‹ De la médication curative du choléra asiatique [electronic resource]Chapitre 5 sur 8 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

Du comple inoral de l'exercice \ 8b^i , présenté à S . Exc. Monsieur le Ministre de V intérieur , par M. de St- Martin , l'un dea administrateurs , au nom de la commission administrative des hospices de Tours.

Nous voyons d'abord que le nombre des

malades militaires a été en 1854 presque double de celui de 1853.

(1) das de contagion incontestable.

Quelques-uns élaienl atleints du cliolcra ; ceux-ci ont presque tous été guéris , grâce aus: soins inlolligenls du docteur Leclcrc fils , leur médecin.

St- Palais, le II septembre 1855.

Monsieur et confrère ,

L'essai de voire traitement à la belladone contre le choléra asiatique a été mis en pratique à Tardets avec des résultats merveilleux , dit-on. Je désirerais que le pîiarmacien de notre ville fût muni de la poudre fraîche et de l'extrait de belladone qui dans ces cas doivent réunir certaines conditions indispensables.

A lettre vue, soyez assez bon pour expédier à M. Turon, pharmacien à St-Palais (Basses-Pyrénées, par Bayonne), 500 grammes extrait de belladone et 124 grammes poudre fraîche de racine de belladone.

Veuillez, Monsieur et confrère , agréer d'avance mes remerciements bien sincères et l'assurance de ma

Signé S. FÉRÂUD.

Docteur médecin à Sl-Palais (Basses- Pyrénées).

St-Palais, le {"novembre 1855.

Monsieur et très-honoré confrère ,

Comment vous exprimer ma reconnaissance pour la politesse exquise et l'empressement que vous avez mis à répondre à mon appel. Le médecin de campagne ne sait , en général , que dire la vérité, sans emphase , sans détour et souvent môme dans des termes

triviaux ; aussi ne pousserai-je ([uo le en parti du cœur : Merci , mille fois merci , au nom de l'humanité.

Si je ne vous ai pas écrit jusqu'à ce moment vous no l'attribuerez pas à l'ingratitude , mais au manque de temps, au peu de repos que m'a donné l'épidémie. Huit à dix heures par jour d'exercice à cheval pour visiter les malades (vous connaissez, sans doute, la vie du médecin de campagne) , joignez à cela l'inQuence atmosphérique , a déterminé dans tout mon organisme une grande fatigue , une excessive lassitude. Mais enfin nous voilà arrivés à la décroissance de la maladie, non sans avoir eu à déplorer beaucoup de victimes emportées par le fléau. Une douce consolation me reste , mon cher Monsieur, c'est celle d'avoir eu l'heureuse idée de m'adresscr à vos lumières, à votre talent pratique.

Quand je vous écrivis pour avoir des renseignements sur le traitement que vous aviez fait subir aux cholériques de Tours , nous avions déjà éprouvé les rudes atlteintes de l'épidémie. Nous étions bien neufs vis-à-vis du fléau qui , pour la première fois, venait s'appesantir sur les populations de no» contrées.

Tout votre traitement nous a été d'une grande utilité. Magnésie et bi carbonate de soude, — pilules d'acétate de plomb et d'extrait gomineux d'opium nous ont admirablement servi dans la cholérine. Les diarrhées rebelles , je les ai combattues victorieusement en y ajoutant le lavement (je parle bien entendu de la cholérine).

Eau de riz 200 grammes.

Extrait de ratanbia 6 à 8 grammes.

Laudanum de Sydenham ... 1 gramme.

Amidon en poudre 6 grammes.

Quant au choléra, la belladone, pour me servir d'une de vos expressions , a été souvent merveilleusement curative.

Ces larges emplâtres m'ont toujours rendu de grands services; je les ai même employés dans ces cas douteux de choléra où il y avait absence de refroidissement, ou pour mieux dire , où une cerlaine chaleur était répandue sur toute la surface du corps , néanmoins caractérisé par tous les autres symptômes.

