OBSERVATION I
E. LEuDEr. — Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Rouen, 1873.
Fièvre typhoïde, engorgement d’un lobule du sein se manifestant dans son cours. — Guérison.
Fruchot, femme âgée de 28 ans, ouvrière en parapluies, entre au commencement de décembre 1849 à l'Hôtel-Dieu de Rouen, salle Saint-Joseph, N° 10, division de Louis, dont j'étais l’interne. F..., femme d’une bonne santé, était accouchée en janvier 1849 ; elle n’avait pas allaité son enfant. Le début de sa maladie remontait au 25 novembre, depuis lors elle avait cessé de travailler. Au moment de ladmission à l’'Hôtel-Dieu, je constate les symptômessuivants: céphalalgie, vertiges, diarrhée modérée, toux légère, frissons; le pouls varie de 06 à 104. Le 7 décembre on constate des taches rosées lenticulaires nombreuses et parfaitement caractéristiques sur l'abdomen. Traitement expectant; le même état persiste jusqu’au 9 décembre. Hémorragie utérine apparue le 5, deux semaines après l’époque ordinaire et pendant deux jours. Le pouls était descendu à 84. À partir de ce moment une amélioration apparente se manifeste ; le 77, F.... mangeait deux potages et le 72 on lui permettait de manger une légère potion d’aliments. Le 77 un peu de recrudescence de la céphalalgie, le 74 décembre le pouls s'élève de nouveau à 120, douleur accusée à l'extrémité inférieure du sein droit,
rien à l’auscultation du poumon. Le 75, Louis fait appliquer 15 sangsues au-dessous du sein droit. Du 76 au 20, la douloureuse partie du sein devient le siège d’un engorgement léger, qui atteint, à la fin de cette période, le volume d’un œuf de pigeon. Etat de malaise général; peu d’appétit, un peu d’état nauséeux. La tuméfaction du sein diminue peu à peu, mais n'avait pas encore disparu quand F... quitta l’'HGtel-Dieu dans les derniers jours de décembre 1849. Je revis F.. dans le cours de février 1830, l’engorgement du sein avait complètement disparu.