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thologique des parties sur lesquelles ces opérations doivent être pratiquées; 2° que tous les procédés opératoires qui ont été inventés depuis la mort de l’auteur, fussent indiqués et décrits avec exactitude; 3° que les méthodes et les procédés qui ont été proposés pour exécuter une même opération, fussent comparés entre eux, et qu’un jugement déduit et de la nature de l’opération, et de la forme ainsi que delà manière d’agir des divers instrumens â l’aide desquels on la pratique , et de la disposition des parties que l’on doit diviser, fixât le choix des chirurgiens sur la manière d’opérer la plus propre à faire atteindre le but que l’on se propose. Ce défaut de comparaison , de jugement entre les méthodes et les procédés que Sabatier a si bien décrits, a toujours été le sujet des reproches les plus graves qu’on lui ait faits à l’occasion de son livre.
Aidés des conseils et des: lumières de l’un des maîtres les plus habiles de notre époque, successeur de Desault et de Sabatier dans la pratique et dans l’enseignement de toutes les parties de la chirurgie, nous avons osé entreprendre de compléter le travail fin-
portant que ce dernier a légué à la postérité. Nous avons cru, en nous acquittant de cette tâche, remplir le vide qui résultait, dans l’état actuel de la science , de la privation d’un traité complet de médecine opératoire \ nous avons cru aussi rendre moins amers les regrets que la perte d’un grand homme a laissés dans lé coeur de tous les chirurgiens et de tous les amis de leur pays, pour la gloire duquel il a tant fait.
Que certaines personnes affectent de mépriser l’ouvrage de Sabatier ! elles ont raison : la médiocrité qui ne peut s’élever jusqu’à un grand homme , n’a d’autre ressource que de chercher à rabaisser.
La Médecine opératoire manquait de prolégomènes dans lesquels les opérations simples et les temps simples des opérations compliquées se trouvassent décrits. On y chercherait en vain la manière de pratiquer la saignée, de faire les incisions Simples , de se servir des Cautères > d’appliquer les ventouses, les vésicatoires, les caustiques, de procéder aux pansemens , etc. Et cependant ces opérations, quoique élémentaires pour la plupart, doivent être enseignées
PRÉFACE. ht/
avec soin, puisque de leur exécution méthodique dépend fréquemment le succès du traitement des maladies les plus ^graves. Nous avons suppléé, sous ce rapport, au silence de Sabatier, en suivant le plan qu’avait adopté , il y a plus de quinze ans , M. le professeur Dupuytren pour l’ouvrage de Médecine opératoire dont il devait enrichir la science, ouvrage que des occupations trop nombreuses ne lui ont pas permis d’achever. Nous avons traité de toutes les manières simples de pratiquer lep solutions «de con tinuité ; cette partie était la seule qui méritât d’être exposée, au début de l’ouvrage, avec tous les détails qu’elle comporte ; car la prothèse, ou l’art de suppléer aux parties du corps qui ont été détruites , constitue un sujet trop étendu, trop compliqué , trop varié dans ses applications , pour qu’il soit possible de le renfermer dans les étroites limites qu’il n’était pas convenable de dépasser. Les différentes manières de pratiquer l’exérèse ou sont décrites en parlant des solutions de continuité, ou en exposant en particulier les cas dans lesquels on y a recours. La réunion, ainsi que les
opérations dont nous venons de parler, n’a dû être considérée , dans nos prolégomènes , que d’une manière générale, parce que Sabatier lui-même avait exposé les procédés particuliers à l’aide desquels on l’opère , en parlant des diverses espèces de plaies. Enfin nous avons fait précéder cette partie de notre travail de considérations générales re-^ latives aux qualités dont le chirurgien opérateur doit être pourvu, et de préceptes généraux concernant les soins qu’il faut prodiguer aux malades, avant, pendant, et après les opérations. Il ne nous a pas semblé possible d’omettre ces détails , sans laisser dans la Médecine opératoire une lacune que tous les bons esprits regrettaient depuis longtemps d’y trouver.
