‹ De la médication curative de choléra asiatiqueChapitre 3 sur 4 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Paumier, Jean-Marie, 1" régiment de chasseurs, entré à l'ambulance des cholériques de l'hôpital général le 17 septembre 1854 , à 2 heures de l'après-midi. Diarrhée depuis une quinzaine de jours. Le 16 septembre , à 4 heures du soir , la diarrhée augmente tout à coup ; le malade est très-alTaibli ; il accuse de vives douleurs abdominales. — Vomissements très-abondants sur les 3 heures du matin. On l'apporte à l'ambulance à 10 heures du matin.

État du malade à son entrée à Vambulance. Visage extrêmement altéré, — peau d'un bleu noirâtre. Les yeux sont enfoncés dans l'orbite, entourés d'un cercle noirâtre, la peau de la face est ridée , — vieiliie , — amaigrie, — la voix .s'entend k peine ; elle est caverneuse. Le visage ainsi que le reste du corps est d'un froid glacial , — sueur visqueuse, — langue rouge, sèche, — froide , — l'haleine elle-même est manifestement refroidie. Le pouls n'est plus perceptible au bras ; on ne le sent même plus aux artères temporales. Les ongles sont violets, — plissés, — amaigris et comme macérés.

Paumier n'a pas uriné depuis le 16 septembre à 8 heures du soir.

Médication. — Emplâtre d'extrait de belladone à l'épigastre , — pilules de belladone toutes les 10 minutes. — Agitation extrême dans la soirée , — vomissements , — évacuations incessantes. — Application d'un emplâtre de belladone sur la région vésicale , addition de l'acétate de plomb cristallisé à la belladone. — Eau de Seltz, — eau de riz, blanc d'œuf battu, par cuillerées.

18 se^Uemhre. — Le malade s'afTaibit, il continue à vomir et à aller à la garde-robe. Même médication.

Dans le courant de la journée on essaie une ou deux cuillerées do bouillon léger qui est tout aussitôt vomi. — Le blanc d'œuf battu est mieux gardé. Malgré les évacuations on donne quelques lavements de bouillon léger, un quart de verre environ. Le malade ne peut pas les garder. On continue cependant ces lavements.

Sur les 6 heures du soir la chaleur reparaît , — le pouls se relève .

— On donne toujours la belladone ; seulement à partir de ce moment on ne l'administre plus que de demi-heure en demi-heure.

Nmt du 18 au 19 septembre. — Vomissements et selles d'un aspect verdâtre. L'émission des urines reste toujours suspendue.

19 septembre. — A la visite du malin le malade est dans un état plus satisfaisant , sa face est moins amaigrie, — moins vieillie. La chaleur de la peau est complètement revenue, — vomissements beaucoup plus rares , — évacuations toujours fréquentes.

La belladone n'est plus donnée que d'heure en heure.

Retour de l'émission des urines vers 11 heures du matin, après soixante et quelques heures d'interruption.

Le 19 septembre au soir , le pouls se relève ; les vomissements n'ont pas reparu. Le malade a pu garder le bouillon , — le vin , — le blanc d'œuf battu, donnés très-souvent par cuillerées.

Toujours des évacuations , — on n'emploie plus la belladone que de loin en loin.

20 septembre. — Chaleur et douleur très-inlenses de la peau ,

— persistance de la diarrhée, — suspension de l'emploi de la belladone. Je fais donner l'acétate de plomb uni à l'opium.

21 septembre. — Trois selles seulement. Le malade a pris un peu de potage.

22 septembre. — Paumier se lève pendant quelques instants.

23 septembre. — Les évacuations cholériques sont complètement arrêtées. Le malade se lève pendant une heure à plusieurs reprises.

24 septembre. — Il est assez bien pour quitter l'ambulance et revenir à l'hôpital militaire.

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