‹ De la maladie de Morton: ou métatarsalgieChapitre 18 sur 47 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

La pathogénie de la Maladie de Morton est jusqu’à présent chose encore discutée, et de nombreuses hypothèses ont été émises. Nous allons les énumérer toutes, après quoi nous verrons si l’une d’elles peut être acceptée à l’exclusion de toutes les autres, ou bien, si suivant les cas il faut admettre une pathogénie différente.

La théorie que G. Morton formula lorsqu'il décrivit pour la première fois laffection, estla suivante : « Les articulations métatarso-phalangiennes des premier, second et troisième orteils sont sur la même ligne transversale. La tête du quatrième métatarsien est un peu en arrière de la tête de celle du troisième ; celle du cinquième l’est encore plus de celle du quatrième. De sorte que la base de la première phalange du petit orteil répond à la tête du quatrième métatarsien et que la tête du cinquième correspond au col du quatrième. Les trois premiers métatarsiens sont peu mobiles ; mais le quatrième et surtout le cinquième ont une plus grande mobilité. La pression latérale amènerait la tête

du cinquième métatarsien et le petit orteil en contact

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avec la base de la première phalange et la tête et le col du quatrième métatarsien, la tête du cinquième pouvant le placer au-dessus ou au-dessous du précédent.

« Or le nerf plantaire externe fournit des branches au côté interne du cinquième orteil, et au côté externe du quatrième ; de petites branches se distribuent autour des articulations métatarso-phalangiennes.

« Il en résulte que ces branches nerveuses peuvent, dans certaines circonstances, être brisées ou pincées entre le quatrième et le cinquième métatarsien, ce qui produirait la névralgie. »

Cette théorie est adoptée par Breadford, S.K. Morton, M. le professeur Duplay.

Polosson admet que sous l’influence d’une laxité particulière du ligament transverse du métatarse, il se produit une dislocation partielle de l'arche formée par les têtes des cinq métatarsiens ; l'un desos moyens, le troisième probablement, est disloqué en arrière et comprime le nerf qui passe de chaque côté de la tête des os voisins.

Edward Grün croit que la douleur résulte de l’abaissement de la voûte tarsienne, en même temps que le pied s’élargit dansle sens transversal pendant la marche ou la station debout. Les chaussures dont les mesures sont généralement prises dans la position assise, ne permettent pas un tel élargissement, d’où apparition de la douleur.

Güthrie croit que sous l’influence de la station debout prolongée ou de la marche dans des bottines étroites,

les ligaments d’une ou plusieurs articulations métatar-

= -so-phalangiennes ou phalangiennes seulement sont en subluxation légère, les nerfs sont tiraillés et comprimés par les os partiellement disloqués et la douleur caractéristique apparaît. |

M. le D' Gallois (1) pense que la maladie est bien le

fait d’une laxité ligamentaire exagérée, mais l’explica-

üon qu’il donne de la douleur est un peu différente :

« Normalement les têtes des métatarsiens forment une

. ï sorte de voûte, le poids du corps repose surtout sur : les têtes des premier et cinquième métatarsiens, comme : 4 le démontre lexistence de bourses séreuses à leur Ë niveau. Le capiton fibreux adipeux y est également : 4 plus épais, et la peau plus dense. Les orteils intermé- 7 diaires ont, au contraire, un revêtement moins impor- 3 tant et sont situés plus haut. Quand par le fait de la à i laxité du ligament métatarsien la voûte s'effondre, les 2 têtes des métatarsiens moyens prennent contact avec

la semelle ou le sol; et comme elles sont, on l’a vu, bien protégées, il en résulte une contusion chronique

qui porte probablement sur les tissus fibreux articu-

laires ou sur les gaines tendineuses. La compression des filets des nerfs plantaires, dont l’anastomose croise obliquement les troisième et quatrième métatarsiens, me paraît moins vraisemblable. La réalité de cette contusion chronique au niveau de la tête du quatrième ou du troisième métatarsien est démontrée dans certains cas par la production d’un véritable cor à ce niveau, cor dont le dessin est assez fréquemment repro-

duit sur les annonces des pédicures.

1, Gallois, Bullelin medicat, 1896. P. 1216,

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Récemment enfin, MM. Péraire et Mally s'appuyant sur des radiographies ont soutenu que la métatarsalgie était due à une déviation des métatarsiens et. très souvent aussi à la déformation et à la -subluxation des têtes mélatarsiennes. Les phénomènes douloureux

perçus par les malades s’expliqueraient par le rapport

anormal des surfaces articulaires avec les tissus de la .

face plantaire. À

De toutes ces hypothèses aucune n’est deut-être à rejeter complètement, et peut-être ont-elles toutes leur raison d’être suivart les cas ; il semble pourtant qu'il faille faire un choix parmi elles et chercher s’il n’en est pas une qui explique la majorité des faits. :

Disons immédiatement que nous éliminons tous les cas où l’on peut trouver une lésion suffisante pour expliquer la présence de phénomènes douloureux au niveau des têtes métatarsiennes : téno-synovite, telle que Bradford et Bosc ont eu l’occasion d’en observer — de même : cas de lésions turberculeuses ou inflamation quelconque localisées à une des articulations métatarso-phalangiennes et déterminant des phénomènes douloureux analogues à ceux de la métatarsalgie, Dans ces cas, il s’agit soit de synovite, soit d’arthrite, mais nullement de ce que l’on est convenu d'appeler métatarsalgie.

Parmi toutes les hypothèses énumérées plus haut, il

en est tout d’abord une qui paraîten contradiction ab-

solue avec la majorité des faits, c'est celle de M. Gal-,

lois. Cet auteur suppose, en effet, que la voûte formée

par les têtes métatarsiennes s’effondre et vient compri-

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