‹ De la médecine opératoireChapitre 10 sur 17 · partie supérieure · texte numérisé non relu

partie supérieure

Cette hernie présente donc des différences importantes, comparée à la hernie ombilicale congénitale. Aussi le prognostic en est-il beaucoup plus favorable, puisque souvent on l’a vue guérir spontanément, et que presque toujours on peuttenter avec succès d’en obtenir la guérison. Quant aux caractères qui distinguent cette espèce d’exomphale d’avec les hernies qui se forment aux environs de l’ombihc,. et qu’il est très-difficile de guérir radicalement, il.suffira de les indiquer comparativement pour en faire sentir toutes les différences. Les carac- L’cxomphale proprement dite est à peu près sphéteres. pique , son pédicule est arrondi , on sent autour de ce pédicule les bords de l’anneau qu’il remplit, et, comme la tumeur se développe au dessous de la cicatrice des tégumens, elle étend cette cicatrice qui disparaît, et ne ne se présente plus que sous la forme d’une espèce dé qui'se'falt t^che difficile à apercevoir , et à l’endroit de- laquelle aux environs Ja pcau cst Seulement un peu plus pâle et plus mince

de l’ombilic. *■ •

qu’ailleurs. La hernie qui a lieu aux environs de l’anneau est, en général, moins yolumineuse; sa forme est irrégulière^ son pédicule, qui sort par une ouverture allongée en forme de fente, est mince et aplati, et l’on

OP3ÉBATOIRE. 6og

trouve toujours sur sa surface , et ordinairement sur Fun de ses côtés, la cicatrice de Fombilic. )

La hernie de Fombilic doit être réduite et contenue Lesmpyéns comme toutes les autres. La Vauguyon avait proposé , defTntrer pour remplir la seconde de ces indications, un ban- sonta'ppildage fait avec un fil de fer double, dont une des tables, branches devait s’élever de bas en haut. Cet instru- Baodage ment J. dit-il, est bien plus commode que les bandes, p™o*poré%ar parce- qu’en comprimant le ventre elles s’opposent à la respiration ,. au lieu que la partie du brayer qui porte sur Fombilic fait l’effet d’un ressort, et suit les allées et venues de l’inspiration et.de l’expiration. Suret, membre du Collège de GHirurgie de Paris, avait imaginé un bandage. bien plus propre à cette vue, et dont ‘ Suret, l’invention a paru très-ingénieuse. Il est formé d’une pelote dans l’épaisseur de laquelle se trouvent deux ressorts de montre, enfermés chacun dans un barillet, auxquels tiennent les courroies qui doivent faire le tour du corps, de sorte que ces courroies s’allongent, s’accourcissent- et prennent une longueur relative au

volume du ventre , dans les différens mouvemens de la respiration. Cependant l’expérience a montré que ce bandage est beaucoup moins avantageux qu’on ne l’avait pensé , et qu’il est fort sujet à se déranger. On n’a pas cet inconvénient à craindre quand on contient les hernies de Fombilic avec une large plaque assu-

. . . . . . , Une large

jettie a une ceinture j et garnie vis-a-vis du nombril plaque réusd’une pelote qui fasse plus ou moins de saillie, et dont le volume soit proportionné à la grandeur de l’ouverture par laquelle les parties ont coutume de s’échapper, ni. 39

Cure radicale par la ligature.

Saviard dit l’avoir emjdoyé avec . succès.

Heister se plaint qu’on ne la mette plus en usage;

