TRAITEMENT
Disons tout de suite que Thomas G. Morton dans le premier mémoire qu'il publia sur Paffection qui nous occupe en indiquait déjà le traitement efficace et que. depuis l’on n’a pas trouvé mieux. Certes dans ce laps de temps écoulé bien des traitements ont été essayés; nous les rangerons en deux classes; traitements palliatifs et traitement curatif. ch ; Traitements palliatifs: nous ne pouvons entreprendre, et il n’y aurait aucune utilité à le faire, lénumération complète des moyens opposés à la métatarsalgie. Elle comprendrait du reste une série de moyens inefficaces qui méritent de tomber dans lPoubli. Nous avons vu que la plupart des malades atteints de maladie de Morton étaient des nerveux, neurasthériques, ou hystériques, quelques-uns sont des rhumatisants et des goutteux; on pourra donc, au moins sans effet nuisible, conseiller les médications que l’on emploie en pareil cas. Les douleurs pourront être un peu diminuées, mais on ne lesfera jamais cesser complètement.
Plusefficace sera le traitement rationnel de l'affec-
tion basé sur la reconnaissance exacte de sa cause.
L'étude de la pathogénie nous ‘a montré que les phénomènes douloureux étaient dûs à la compression des nerfs entre les têtes métatarsiennes, soit par le fait de la mobilité excessive du cinquième métatarsien, soit par le fait de la possibilité anormale qu’avaient les têtes métatarsiennes de s’abaisser et de se placer sur Île même niveau horizontal. Dans le premier cas on devra ‘ conseiller le port de chaussures larges de façon à éviter le rapprochement du cinquième métatarsien et du quatrième, dans le second cas, il faudra comine l’a fait M. Gallois, conseiller le port d’une semelle convexe transversalement de façon à éviter l’effondrement de la voûte métatarsienne. |
Ces moyens pourront améliorer l'affection, la rendre supportable ; ils ne la guériront jamais et ne seront toujours qu’un pis aller chez les malades qui ne veulent pas se soumettre au traitement radical. Celui-ci sera du reste bien facile à faire accepter aux malades quisouffrent vraiment de leur maladie, et chezlesquels la métatarsalgie est un obstacle à toute occupation.
Traitement curatif. — Ce traitement radical est du reste aussi simple qu’efficace ; il consiste dans la résection de la tête métatarsienne au niveau de laquelle se localise la douleur. On peut, bien que cela n’ajcute rien au résultat, à l'exemple de Morlon, y Joindre Ja résection de lPextrémité postérieure de la première phalange.
L'opération peut être pratiquée à la cocaïne ; mais chez les personnes un peu sensibles, il sera préférable
de recourir à l’anesthésie générale, car pour si bien
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faite que soit l’anesthésie à la cocaïne, elle ne supprime . jamais complètement la douleur au moment de la section | osseuse, : | :
__ L'acte opératoire lui-même se compose de cinq temps : Premier temps. — Zacision. — Elle sera faite sur la face dorsale du pied, longue de cinq à six centimètres, son milieu correspondant à l'articulation métatarsophalangienne, parallèle au tendon extenseur, dont elle suivra l’un des côtés. Elle intéressera successivement la peau, letissu cellulaire sous-cutané, les tissus fibreux qui maintiennent le tendon extenseur jusqu’à ce que celui-ci puisse être récliné de façon à découvrir l’articulation métatarso-phalangienne.
Deuxième temps. dE Libération de la tête métatarsienne. — Au bistouri et à la sonde cannelée, on séparera les parties molles entourant l’extrémité antérieure du métatarsien et l'articulation métatarso-phalan. gienne de ces parties, sur la face dorsale d’abord, puis sur les côtés. Cette séparation se fera sur l’étendue de deux à trois centimètres.
Troisième Temps. — Section du métatarsien. — Une fois que l’on aura séparé les parties molles de l'os, il sera possible de sectionner le métatarsien à deux centimè tres environ de son extrémité antérieure au moyen d’une pince coupante dont les mors seront introduits entre l’os et les parties molles dégagées de chaque côté.
Quatrième Temps. — Ænlèvement de la téte métatarstenne. — Au moyen d’un davier à mors étroit, on saisira
la partie coupée du métatarsien et on lattirera en avant
Caizergues ; 4
et en haut de façon à présenter sa face inférieure qu’on libérera facilement jusqu’au dessous de l’articuletion métatarso-phalangienne. Puis celle-ci sera ouverte au bis- {ouri en coupant successivement les ligaments dorsaux, latéraux puis plantaires. La tête pourra alors être enlevée.
Cinquième Temps. — Fermeture de la plaïe. — Le plus souventil n’yaura aucun vaisseau à lier et la simple compression arrêtera facilement l'écoulement du sang. Au cas où l’on rencontrerait une artère un peu sérieuse, la pincer et la tordre.Puis fermeture de la plaie au crin de Florence ou au fil d’argent, sans drainage. Pansement.
Les fils peuvent être enlevés au septième jour et au dixième jour on peut laisser marcher les malades.
A la suite de l’opération, il est inutile de faire porter aux malades des chaussures spéciales.
Jusqu'ici tous les cas traités par cette opération ont été complètement guéris, et aucune récidive n’a été observée, C’est donc une intervention chirurgicale qu’il conviendra de conseiller lorsque les douleurs seront
un peu vives, lorsque les crises se répéteront fréquemment.