‹ De la médecine opératoireChapitre 11 sur 17 · OP ER · texte numérisé non relu

OP ER

OIRE.

des vaisseaux sanguins considérables qui se .trouvent dans son voisinage. Il ne serait pas possible de débrider l’ouverture sans s’exposer à en blesser quelquesups. L’unique ressource serait de dilater avec l’instrument de Leblanc. Cependant j’ai peine à croire qu’il eût assez de longueur pour atteindre jusqu’au lieu de l’étranglement. Cette opération n’a jamais été pratiquée, si ce n’est par Arnaud, chirurgien qui jouissait Récit d’une

, •T./rii opération

autrefois dune grande réputation à Pans. Malaval, qu’on dit qui nous en a conservé Hiistoire, dit quelle fut faite faH^paflrparce que la hernie , qui était formée par les intestins et par l’épiploon, pouvait être entièrement réduite, et Arnaud commença par repousser dans le ventre les intestins qui y étaient contenus, après quoi il fit une /incision aux tégumens , pour mettre le sac herniaire à découvert. Il ouvrit ensuite ce sac , dans lequel -il trouva une portion d’épiploon de là grosseur d’une noix. Cette partie fut coupée à son passage entre lès têtes du triceps. Le sac herniaire le fut aussi, et le reste fut enfoncé entre les muscles. On remplit la plaie de bourdonnets, et on acheva le pansement à l’ordinaire. La guérison a été parfaite. Une pareille opération ne peut servir de modèle. Les circonstances apocryphe, n’en sont pas exposées avec soin. D’âiileufs comment Arnaud a-t-il pu se déterminer à l’entreprendre, puisqu’il n’y avait pas d’accidens.** La tumeur ne rentrait pas en entier, ce qui pouvait faire penser qu’elle était compliquée d’adhérence : mais l’adhérence seule a-t-elle jamais été une raison d’opérer les hérnies .»* Ajoutez à cela , qu’en retranchant la portion d’épiploon sortie , sans faire de ligature au reste , on s’est exposé à

Procédé proposé par M. Dupuytren.

Hernie dn trou ovalaire prise, pour ua aicès.

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une hémorrhagie capable de faire périr le malade.

( M. Dupuytren pense que dans le cas où un étranglement véritable surviendrait , il vaudrait mieux hasarder une opération douteuse que d’abandonner le malade à une mort certaine. C’est à l’occasion d’une hernie du trou ovalaire , causée , chez un homme , par un violent effort qu’il fit pour mettre des hottes trop justes , que M. Dupuytren chercha à déterminer ce qu’il y aurait à faire si cette tumeur , qui sortait et rentrait avec facilité , venait à s’étrangler. Ce praticien s’est convaincu qu’ên pratiquant une incision sur le côté interne de la tumeur en ded|ins des vaisseaux cruraux , on pourrait découvrir de fond du sac logé dans l’intervalle compris entre le muscle pectiné , le premier et le second adducteurs et le muscle droit interne , ouvrir cette enveloppe mise à nu , et débrider en dedans , c’est-à-dire vers la branche descendante du pubis.) .

On ne peut trop recommander, en parlant de la hernie du trou ovalaire, d’examiner, avec soin les tumeurs qui se forment à la circonféx’ence du ventre , .de peur de prendre une hernie pour un abcès. Cette faute est arrivée à un chirurgien de réputation. Garengeot raconte le fait comme il suit.. Un sellier de la rue du Sépulcre, à Paris, avait une hernie du trou ovalaire, te chirurgien en question crut que c’était un abcès, et fit appliquer dessus :des cataplasmes maturatifs. . Pendant qu’il en examinait l’effet, et qu’il pressait la tumeur avec les dohgs , pour voir si la fluctuation , qu’il croyait y sentir, ne devenait pas plus manifeste , l’intestin qui la formait rentra tout à coup. Sans cet

événement imprévu, peut-être le malade eût-il été la victime de l’inattention de l’homme habile aux soins de qui il s’était confié.

De la Hernie ischîatique.