C'est avec regret qu'à la campagne je me suis vu obligé de m'abstcnir de cette médication dans la crainte de devoir la livrer à des mains inintelligentes.

J'ai quelquefois remplacé avec succès , vers la fin de la maladie , l'emplâtre de belladone par un vésicatoire pansé pendant 3 ou 4 jours avec le chlorhydrate de morphine pour modifier et arrêter des hoquets fréquents , — des espèces de gastralgies qui succédaient au choléra.

Dans les débuts, trois de mes malades ont succombé à la suite do la réaclion à des afi'ections du cerveau avec des symptômes de délire. Vers la fin de l'épidémie, à la première apparition de ces symptômes, sans perdre de temps à attendre qu'on pût apprécier ou non de l'intermittence , j'administrai 1 gramme de sulfate de quinine, j'en ai vu trois fois l'emploi couronné de succès.

Je suis appelé le 21 octobre à Larribar (à 5 kilomètres de St-Palais) auprès de la femme D..., âgée de 45 ans. Le 1'^'' octobre, arrivéeaux termes de sa première grossesse, elle a eu un accouchement laborieux qui a nécessité les secours de l'art ; peu de jours après elle voit mourir son enfant ; le 19, son mari succombe au choléra. Atteinte elle-même de la suette, une diarrhée se déclare le 20.

21 octobre. Le faciès est caractéristique ; — les yeux sont enfoncés dans leur orbite , entourés d'un cercle noirâtre ; les lèvres livides , la voix profondément altérée , le pouls presque imperceptible, filiforme , des crampes atroces , surtout aux membres inférieurs ; refroi • dissement prononcé de la face et des extrémités inférieures, suppression complète des urines, déjections alvines et vomissements incolores, incessants , au point de se vider (sic) dans son lit et de rejeter par la bouche plus de 6 litres de liquide dans l'espace de 7 à 8 heures !

Inutile de recourir à des potions, à des lavements , aussitôt ingérés aussitôt rendus. Une pilule de belladone est administrée toutes les demi-heures, — larges emplâtres de belladone appliqués sur Lcstomac et sur la région vésicale, sinapismes fréquents sur les extrémités inférieures.

JJoissons. Blanc d'œuf ballu avec de l'eau , — môlangc de vin et d'eau à donner par cuillerées.

22 octobre. — D'après les renseignements des personnes qui entourent la malade, la nuit a été mauvaise. Cependant arrivé auprès d'elle à 7 heures du matin , je trouve que le pouls olïVe plus de résistance , la couleur de la peau est revenue ; il s'y manifeste même un peu de rougeur. Depuis les 5 heures, les vomissements qui ont été, jusqu'alors, presque continuels, sont devenus plus rares. J'ordonne d'éloigner par gradation l'emploi des pilules de belladone. Les extrémités inférieures sont encore froides, — continuation de l'application des sinapismes. — Deux cuillerées de bouillon léger accompagnées de deux cuillerées d'eau et de vin toutes les heures.

La nuit du 22 au 23 a été très-agitée ; une loquacité sans bornes, idées incohérentes, en un mot du délire. Immédiatement 1 gramme de sulfate de quinine est ordonné en 8 pilules à prendre une pilule chaque demi-heure.

24 octobre. Amélioration assez sensible. Même dose de sulfate de quinine. Continuation de l'application des sinapismes.

25 octobre. Les facultés inlellectuelles sont dans leur élal normal, le pouls est régulier, mais la diarrhée a reparu.

26 octobre. La diarrhée persistant, une dizaine de pilules à l'acélale de plomb, et à l'extrait gommeux d'opium , l'arrête presque instantanément.

27 et 28. L'état général est satisfaisant, la malade réclame des aliments.' Bouillon plus consommé et plus fréquemment répété , quelques cuillerées à café de chocolat lui sont accordées.

Je ne retourne plus visiter la malade ; elle est rentrée en pleine convalescence.