Nous avons religieusement respecté le texte de la Médecine opératoire ; on trouvera dans cette nouvelle édition le livre de Sabatier tel qu’il l’a composé. Ce n’est qu’avec la plus grande circonspection que nous avons quelquefois établi dans nos additions des préceptes différens de ceux de ce célèbre chirurgien; et nous ne l’avons fait que quand les connaissances nouvelle-
ment acquises ne permettaient pas de laisser l’ancien texte sans explication et sans correction. Toutes les fois que ce que nous avions à dire ne pouvait se concilier avec ce que disait Sabatier, nos observations ont été rejetées dans des notes dont le nombre a dû être très - restreint , afin de ne pas fatiguer l’attention des lecteurs; dansées cas contraires, nos observations et nos commentaires ont été incorporés au texte même de l’ouvrage, à peu près comme si Fauteur luimême les avait faits ; seulement, comme nous n’avons ni la prétention ni le droit de confondre ce qui nous appartient avec ce qui appartient à Sabatier , toutes ces additions , celles qui ne se composent que d’un seul mot, comme celles qui comprennent un grand nombre de pages, ont été renfermées, chacune entre deux parenthèses ; qu’on fasse abstraction de tout ce qui est ainsi désigné et des prolégomènes, qui, étant tout entiers de nous, m’avaient besoin d’aucun signe propre à faire distinguer des sources différentes, et l’on aura, sans altération aucune, le texte delà seconde édition de l’ouvrage original. Il aurait été facile de
grossir cet ouvrage d’une foule de théories plus ou moins hypothétiques , et d’une multitude de modifications insignifiantes que plusieurs chirurgiens ont fait subir aux anciens procédés ; mais fidèles à l’esprit qui présida à la composition de la Médecine opératoire , sans rien omettre d’important et d’utile y nous avons rejeté tout ce qui n’â pas recula sanction de l’expérience ou d’un raisonnement sévère.
L’auteur avait senti tes inconvéniens du plan qu’il avait suivi dans la première édition; e.t nous avons dû adopter celui auquel il s’était arrêté dans la seconde , puisqu’il l’avait jugé avec raison meilleur que le premier. Cependant ce plan était encore entache de plusieurs vices assez graves : les tumeurs et les abcès du canal lacrymal étaient séparés de la fistule lacrymale , les tumeurs et les abeès biliaires et urinaires , l’étaient des fistules urinaires , biliaires et stercorales. Toutes ces- affections ont dû être rapprochées , considérées sous le même point de vue , et réunies dans les mêmes articles, puisqu’elles dépendent des mêmes causes, qu’elles se terminent les unes par
les autres, qu’elles présentent les mêmes indications , et qu’elles nécessitent le même traitement. De légères modifications, nécessitées par cette nouvelle distribution, sont les seules que l’on se soit permises dans le texte , et il est facile de se convaincre qu’elles n’altèrent en rien la doctrine exposée par Sabatier. Les fistules ont été séparées des autres ulcères, avec lesquelles elles n’ont aucune analogie. Plusieurs autres corrections moins importantes ont encore été faites au plan primitif de l’ouvrage ; elles ont eu toutes pour but de le rendre plus simple et de faciliter les études des élèves : c’est au lecteur à juger si nous avons rempli l’objet que nous nous sommes proposé;
Enfin , outre qu’il nous a paru utile de rétablir, dans cette troisième édition , les notes marginales , dont l’auteur avait enrichi la première, et qu’on a regretté de ne plus retrouver dans la seconde, nous avons dû pour compléter notie travail, nous occuper de plusieurs points de chirurgie pratique dont il n’avait pas parlé. Parmi les articles qui ont été ajoutés, nous ne citerons que ceux qui sont relatifs à la méthode d’opérer la ca-
taracte par Keratonyxis , aux fistules aériennes, à l’hydropéricarde, au panaris , au canc er et aux chûtes du rectum, aux étranglemens internes , à l’anus contre nature , aux ligatures des artères axillaire , sous-clavière , carotide primitive, iliaque externe, et du tronc même de l’aorte abdominale , à l’occlusion de la bouche, à l’adhérence de la lèvre supérieure avec le nez, aux amputations entre les os du tarse, et entre cette partie et le métatarse , etc.
Le style clair, précis et serré de la Médecine opératoire ne saurait être imité par beaucoup d’écrivains. Nous n’avons pas osé lutter de talent avec Sabatier*, mais nous avons fait tous nos efforts pour approcher de sa lucidité et de sa concision. Heureux si nous ne sommes pas restés trop au-dessous de notre modèle !
PREFACE