‹ De la maladie de Morton: ou métatarsalgieChapitre 17 sur 47 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Féré (Loc. cit. Obs. I).

C..., âgé de trente-sept ans, était depuis plusieurs années dans le service des épilepltiques quand j'en ai pris la direction en 1887. 11 était sujet à des attaques convulsives, à des vertiges et à des absences ; Il présente, en outre, de temps en temps des périodes d’exaltation pendant lesquelles il manifeste des colères violentes. Mais en dehors de ses trou-

bles comitiaux c’est un homme calme et laborieux occupé

babituellement au marais de l'hospice. Il présente plusieurs

malformations : asymétrie faciale, aux dépens du côté droit,

voûte palatine ogivale, oreille droite en conque, inversion

de l’épididyme à droite, genu valgum bilatéral, pieds plats. Il est sujet à des poussées de psoriasis, aux coudes, aux ge-

noux, aux fesses ; plusieurs fois il a présenté une éruption

AO) = psoriasique en zone, entourant l'abdomen des deux côlés un peu au-dessous de l’ombilie, sur la ligne correspondant à la

ceinture qu'il porte un peu serrée. . .

= Le 10 février 1890, il se présente à la visite se plaignant d'une douleur à la plante du pied droit, douleur qu'il attribue à la pénétration d’un morceau de verre. A l'inspection on ne lrouve aucune trace de blessure et même aucune modification de la couteur de la peau, ni de la forme de la ré-

gion douloureuse que le malade désigne avec précision :

j'intervalle compris entre les troisième et quatrième arlieu- -Jations métatarso-phalangiernes. Quelques années auparavant, en marchant pieds nus sur la terre retournée, il s'était fait une blessure au talon avec un tesson de verre, et, de l’identité dela douleur, il avait conclu à l'identité de la cause. La douleur s’élait manifestée brusquement au moment où il sautait un étroit fossé, il s'était immédiatement atfaissé : mais ayant enlevé son soulier, il n'avait rien trouvé ;.il avait pensé que le corps étranger avait pénétré profondément dans les tissus. Le soulier, très large, avait pu être remis sans augmenter la douleur qii ne s'était qu’atténuée, mais la moindre pression sur la plante était intolérable : on avait dù rapporter le malade à l'infirmerie. La douleur spontanée s'était calmée, etle matin le malade s'était levé et pouvait marcher mais en se plaignant d’une recrudescence à chaque pas. La pression ne provoquait de douleurs que. profondèment, dans l'intervalle des deux articulations et un peu en arrière. La douleur diminua et disparut au bout de quelques jours sous la seule influence du repos, et le malade put reprendre son travail. Mais depuis cette époque, à des intervalles variés de un à trois mois, quelquefois par séries successives, le malade a été sujet à des accès douloureux qui se produi-

saient le plus souvent sans cause apparente, au moment,

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où, par exemple il s’en allait au travail à un pas modéré, marchant sur un terrain uni, quelquefois cependant en faisant un effort, en poussant un brouelte chargée, travail qui nécessile une forte pression sur la rézion métatarsienne antérieure. La douleur se manifeste brusquement, rend la marche impossible, persiste pendant deux ou trois jours, puis le malade put reprendre impunément les exercices qui ont paru la provoquer. Jusqu'à sa mort, qui eut lieu en décembre 1895, le malade a présenté les mêmes accès ; et à l’au-

topsie on n’a trouvé aucune lésion apparente,

La forme légère ou bénigne est caractérisée par des accès n’interrompant bas la marche. Le malade s’arrête un peu, puis peut reprendre son chemin. La douleur n’atteint jamais la violence que nous avons sirnalée dans les autres formes; elle est surtouttrès passagère En tout cas, l'enlèvement momentané de la chaussure suffit pour la faire disparaître.

A cette forme se rattache l'observation de M. le

professeur Terrier, publiée par M. Féré.

OBSERVATION IV Féré, loc. cit. Obs. III.

M. M... 33 ans, est pris depuis quatre ans environ pendant la marche mais sans cause déterminante bien précise, d’une douleur très intense siégeant au côté externe de l'articulation métatarso-phalangienne du 4 orteil du pied droit. Cette douleur est assez violente pour arrèler la marche ou du moins pour la rendre très pénible.

Pour la faire cesser il suffit de retirer la chaussure, bottine

OU ou soulier et d'appliquer le pied bien à plat sur le sol : Il y a d’abord une exacerbation de la douleur, puis elle s’apaise et disparaît assez vite. Ces accidents semblent plus fréquents lélé que l’hiver.

La grand-mère de ce malade était atteinte elle-même de Mméltatarsalgie, è

.- Ajoutons que la forme bénigne est susceptible de guérir à la longue par un traitement médical approprié. Marche. Durée. Terminaison. — La maladie de Morton est une maladie chronique présentant une succession d’accèe aigus apparaissant à des intervalles plus ou moins éloignés. Fi | Sa durée est impossible à préciser. 3 Sa guérison est un fait exceptionnel, le plus souvent on voit l’effection s’aggraver. Elle débute par une forme légère pour prendre quelquefois rapidement la forme grave.

Pronostic. — Le pronostic de l'affection livrée à ellemême est donc sérieux. Toutefois, ainsi que nous l’indiquerons au traitement, des moyens palliatifs et sur-

tout l’opération l’ont rendu beaucoup moins grave.

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