Quelque mal rédigée, quelque incomplète que soit cette observa lion , j'ai voulu vous la donner parce que vous avez été si bon , si gracieux, que je suis convaincu qu'au lieu d'exiger beaucoup du pauvre médecin praticien de campagne, vous lui accorderez toute votre indulgence pour sa bonne volonté.

Veuillez agréer, Monsieur cl irès-honoré confrère, l'assurance de la considéralion bien distinguée de voire très-humble et très-dévoué serviteur ,

Signé S. FÉRAUD.

Docleur-médecin à Sl-Palais (Basses -Pyrénées).

Monsieur et très-honoré confrère ,

J'ai différé de vous témoigner ma vive reconnaissance pour l'aimable lettre que vous avez bien voulu joindre à votre brochure , dans l'espoir qu'il me serait possible de vous donner aujourd'hui mes groupes d'observations sur le traitement du choléra par l'extrait de belladone. Quelques cas isolés ne me permeltanl pas de mettre encore mon travail au net, je veux me procurer du moins, le plaisir de vous annoncer que votre médication est parvenue à ma connaissance le 4 septembre, 26 jours après le début de la cruelle épidémie qui a presque décimé noire petite ville. J'avais beaucoup entendu parler de vous dans la famille de Montréal , aussi l'ai-je essayée immédiatement et sans la moindre hésitation ; et bien a valu à mes pauvres malades , puisque, au lieu des 2/3 au moins qui succombaient par les divers traitements antérieurs, j'ai la consolation d'en conserver le plus grand nombre , les 3/4 à peu près. Encore ne puis-je pas assurer que l'extrait employé réunissait les conditions exigées par vous. Il a fallu le prendre au hasard, sortant tantôt d'un droguiste tantôt d'un autre. Tel quel, il a donné des résultats tellement surprenants que tous mes collaborateurs se sont vus forcés de recourir à lui dans les cas désespérés; et ils conviennent qu'ils lui doivent de beaux succès.

Je vous prie d'agréer, mon cher collègue , avec mes félicitations et mes remerciements l'assurance de mon respect et de mon dévouement.

BORDENAVE (d.-m. p.) Tardels [Basscs-Vij rénées), 11 ocloùre 1855.

-4 M. Lpclerc , médecin eu chef de V Hôpital yènrral de Tours.

Monsieur el très honoré confrère ,

J'ai l'honneur de vous adresser, enfin , mes observations sur l'épidémie cholérique qui a sévi si cruellement dans le canton de Tardets. Voire emplâtre de belladone, vos pilules m'ont été d'un immense secours , puisque la mortalité qui était des 2/3 par la médication rationnelle est descendue, par leur usage et immédiatement, à moins de 1/3. Il est fâcheux que je n'aie point connu cette médication dès le début de la maladie (8 août 1855) ; j'ai la conviction que nous aurions beaucoup moins de décès à déplorer.

Votre lettre à M'"" la comtesse de Montréal m'est parvenue le 4 septembre, au moment où je perdais le plus de malades ; et je me suis mis immédiatement à l'œuvre. Les malades chez lesquels j'ai cru pouvoir employer votre traitement, à l'exclusion de tout autre, à cause de la surveillance, sont au nombre de 50. Voici les résultats obtenus par classes , ainsi que quelques observations.

Première classe. — Elle compreml 11 maladeii avec cyanose sur lesquels quatre décès , dont deux avant quatre heures de médication.

Gracieuse B..., 12 ans, atteinte de cholérine depuis quatre jour^. Dans la nuit du 5 au 6 septembre, vers minuit, réveil en sursaut,

douleur épigaslriquc intense suivie de vomissements, augmentation de la diarrhée, crampes, refroidissement.

Nous sommes appelés près d'elle à 6 heures, le lendemain.

Étal de la malade. Visage altéré , peau noire , yeux enfoncés , cerclés en noir, voix à peu près éteinte, froid général, suspension des urines, besoin continuel de vomir et d'aller à la garde-robe , évacuations caractéristiques , constriction épigastrique , crampes très-douloureuses, pas de pouls, langue fendillée, rouge, froide.

