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DIAGNOSTIC

Nous ne trouvons pas, dans le sarcome, kystique, de signes vraiment pathognomoniques. Les auteurs ont pensé que, ce n’est que par l’ensemble de plusieurs caractères, une certaine physionomie de l’affection, et souvent des signes purement négatifs, que l’on pou- * vait arriver à une probabilité diagnostique. Noos avons vu que M. Nélaton avait pu poser le diagnostic du cas relaté par M. Trélat; aidé peut-être par un concours heureux de circonstances, nous avons pu exprimer l’opinion de l’existence de l’affection, dans notre observation 2.

Ce n’est pas cependant que A. Cooper n’ait donné des signes propres à faire reconnaître la maladie kystique; il les a rangés sous sept chefs :

i° Dépressibilité plutôt que fluctuation, 2° tumeur pesante; 3° conservation de la forme générale du testicule, bien qu’il soit un peu plus pv ri forme ; 4° absence de transparence; 5° sensation de constricùon du testicule, quand la compression est considérable; 6° état variqueux des reins, du cordon et du scrotum; 7° on ne peut sentir le testicule à la partie postérieure de la tumeur.

M. Trélat, faisant suivre l’observation qu’il rapporte de considé rations diagnostiques, discute tous ces signes, et en vient à n’accorder de valeur qu’aux 1er, 3e, 4e et 7e signes. Nous pensons de même que seuls de tous ceux donnés parle chirurgien anglais, ils méritent de la confiance.

Le poids de la tumeur ne saurait être, en effet, une considération de diagnostic; et la sensation de constriction qui constitue le 5e signe paraît bien difficile à constater; nous avons déjà vu ce que l’on pouvait penser de la varicosité des veines scrotales. Reste donc la consistance élastique, à laquelle on peut joindre la sensation de cloisons fibreuses, la forme généralement peu altérée de l’organe, i’ab-

sence de transparence générale, et la possibilité où l’on est de trou-

ver le testicule par la pression. Oo peut encore y ajouter i’existencer dans certains cas, de saillies fluctuantes et transparentes, et le résultat des ponctions exploratrices qui les vident, sans diminuer notablement le volume de la tumeur.

Mais il faut bien avouer que l’ensemble seul de ces symptômes a de la valeur. Chacun d’eux, pris isolément, appartient tout aussi bien à beaucoup d’autres tumeurs testiculaires.

Si la physionomie fournie à l’affection par cet ensemble n’éveille pas l’idée ou n’entraîne pas la conviction du diagnostic, il est nécessaire de procéder par voie d’exclusion, et d’examiner successivement les caractères connus des autres tumeurs qui offrent de la ressemblance avec la maladie kystique.

Il est donc utile que nous essayions de passer en revue ces maladies au point de vue du diagnostic différentiel.

Il ne peut être question que de maladies chroniques et irréductibles des bourses, et sous ce titre nous avons à considérer l’hydrocèle vaginale avec épaississement du sac, l’hématocèle dans les mêmes conditions, l’orchite chronique, f’enchondrome, l’affection tuberculeuse, le squirrhe, l’encéphaloïde.

Dans l’hydrocèle de la tunique vaginale épaissie, la forme peut être la même que dans la tumeur kystique. Le toucher donne dans les deux cas une sensation de résistance avec élasticité; mais dans la seconde affection, à moins qu’elle ne soit trop récente, il fait percevoir en outre certaines inégalités et des cloisons fibreuses. D’un autre côté, dans l’hydrocèle, on trouve sur le côté postérieur la sensibilité énervante propre au testicule. Mais on n’en confondrait pas moins souvent peut-être les deux affections , si l’on n’avait pour porter un jugement définitif le résultat de la ponction exploratrice, qui, dans la maladie kystique, ne fournira pas ou très-peu de liquide.

C’est par les mêmes moyens que l’on arrivera à rejeter l’opinion d’une hématoeèle qui se videra également par la ponction.

Le testicule atteint d’orchite chronique ou d’engorgement syphili-

tique généralisé est peu volumineux et a conservé beaucoup plus exactement sa forme; un autre signe, du reste très-utile, consiste dans une fermeté plus grande et non élastique, qui est propre à ces engorgements.

La lenteur de la marche , le petit volume et la grande résistance des tumeurs fibreuses et enchondromateuses, suffisent à les distinguer du sarcome kystique.

Dans l’affection tuberculeuse, nous trouvons !a forme inégale, la marche irrégulière; puis la formation d’abcès tuberculeux se succédant les uns aux autres vient dissiper toute confusion.

La nature et l’intensité des douleurs ne peuvent suffire à faire reconnaître le squirrhe, mais il pourra se distinguer par sa consistance pierreuse et la présence de bosselures très-fermes; tandis que s’il y en a dans l’affection kystique , elles sont plus molles que le reste de la masse. A un degré plus avancé, mais il faut toujours pour cela un temps considérable, la tumeur squirrheuse se ramollit et s’ulcère ; le ramollissement seul, succédant à l’induration, constitue une marche bien différente de celle de la maladie kystique.

Nous arrivons à l’encéphaîoïde. Ici les difficultés s’accroissent; tous les chirurgiens ont reconnu combien était difficile la distinction entre les deux maladies , et nous avons fait remarquer que la tumeur de l’observation lre se rapprochait beaucoup de cette espèce de cancer. 11 existe pourtant des signes différentiels applicables au plus grand nombre des cas, et l’un des plus importants est la marche plus rapide dans le cas d’encéphaloïde. La sensation de cloisons fibreuses peut exister dans cette dernière tumeur, mais elles offriront rarement la résistance de celles que l’on rencontre dans bon nombre de cas de sarcome kystique. La forme est, dans cette dernière affection, plus régulière, les bosselures plus petites et plus arrondies; la nature du liquide que fournit la ponction de ces saillies offre de l importance. Quand on rencontre des tumeurs aussi anciennes que celle qui fait le sujet de notre 2e observation, l’absence d engorgement du cordon et des ganglions lombaires semble

«carter l’idée d’encéphaloïde, et cette considération fut le principal mobile du diagnostic de ce cas.

Mais nous croyons devoir encore répéter que la réunion seule de plusieurs de ces signes différentiels peut entraîner la conviction.

Quand on a des raisons suffisantes pour reconnaître la maladie kystique, il faut toujours s’assurer, avant de prendre une détermination, qu’il n’existe aucune complication d’engorgements ganglionnaires ou de tumeurs viscérales. Nous avons déjà exprimé l’opinion que la constatation de leur existence ne peut combattre le diagnostic, mais modifier essentiellement le pronostic.

ÉTIOLOGIE.

Dans toutes les observations, c’est à l’âge adulte et principalement de 40 à 50 ans que la maladie kystique s’est développée ; elle a débuté le plus souvent sans cause connue. Dans d’autres cas, au contraire, Ses malades en ont attribué l’origine à une contusion plus ou moins violente du testicule, comme nous le voyons dans notre lre observation.

Nous n’avons pas d’éléments suffisants pour apprécier le degré d’influence de cette cause et plus encore son mode d’action.

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