‹ De la médication curative du choléra asiatique [electronic resource]Chapitre 6 sur 8 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Reclicichoj expérimentales sur les cll'els que produisent les substances végétales et les substances animales lorsqu'on les mêle avec le. sang veineux.

C'est ;iu mois d'aoùl 1854 tiuo j'ai couslatc une propriété de la belladone qui est venue jeter une lumière inattendue sur le mode d'action de celle solanée, dans le traitement du choléra asiatique. Je vérifiai sur moi-même qu'elle possède à un haut degré la faculté de colorer la peau en rouge, foncé (1); et poslérieuremenl , dans la même année, tous les cholériques h qui j'ai administré la belladone en ont éprouvé le même effet. Chez plusieurs, môme , il fut général et très-prononcé. Dès ce moment je dus penser que la belladone exerçait une action directe sur le sang; et souvent j'eus l'idée de faire saigner quelques-uns des malades admis à l'ambulance des cholériques. Mais ces malades étaient déjà dans la période algide lorsqu'on les y transportait ; et leur état était si grave que je n'ai jamais osé leur faire tirer du sang. Un autre motif non moins puissant m'obligeait à m'abslenir, c'est l'extrême diminution de la proportion du fluide sanguin chez les personnes atteintes du choléra.

En 1855 , pour la première fois , j'ai étudié l'effet qui se produit dans le sang veineux lorsqu'on le mêle directement avec certaines substances, les unes végétales , les autres animales, et notamment avec le suc ou avec l'extrait de belladone (2).

Voici l'indication rapide des faits que je suis parvenu à constater.

(1) Voy. page 3, V- partie.

(2) M. le D"" Clauzurc, médecin à Angoulème, à ipii j'avais adressé , au mois de septembre 1855 , un exemplaire de la P*" édilion de mon écrit sur la médi cation curativc du choléra asiatique , a bien voulu l'aire des essais pour con-

A la sortie de la veine, le sang veineux de l'homme, mèlc par parties égales avec du suc de racine de belladone , ou avec de l'extrail de belladone tenu en dissolution dans l'eau, prend instantanément une teinte rouge très-prononcée et qui rappelle la couleur du sang artériel.

Ce mélange , ainsi que tous ceux dont il sera ([ueslion plus loin , doit toujours être opéré à l'abri du contact de l'air et dans des flacons complètement remplis de liquide.

L'atropine mêlée, seule, au sang veineux le rougit beaucoup moins que le suc ou l'extrait de belladone.

slater l'efficacité de l'emploi de la belladone dans le traitement de cette maladie. Ces essais lui ont inspiré l'idée de rechercher quelle action la belladone exerce sur le sang veineux. M, Clauzurc serait le premier qui, à ma connaissance , aurait fait un mélange direct de sang veineux et de belladone. 11 me l'a annoncé dans une lettre datée du 13 décembre 1855 ; mais je dois déclarer ici que dans cette lettre, ni dans aucune de celles qu'il m'a écrites depuis, il ne m'a donné connaissance de ses expériences à ce sujet , encore moins des résultats qu'il aurait obtenus, et des conséquences qu'il en aurait tirées. Je me crois donc autorisé à revendiquer hautement comme m'appartenant en propre tous les faits que j'ai eu l'honneur de communiquer à l'Académie des sciences en septembre 1854 , — le 24 décembre 1855, — en février 185(i , — le 21 mars 1850 , — le 14 avril 185fi , — au sujet du traitement du choléra asiatique par la belladone , et de l'action des substances animales et des substance» végétales et notamment de la belladone sur le sang veineux.

L'infusion de belladone rougit à peine le sang veineux.

L'extrait de datura stramoniuni produit un effet analogue à la belladone, niais un peu moins énergique.

L'infusion de datura rougit beaucoup moins le sang que l'extrait de la même plante.

Les substances suivantes rougissent le sang veineux :

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