Traitement. Emplâtre d'extrait de belladone (10 grammes) sur l'épigastre , pilules de belladone ; une toutes les demi-heures, selon la formule de M. Leclerc ; quelques gorgées d'eau albumineuse, frictions avec la flanelle sèche. Nul changement jusqu'à 3 heures de l'après-dîner, les crampes seules ont diminué.

6 heures du soir. Visage Irès - animé , dilatation sensible des pupilles , chaleur prononcée de la peau , un peu de pouls , quelques vomissements de matière verdàlre, diarrhée à peu près nulle, voix naturelle , encore un peu d'embarras épigastrique , soif inextinguible , pas d'urines, — 1 pilules de 2 en 2 heures.

10 heures. Gracieuse est assoupie, peau chaude, pouls développé. Du reste rien de nouveau. Supprimer les pilules.

7 septembre : La malade a reposé une bonne partie de la nuit, expression normale de la figure , plus de vomissements ni de diarrhée , plus de douleur; urines. A partir de ce moment, la convalescence a marché sans entrave, et la jeune fille a pu quitter son lit le cinquième jour pour ne plus le reprendre.

Jean S..., 05 ans, laboureur, tombe malade dans la nuit du 11 ; vomissements, diarrhée , crampes, refroidissement.

Le 12 à huit heures du malin. Face noire, grippée, vieillie ,

youx enfoncés , voix ûleinlc , froid <;lncial de loiil le corps, vomissemenls iiiccssanls d'un liquide l)lanrhrilrc , spumeux, qui cnlraîno plusieurs vers, diarrhée abondante, aqueuse, incolore, inodore, respiration fréquenle, difficile, point d'urines depuis minuit, pouls filiforme aux carolidcs, — soif.

Traitement: Large emplâtre d'extrait de belladone du commerce sur l'épigastrc, une pilule de belladone de dix en dix minutes, frictions, un peu d'eau albnmineuse.

2 heures. Les accidents sont à peu près les mêmes malgré l'emploi de la belladone. Nouvel emplâtre sur l'hypogastre , pilules d'acélate de plomb.

8 heures. La peau commence à se réchauiïer, pouls à peine sensible à la radiale , visage meilleur , diarrhée mille , encore de rares vomissements, commencement de somnolence, soif ardente. Ne donner qu'une pilule par heure.

Le 13. Le malade a un peu sommeillé, il n'a vomi qu'une fois dans la nuit et alors un peu de bile verdâtre , la figure a repris la coloration et l'aspect normal , pouls développé, chaleur, deux selles, soif.

8 heures du soir. Jean a uriné deux fois dans la journée, sentiment de bien-être en même temps que de faiblesse , plus de diarrhée , un vomissement vert, soif moindre. 1! demande de l'eau vineuse et un peu de bouillon.

Le 14. Tous les accidenis cholériques ont cessé, il ne reste qu'une grande fdiblessc. S. est entré en convalescence dès le lendomoin ; aujourd'hui il vaque à ses affaires.

.leanne, C... 50 ans, ménagère, irês-peureuse ^ adonnée aux boissons alcooliques, est prise du choléra dans la nuit du 13 au l/i; je la visite trois heures après l'invasion.

Étalde h malade : mêmes symplômosquc chez les précédents; môme prescription.

11 heures. Agitation moindre, apparence de chaleur.

6 heures du soir. Un peu de réaction, pulsations de l'artère brachiale sensibles, vomissements et diarrhée moins fréquents, cyanose beaucoup moindre , urines nulles. Second emplâtre sur l'hypogaslre , diminuer les pilules.

9 heures. Pouls aussi développé , commencement d'injection à la figure, pupilles dilatées , vomissements et diarrhée nuls depuis 3 heures, retour des urines, sentiment de mieux , soif, demande d'aliments qui sont refusés jusqu'au lendemain , supprimer les pilules.