Cetto hernie est extrêmement rare. Les parties qui la forment Sortent du ventre par le grand trou ischiatique, d’où elle a tiré son nom. On n’en connaît que quelqués exemples. Le premier est celui dont parle Verdier, d’après un écrit périodique publié à Londres il y a environ soixante-dix ans. Il est beaucoup mieux -exposé dans une lettre adressée au baron de Haller par Christophe-Henri Papen , médecin de Gottingue. Le voici. Une fille fobùste, âgée de cinquante %ns, mourut d’une manière subite en travaillant à. la moisson, dans un temps extrêmement chaud. Son corps fut examiné juridiquement! On n’y trouva rien à quoi sa mort pût être attribuée ; mais on fut frappé .par une tumeur, qui lui descendait, sous la forme d’un grand sac, depuis l’anus jusqu’au bas des jambes. Cette -tuiUeur avait la forme d’une bouteille. Sa lom güeur , était de. cinq cent quatre-vingt-quatorze millimètres; sa circonférence en -bas avait la même dimension., et son diamètre au mênie endroit était presque d’une demi-coudée.. Elle , allait en diminuant vers l’anus, d’où elle tirait son origine du côté droit. Lorsqu’elle fut ouverte, on trouva qu’elle contenait une grande partie des intestins grêles avec leur mésentère, et une portion du colon et de l’épiploon. Le colon répondait à sa partie supérieure. Le ventre ayant été ouvert, tout y parut dans le plus grand désordre^

EHe est rare.

Exemple

VerdFer.

Il n’y avait plus d’intestins. Le mésentère était fort allongé , l’estomac répondait au milieu de cette cavité , où il avait une situation perpendiculaire. La matrice 'était légèrement inclinée vers l’orifice de la hernie; l’ovaire droit y était engagd avec sa trompe. Il y avait une légère phlogose aux intestins.

Les recherches que l’on a faites à ce sujet n’ont procuré aucun éclaircissement. On a pourtant appris que cette tumeur avait commencé dix ans avant, qu’elle n’était alors que de la grosseur d’une fort petite pomme, et quelle avait crû depuis successivement jusqu’au volume où on l’a trouvée. Toutes les fois que la malade allait à la garde-robe , elle relevait sa hernie avec le bras droit et la poussait à gauche. Elle était obligée de se coucher de ce dernier côté pour pouvoir dormir. Pendant ses travaux elle la soutenait avec une serviette, et elle était souvent tourmentée de borborygmes.

( La circonstance que cette hernie avait pu être reconnue lorsqu’elle n’avait encore qu’un volume mé- , diocre,. tandis qu’il semble que, cachée sous la masse

des fessiers, elle n’aurait dû devenir apparente qu’après avoir acquis un volume considérable , et sa position auprès de l’anus, ont fait pensera Scarpa, Lawrence et quelques autres, qu’on avait pris dans ce cas une hernie du périnée pour une hernie ischiatique. Mais les exemples suivans qui tous ont été constatés par la dissection, ne laissent aucun, doute sur la possibilité Second de cette espèce de hernie. ) Verdier cite un second rappone'par exemple de hernie ischiatique , d’après Bertrandi. le même. Celle-ci était également du côté droit , mais elle ne

contenait que quelques circonvolutions de J’intestin

iléon. ( Camper en a trouvé une autre qui était formée

par le côté gauche du bassin , chez une femme. Enfin

A. Cooper a vu un étranglement mortel survenir

à une hernie ischiatique peu volumineuse et dont

l’existence n’avait pas été soupçonnée pendant la

vie.) Sans doute que Barbette avait vu quelque her-

nie de cette espèce, car il dit : Peritoneum eâ parte connu ce

quâ lumbos speetat rumpi passe y sicque^ hîc loci y \ernie.

hemiam produxi experientia comprobat'ÿ ce qui

paraît ne pouvoir s’appliquer qu’à cette maladie.

Les indications qu’elle présente consistent à réduire les parties déplacées, après avoir fait mettre le malade dans une situation convenable, et à les soutenir avec un bandage. Je në puis dire comment il devrait être construit. Sa forme dépendrait de la situation et du volume de la tumeur, de l’embonpoint du malade, et de plusieurs autres circonstances. S’il survenait étranglement , et qu’on ne pût le faire cesser par les procédés ^ connus , il faudrait laisser périr le malade plutôt que d’avancer sa dernière heure par une opération nécessairement mortelle , eu égard à la profondeur énorme du lieu où les intestins se trouvent engagés.

