‹ De la médecine opératoire (volume 4)Chapitre 28 sur 48 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Relatives a la distinction des méthodes et des procédés opératoires.

Ce «jiiel’on Nous avons fait remarquer précédemment que plu-

<3 oit eniendre . . A t 1 r '

par méthode sieurs des temps simples des operations et des opéra-

etparprocédé . . • , , a , / L. 1 » v

opératoire. tions simples peuvent etre éxecutes dün assez grand nombre de manières différentes. Â chacune des opérations dont il sera traité dans les autres parties de éet ouvrage , se rattachent des modes opératoires plus variés encore. Ces diverses manières ont été distinguées en méthodes et en procédés.

Les méthodes sont les divisions premières et les plus générales ; chacune d-ëlles peut être exécutée de diverses manières , que Ton nomme procédés.

Ces Si toutes les opérations avaient entre elles -de l’ana-

deux choses

sont souvent logie , relativement aux temps principaux dont elles se composent, il serait facile d’établir les limites qui

rnOIiÉGOMÈKES,

doivent séparer les méthodes des procédés opératoires.

Mais il n’en est point ainsi; et les différences qui existent entre chaque opération sont telles, que les règles qui conviennent à l’une pour distinguer les différentes manières de la pratiquer , ne sont plus applicables à la plupart des autres. Les chirurgiens emploient dans beaucoup de circonstances ces mots, méthode et procédé , comme étant à peu près synonymes. Us disent, par exemple, presque indifféremment, la méthode ou le procédé d’Alanson pour l’amputation des membres , etc.

On distingue, toutefois, le plus ordinairement , les Les indifférentes méthodes qui appartiennent à une même distinguées opération, d’après les parties qu’il faut diviser pour ^rietédes

exécuter cette opération. parties T16

r l’on divise en

Ainsi la lithotomie peut être exécutée d’après six exécutant méthodes différentes, suivant que l’on coupe, sur opération, le calcul rapproché des tégumens, toutes les parties qui s’opposent à son issue; que l’on dilate avec force la portion membraneuse de l’urètre et le col de la vessie ; que l’on attaque les parties situées au-dessus du pubis ; que l’on dirige l’incision parallèlement à la branche descendante du pubis et ascendante de l’ischion ; que l’on conduit obliquement l’incision de l’urètre vers la tubérosité ischiatique , ou qu’ enfin l’on pénètre dans la vessie par le rectum^ C’est d’après cette règle que l’on distingue plusieurs méthodes d’opérer l’anévrisme par la ligature , suivant quon applique celle-ci au-dessus de la tumeur, au-dessous d’elle, ou, après l'avoir ouverte , sur les deux extrémités des vaisseaux qui s’ouvrent dans son intérieur.

Et par les différentes manières d’agir des instrumens.

Le choix desméfhodes opératoires

important.

.À presque toutes ces méthodes , soit pour la taille, soit pour l’anévrisme, se rattaché un plus ou moins grand nombre de procédés , ou de manières différentes dé les exécutèr. Ces procédés sont distingués les uns dés autres parla forme des instrumens dont on fait usage ; par l’étendue et la direction des incisions ; par la manière d’opérer la division des parties, etc.

On doit, dans d’autres circonstances, distinguer les méthodes opératoires, plutôt d’après les manières essentiellement différentes d’agir des instrumens, que d’après les parties que l’on divise. C’est ainsi que les deux méthodes de l’opération de la cataracte par extraction et par abaissement j sont mieux distinguées d’après la différente manière d’agir sur lé cristallin que d’après les parties de l’œil à travers lesquelles on parvient jusqu’à cet organe. En effet, l’abaissement par kératonyæis s’opère à travers la cornée transparente comme l’extraction. Dans l’ amputation , bien que les mêmes parties soient intéressées , on doit cependant reconnaître que l’opération à lambeaux et l’opération circulaire forment deux méthodes différentes qui peu-, vent être exécutées suivant plusieurs procédés.

Le choix des méthodes opératoires doit exciter toute l’attention du chirurgien dans , la pratique des opérations. Çe-choix influe surtout sur les résultats éloignés de l’opération : c’est de .lui. que dépend presque toujours l’issué heureuse, ou funeste de cette dernière. En effet, des méthodes étant très-différentes les unes dès autres , soit sous le rapport des parties attaquéès , soit sous celui de la manière d’agir des instrumens, il est évident que, suivant celle que l’on adoptera, on aura

prolégomènes. 87 g

à redouter tels ou tels accidens plutôt que tels ou tels autres, et que la guérison sera plus ou moins facile ou laborieuse.

Il n’en est pas de même des procédés ; tous ceux ^ Celui ^ qui se rattachent à une même méthode présentent les rest beau-

, . , . fii . coup moins-

avantages ou les meonvemens de cette méthode ; et l’un deux ne peut être préféré aux autres , qu’en ce qu’il est plus facile -, en l’adoptant, d’atteindre le but qu’on se propose. Le choix des procédés est donc d’une importance secondaire - il n’a d’influence que pendant l’exécution même des opérations; aussitôt que celles-ci sont terminées, leurs résultats dépendent delà méthode que l’on a suivie, et non de la manière dont cette méthode a été exécutée.

Il résulte de ces considérations ;%jue ht discussion des avantages et des inconvéniens de chaque méthode opératoire constitue l’une des parties les plus intéressantes de la théorie et de la pratique chirurgicales ; tandis que l’habitude dé chaque opérateur ou la disposition spéciale des parties peuvent faire adopter ou rejeter presque indifféremment tel ou tel procédé. Une main habile peut rendre excellent le procédé le plus défectueux; elle ne saurait, au contraire, diminuer en rien les défauts qui sont inhérens à la méthode à laquelle ce procédé se rattache.

Le praticien peut rassembler et combiner presque Les procédés à l’infini les modifications qui appartiennent aux di- combinés vers procédés qui se rattachent à une méthode opé- Lefméthoratoire, et former pour chaque opération une multi- r^fentVêtré. tude de procédés secondaires plus ou moins susceptibles de satisfaire aux indications que présente chacun

des cas particuliers. C’est ainsi que dans l’opération de la fistule lacrymale on combine plusieurs procédés, afin d’atteindre plus facilement le but qu’on se propose. Mais on ne peut presque jamais combiner ainsi les diverses méthodes opératoires.; élles sont trop éloignées, trop différentes, pour qu’après les avoir décomposées on puisse en rapprocher et en combiner les divers élémens. Il est possible de les exécuter l’une après l’autre, mais non de les allier entre elles. C’est ainsi que l’on fait succéder, dans l’opération de la taille , à l’exécution de l’appareil latéralisé, celle du haut appareil; c’est d’après les mêmes principes, qu’après avoir lié l’artère au-dessus de la tumeur, dans l’opération de l’anévrisme, on ouvre quelquefois la tumeur elle-même, afin de la débarrasser du sang et des caillots trop abondans qu’elle contient, etc.

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