Quelques-uns pensent que lorsque l’exomphale est d’un volume peu considérable , on peut la guérir radicalement, au moyen, d’une ligature faite à la poche qui lui sert d’enveloppe, après la réduction des parties quo cette poche contient. Cette ligature se pratique en passant un lien autour de la base de la tumeur, le plus près du ventre . qu’il est possible , ou en traversant cette base avec une aiguille garnie de deux cordons avec lesquels on la serre des deux côtés. Elle se détache bientôt , et laisse une cicatrice ferme et solide qui s’oppose au déplacement des parties. Les anciens conseillaient ce procédé. Saviard est le seul des modernes qui s!en soit servi. Il dit l’avoir employé deux fois avec succès. Heister se plaint qu’on n’en fasse plus usage. Desault rapporte neuf exemples de sa réussite ,, mais il ne s’en est servi que sur des enfans dont le plus âgé avait deux ans. La ligature s’est détachée avant le huitième jour, et l’ulcération qui lui a succédé ét^it cicatrisée le vingt-deuxième. Plusieurs de ces enfans avaient le nombril fort dilaté. Tous ont guéri de l’opération, mais on peut douter qu’ils aient été débarrassés de leur hernie, qui peut être revenue quelque temps après. Quoi qu’il en soit, les observations dont on vient de parler montrent que la ligature est sans inconvénient sur lés enfans du premier âge. Celse la recommande depuis sept jusqu’à quinze ans , lorsque la constitution du sujet est bonne, et lorsque la hernie est . peu volumineuse. Dans toute autre circonstance , il va*.t mieux s’en tenir au bandage , lequel, s’il est bien fait / la contient avec assez de succès.

Il est assez rare qu’on soit obligé d’en venir à l’opé-

Dlfférence

OPERATOIRE.

ration. Elle se pratique comme pour la hernie ingui- dans la maîjale, avec cette différence, que si la tumeur est fort grosse, il faut inciser les tégumens en croix, et disse-quer ensuite les lambeaux avec attention pour mettre le sac herniaire à découvert. Dionis dit que ce sac . .

, . . . , Dionis dit

manque souvent. S’il n’assurait avoir examine plusieurs que souvent

, , , . . lesacher-

exomphales par l’a dissection, et n avoir jamais pu re- niaire manmarquer que le péritoine les tapissât intérieurement, ainsi que cela se rencontre ailleurs , on croirait qu’il s’est livré à une fausse spéculation. Il prétend expliquer jation^rcêt ce fait par la disposition de l’ombilic , qui , n’étant selon lui qu’un noeud resté en cette partie après la ligature du cordon, ne peut non plus avoir la liberté de s’allonger qu’une cicatrice de quelque plaie de la peau.

Mais que veut-il dire par ee nœud, par cette cicatrice du nombril? Il n’y a de nœud et de cicatrice qu’aux vaisseaux ombilicaux qüi sont hors du péritoine, et ils n’intéressent pas cette membrane. Ce que^Dionis aj'outé à l’occasion des hernies inguinales qui doivent avoir un sac herniaire, parce que les parties glissent le long du prolongement du péritoine qui accompagne les vaisseaux spermatiques , porte absolument à faux. Ce n’est pas le péritoine qui se prolonge en cet endroit, c’est le tissu cellulaire dont il est couvert. Ainsi cette membrane n’y est pas mieux disposée qu’ailleurs pour former un sac herniaire. Lafaye embrasse l’opinion de Dionis , et il pense que le sac manque quand les parties sortent par le trou de l’ombilic , et qu’on en trouve uii quand elles se déplacent à côté de cette ouverture.

Cette distinction n’est-elle pas métaphysique , et l’expérience a-t-elle décidé sur tout cela ? Si on en croit

Barbette, elle montre le contraire. Heister et plusieurs autres sont du même avis.

Comment S’il paraît nécessaire de débrider le lieu de l’étran-

il fant débri- ,

der. glçment, il laut que 1 incision soit laite en haut et du côté gauche, soit pour éviter le retour de la hernie autant qu’il est possible , soit pour s’éloigner des artères et de la veine ombilicale , et pour se mettre à l’abri de l’hémorragie à laquelle leur ouverture pourrait donner lieu. Cependant, si la hernie était une épiplomphale, ou une entéro-épiplomphale, et qu’on crâignît de blesser l’épiploon , il faudrait diriger l’incision du côté gauche , et ne pas la faire supérieurement.

Cette ope- On ne doit pas dissimuler que l’opération qu’exige dangereuse. "l’étranglement dans les hernies du nombril est plus dangereuse que celle qui se pratique aux autres hernies. Si l’épiploon est altéré , et qu’il faille en retrancher une partie, cela se fait beaucoup plus près de ses attaches que partout ailleurs, à quoi il faut ajouter que la plaie n’est pas dans une situation aussi favorable pour l’issue des écoulemens, lesquels ont beaucoup plus de pente à se répandre dans lé ventre qu’à se porter au dehors.