De la Hernie vaginale.

Cette hernie est moins rare que celle dont il vient d’être parlé. Cependant elle ne paraît pas avoir été connue des anciens. Garengeot est le' premier qui en Garengeot ait fait mention. Il fut consulté par une femme qui, mier^uren ayant fait un effort un mois après sa dernière couche,

sentit un dérangement dans le ventre , qui fut suivi v d’une douleur vive au vagin , et d’une tumeur qui remplissait cette partie. Le volume de cette tumeur augmenta peu à peu J jusqu’à déborder les grandes lèvres d’un travers de doigt. La malade sentait de temps en temps des douleurs de colique qui commençaient en cet endroit, des tiraillemens et des maux de cœur. Elle ne pouvait uriner que quand elle était couchée sur le dos. Garengeot introduisit le doigt dans le vagin , où il sentit l’orifice de la matrice' dans sa situation naturelle , ce qui le détrompa sur l’idée dans laquelle il était que ce viscère était déplacé. Il s’aperçut en même temps que la tumeur, qu’il avait été forcé de comprimer, était diminuée de moitié. Cette circonstance l’encouragea à faire des tentatives de réduction qui eurent le succès qu’il en attendait. Pour s’assurer davantage du caractère de cette tumeur^ il fit levçr et tousser la malade. Elle reparut aussitôt. Il la réduisit une seconde ' fois, et la maintint avec un pessaire de forme ordi-^ naire, ce qui ne réussit que le premier jour; car dès le lendemain, la malade avait des vomissemens , des rots et des tiraillemens d’estomac qui annonçaient de la compression de la part du pessaire. Un autre pessaire fait en hondon et percé en son milieu, pour permettre les écoulemens de la matrice , reniédia efficacement à ce désordre , et la hernie a été si bien contenue , que la malade n’en a pas été incémmodée depuis.

Garengeot, qui ne connaissait que cet exemple de hernie vaginale survenue à une femme mère de cinq enfans, a cru pouvoir l’attribuer à la distention que le vagin avait soufferte à l’instant de leur naissance»

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et à l’écartement des fibres musculeuses de ce canal , qui doit en avoir été la suite. L’expérience a prouvé depuis que les femmes qui n’ont pas eu d’enfans y sont également sujettes. Celles qui sont enceintes n’en sont pas exemptes non plus, et cette maladie rend quelquefois leur accouchement laborieux.^

La hernie vaginale peut être formée parles intestins, ce qui arrive le plus souvent , par l’épiploon, et par les intestins et l’épiploon tout ensemble. Les signes , qu’elle présente sont les mêmes que ceux que nous avons exposés en parlant des différentes espèces de hernies inguinales : elle est causée par les efforts violens que l’on fait pour lever des fardeaux, ou pour expulser les matières fécales , et souvent aussi par la secousse que les chutes, ou simplement les efforts que l’on fait pour s’empêcher de tomber , donnent aux parties du bas-ventre. Mais, pour qjie la hernie se forme en cet endroit, il faut que le vagin soit naturellèment relâché , comme il l’est chez les fernmes qui pnt eu beaucoup d’jenfans, ou qui ont éprouvé des accouchemens laborieux, ou bien que les autres endroits du bas-ventre où les hernies ont coutume de paraître présentent plus de résistance qu’à Tordinaire.

Lorsque la hernie vaginale est simple , elle veut être réduite, et maintenue avec un pessaiïe dont la forme doit être telle qu’il remplisse la cavité du vagin. Ceux que l’on fait avec la cire sont trop durs et trop pesans. Les pessaires préparés avec l’épônge ont l’inconvénient de produire une distention trop considérable dans le vagin. D’ailleurs il est à craindre qu’ils ne s’introduisent en partie dans le vide qui a donné naissance à la

Elle doit être réduite et mainteuue a-^ecunpes-

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