PATHOGÉNIE
La pathogénie d’une déformation exige l’examen d'organes dont l'intégrité régit toute statique articulaire, des surfaces articulaires tout d’abord, ensuite des ligaments et des muscles. Aussi dans l’étude de la pathogénie de la main bote, étudierons-nous successivement :
10Les surfaces articulaires,
2° Les organes de contention,
3° Lès organes de motricité.
Surfaces articulaires. — Il est iciun fait indiscutable, c’est qu’on ne peut rendre lès surfaces articulaires responsables de la main bote, pas plus que des autres déformations de la maladie de Friedreich. L’exploration manuelle ne montrant ni usure, ni troubles trophiques d’aucune sorte, nous sommes par là-même obligés de les considérer comme intactes. Au niveau du pied par exemple, ilest simplement possible à l’aide d’une exploration rigoureuse et méthodique de noter un certain changement dans les points de repère normaux, changement dû à un léger déplacement réciproque des os, mais avec conservation de toutes les particularités anatomiques de leurs contours.
Dans les mouvements que nous avons imprimés
Dee
aux articulations examinées, jamais nous n'avons
perçu de bruit articulaire imputable à une patholo-.
gie osseuse ou cartilagineuse.
L'état du squelette articulaire ne doit done point étre incriminé,
Organes de contention. — Ce sont les ligaments, et à un certain degré les muscles péri-articulaires. On peut se rendre compte des premiers, organes passifs, en étudiant l'étendue des mouvements qu'il est possible d'imprimer aux articles qu'ils sont chargés de contenir.
Du côté du pied, nous avons noté le pied ballant, l'extension tellement exagérée du gros orteil qu'il peut paraître comme retroussé, la saillie du talon antérieur due à l’hyperextension des premières phalanges des orteils ; du côté de la main, des phénomènes analogues dans l’extension des doigts et la saillie palmaire des articulations métacarpo-phalangiennes; en outre, l'amplitude exagérée que l’on peut donner au mouvement d'extension du doigt sur la main, toutes choses montrant que ‘dans la maladie de Friedreich les articulations sont des articulations complaisantes, aux ligaments relâchés.
Pourquoi cet état articulaire etce relâchement des ligaments ? Nous croyons que les mouvements involontaires ou athétoïdes, l’ & instabilité choréiforme » que l’on a souvent signalée, l’ataxié qui est le fond de cette maladie, ne sont point étrangers à ce phénomène. On peut, volontairement, par des exercices continus arriver à assouplir des articula-