Le 15. On a fait prendre dans la nuit à la malade du café et de l'eau-de-vie. Immédiatement retour des premiers accidents , agitation extrême. Le premier emplâtre étant sec , je le remplace par un second. Sous son influence, un amendement notable se manifeste de nouveau ; mais la nuit arrive , on a la faiblesse de redonner du café. Agitation instantanée qui ne cesse qu'avec la mort qui arrive le 16 vers midi.

Deuxième classe. — Choléra sans ctjanose au début,

31 malades , 8 décès,

Lucie T... 40 ans, diarrhée depuis plusieurs jours; vomissements ahondanis le 14 septembre ; vers les deux heures du matin , exagération de la diarrhée, crampes insoutenables , refroidissemcnl.

6 heures du malin. .ïc trouve la malade dans l'état suivant : figure pâle , amaigrie , vieillie, yeux enfoncés et cerclés en bleu, froid

général des plus prononcés, sans pouls, vomissements et diarrhéo caraclérisliques , incessants , anxiété précordiale , voix caverneuse faible , soif ardente , point d'urines depuis l'invasion , crampes.

Médication. Large emplâtre d'extrait de belladone sur l'épigastre, une pilule tous les quarts d'heure, quelques cuillerées d'eau albumineuse.

12 heures. Apparence de réaction, pouls filiforme, perceptible à l'artère radiale, vomissements plus rares d'un aspect verdâtre , anxiété moindre, besoin fréquent d'aller à la garde-robe, figure meilleure.

Le 15 au matin. Les crampes et la diarrhée ont cessé vers minuit , vomissements rares de matière verdâtre , anxiété précordiale nulle, un peu de sommeil , encore point d'urines, faciès ordinaire, soif, envie d'aliments. Emplâtre à l'hypogastre , deux cuillerées de bouillon pilules de deux en deux heures.

5 heures du soir. Injection prononcée de la face, pupilles dilatées , somnolence, pouls développé, deux vomissements de bile dans la journée , pas d'urines, supprimer les pilules.

Le 16 au matin. Les urines se sont rétablies dans la nuit; il y a eu du sommeil. La malade ne se plaint que de la soif, elle demande de la nourriture. Deux bouillons.

Le 17. Convalescence qui se continue malgré quelques petits écarts de régime.

Madame V..., 85 ans, diarrhéique depuis dix jours, vomissements, exacerbation de la diarrhée , refroidissement dans la journée du 2 octobre.

Visitée à l'entrée de la nuit , elle présente les mêmes symptômes que la malade précédente; nous employons le même traitement à

l'exception du troisième emplâtre. L'amendement se déclare dès la journée suivante ; les urines pourtant ne se rétablissent que le quatrième jour. Dès lors la convalescence marche.

Chez les malades de cette classe qui ont été soumis à la médication bclladonée , nous avons presque toujours eu un commencement de réaction. Le médicament et les efforts de la nature ont-ils été impuissants pour la rendre complète (1) , ou bien les malades ontils commis des imprudences capables de l'arrêter ! c'est ce dont je n'ai pu m'assurer.

Troisième classe. — Malades pris au passage même de la cholérine au choléra.

C'est ici, surtout , que les préparations belladonées ont été merveilleuses. 8 guérisons , sans décès.

Madame G..., 59 ans, constitution débilitée par des pertes utérines , diarrhéique depuis le 22 septembre. Dans la nuit du 24 , vomissements jaunâtres , diarrhée abondante , incolore , inodore , commencement de crampes, froid, pas d'urines, figure altérée, pouls filiforme.

