion très accentuée à vingt-trois ans après une fausse couche.

Il existe ici une déformation spéciale ne correspondant pas au type de main bote précédemment décrit, mais qui mérite d'être signalée. Elle est bilatérale et identique des deux côtés. Elle remonte à cinq ans environ ; elle a été précédée d’une sensation de fatigue rapide au moindre travail, et cette disproportion entre le travail effectué et la fatigue éprouvée existe actuellement, très nette; sans avoir été interrogée à ce sujet, spontanément, la malade nous a déclaré que toute extension prolongée des doigts la fatiguait et que sa position de repos est la flexion des doigts. |

Comme pour le malade de l'observation [, nous lui avons demandé de placer sa main étendue à plat sur le lit, la face palmaire reposant sur les draps.

Elle exécute bien ce mouvement et la main semble normale ; bientôt apparaît une sensation de lassitude localisée à la région des articulations métacarpo-phalangiennes. Cette lassitude devient telle que la malade ne peut maintenir plus longtemps les doigts accolés ; ceux-ci s’écartent les uns des autres et se fléchissent imperceptiblement de telle sorte qu'ils ne reposent plus sur le plan du lit que par leurs extrémités.

C'est là tout ce que cette main présente d'analogue avec les

MS

mains précédentes. La position du serment ne fait apparaître ni creux plantaire très accentué, ni d’hyperextension bien nette des premières phalanges des doigts avec hyperextension des deux autres ; mais elle montre par rapport à l’axe de l’avant-bras une déviation analogue à celle de notre première malade, mais infiniment plus accusée.

Déviation dans le sens antéro-postérieur. — La main est en flexion palmaire ; il y a une légère bosse dorsale au niveau des os du carpe.

Déviation dans le sens latéral. — La main est en adduction complète ; cette adduction est telle que le bord cubital de l'avant-bras prolongé sur le dos de la main croïserait la ligne des articulations métacarpo-phalangiennes au niveau du premier espace interdigital.

On sent nettement le tendon du cubital antérieur.

Il s’agit là d’une main bote cubito-palmaire visible surtout, on pourrait même dire seulement, dans la position du serment.

La pathogénie de cette déviation nous a paru se rattacher à une parésie de l’extenseur commun, du premier et du deuxième radial externes.

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