De la, hernie du trou ovalaire.

Les parties La hernie du trou ovalaire prend son nom de l’ou-

sfi dénlacent *■

verture par laquelle les parties se déplacent. Quoique cette ouverture soit remplie par un ligament , et bouchée par deux muscles appelés obturateurs , il reste cependant à sa partie supérieure et interne une sinuo-

par la si:

sîté de

site destinée' à transmettre au dehors une artère, une veine et un nerf assez considérables. C’est dans cette sinuosité que les viscères s’engagent quelquefois pour donner naissance a la hernie dont nous parlons. Sans doute on l’a rencontrée sur des cadavres avant de l’observer sur des hommes vivans. Les faits se sont assez multipliés pour qu’on ne puisse plus douter de sa réalité. Elle se manifeste à la partie supérieure et interne de la cuisse , près des bourses chez les hommes, et près des 'grandes lèvres' chez les femmes.

Garèngeôt en rapporte plusieurs exemples daiis’ un Exemple mémoire sur des hernies singulières , inséré parmi ^G^rengeot!' ceux de l’Académie de Chirurgie. Le premier est ex.trêmement instructif. En voici le précis. Une fèmme , accouchée depuis quatre jours, fit un faux pas en descendant un' escalier, et tomba rudement sur lés fesses» Elle sentit à l’instant une douleur vive au haut de la cuisse droite , près de la grande lèvre, et il lui survint un vomissement considérable. Garengeot, appelé le troisième jour, ayant aperçu des matières fécales parmi celles que la malade avait rejetées par en haut, soupçonna une hernie avec étranglement , et examina les lieux où ces sortes de tumeurs ont coutume de paraître. N’en ayant pas rencontré, il interrogea la malade , qui lui dit que sa chuté; lui avait oecâsioné un dérangement dans le ventre ,; 6t%nè doüleür audédans de la cuisse droite , laquelle avait été suivie de coliques qui semblaient partir de l’aine. Il n^en fallut pas davantage pour l’engager à faire dès recherches -en cette partie, où il trouva -effectivement une tumeur longitudinale qui ^s’étendait jusqu’au milieu de la cuisse,

' et qui faisait deux travers de doigt de 'saillie. Cette tumeur était douloureuse, et lui parut contenir un corps mollet et élastique. Il reconnut que c’était une hernie du trou. ovalaire dont il fallait faire promptement la réduction. La malade fut couchée le bassin élevé et les cuisses fléchies, et lorsque la tumeur eut / été légèrement comprimée de bas en haut , elle dis¬

parut peu à peu. La malade sentit dans le ventre une espèce ke gargouillement qui la mit à son aise. Ses coliques et ses vomissemens .cessèrent, et le ventre s’ouvrit un demi quart d’heure après. Il restâit un vide formé par l’écartement des muscles. Garengeot le remplit avec une pelotte faite de lambeaux de linge usé fort mollette, et il mit par dessus des compresses et une bande avec laquelle il fit des circonvolutions autour de la cuisse , de bas en haut , et une espèce de spica, en la faisant tourner autour du corps. La malade fiit mise au lit. Elle voulut absolument que son appareil fût levé le cinquième jour. Les muscles se trouvèrent rapprochés au point qu’il ne restait plus de vide. On se contenta d’appliquer une. compresse un peu épaisse, soutenue, de quelques tours de bande. Ge pansement était renouvelé tous les cinq à six jours, et pendant ce temps la malade vaquait à ses affaires ordinaires. Elle n’a jamais senti depuis d’incommodité qui fût relative à cet accident. ■ . i

Embarras On serait sans doute fort embarrassé si, dans un trouv^alt cas de l’espèce de celui que je viens .de rapporter, on unTtrangîè- potivait faire la réduction des parties déplacées. ”niâtre^ ' I^’®pc^ion ne serait pas sans danger, eu égard à la profondeur du lieu qu’occupe la hernie, et au nombre

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