Nous appliquons immédiatement sur l'épigastre un emplâtre

(1) J'ai acquis la certitude que la belladone est souvent administrée aux cholériques avec trop de lenteur et de mollesse. La coloration en rouge de la peau se montrant toujours avant que la belladone n'ait un effet toxique , le praticien doit insister sur cette médication jusqu'à ce que la coloration se produise d'une façon marquée. 11 est des cas de choléra asiatique où l'intoxication du système nerveux est si profonde qu'il faut, nécessairement, une plus forte quantité de la substance médicalrice pour arrêter les progrès du mal.

Frkdkric Leclerc.

(l'extrait de belladone , que M. Lecierc avait eu l'obligeance d'envoyer préparé de Tours. Le vomissement et la diarrhée se répèlent deux fois dans l'heure suivante , alors la malade se sent parfailcnient à l'aise , s'endort pour ne plus se réveiller qu'au bout de trois heures. Pour le lendemain au malin , tous les accidents avaient disparu, il ne restait à M'"* G..., qu'une grande lassitude. La convalescence a marché , sans entrave , jusqu'à parfaite guérison.

E... D..., 32 ans , me fait appeler le 23 septembre à 6 heures du soir. Elle éprouve les mêmes accidents que M""" G..., ses urines sont supprimées depuis plusieurs heures.

Traitement. Emplâtre large d'extrait de belladone, préparé à Tours . sur l'épigastre , pas de pilules encore.

10 heures. Le vomissement s'est reproduit une fois et la diarrhée deux fois. Retour de la chaleur, sentiment de bien-être, figure naturelle, pouls assez bon.

Le 24. La malade a dormi la nuit. Une selle colorée, un vomissement, urines. Encore deux petits efforts de vomissement sans résultat, dans la journée. Le lendemain convalescence et guérison prompte.

Dans aucun cas de cette classe , la convalescence ne s'est fait attendre au-delà de trois jours.

Je pourrais ajouter une 4" classe de cholériques (plus de 150) qui ont été traités à la fois d'après les traitements en vogue el par l'extrait de belladone ; celui-ci appliqué souvent en désespoir de cause et ayant donné de beaux résultats ; mais ces observations prêteraient à la critique; je veux l'éviter pour m'en tenir aux faits évidents , incontestables.

Une dernière remarque à propos de notre épidémie. Presque tous les cholériques ont rendu un certain nombre de vers lombrics, tant

— ao —

par les vomissements que par les selles. A Paris, on 1832, je n'en avais pas vu , et les auteurs qui ont écrit sur le choléra n'en font pas mention.

J'espère, Monsieur, que ce petit travail vous suffira; s'il était, par hasard, incomplet, je vous prie de me signaler les points à éclaircir, je m'empresserai de vous donner satisfaction.

Veuillez agréer, Monsieur et très-honoré confrère, avec ma sincère reconnaissance , la nouvelle assurance de mon respect et de mon dévouement.

Signé BORDENAVE , d.-m.-p.

Tardeb, le %\ octobre 1855.

Une dernière remarque importante doit trouver sa place ici. Tl est fort rare que, dans le plus grand nombre des cas de choléra asiatique , les symptômes caractéristiques ne soient pas précédés de ce dérangement des fonctions intestinales, qu'on appelle la cholérine. L'expérience a appris que combattre sans retard ce dérangement , c'est presque toujours prévenir l'invasion du choléra. Dans ma pratique, j'ai été amené à reconnaître que le meilleur moyen d'arrêter la cholérine est de recourir à la médication suivante : Magnésie. .... . . . .2 grammes.

Bi carbonate de soude 1 gramme.

Un paquet dans un demi verre d'eau sucrée, aussitôt que la diarrhée commence. Un second paquet 2 ou 3 heures après le premier. Souvent ces deux paquets suffisent pour arrêter le dérangement intestinal. Si la diarrhée persiste on donne une pilule composée de : Acétate de plomb cristallisé . . . 1 centigramme. Extrait gommeux d'opium ... 1/2 centigramme. Toutes les heures ou toutes les 2 heures suivant la fréquence des évacuations.

.T'ai quelquefois eu recours au charbon végétal en poudre, mais celle substance n'est pas toujours efficace. '

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