‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 10 sur 120 · II' SECTION · texte numérisé non relu

II' SECTION

MeuBtruatlou dans les villes.

Cette section comprend 205 fournies ; 160 viennent du nord de la France , kO du milieu cl 5 du midi. Leur âge

8 DE LA MENSTKtJAÏ10Sf.r

moyen de menstruation dans le lieu de leur naissance est de 14, 765, ou de I4 ans 9 mois environ, ce qui offre une différence avec l'âge moyen des femmes de la campagne de près d'un mois.

Cette différence, quoique peu considérable, doit être notée , car elle montre déjà que l'action des villes commence à s'exercer ; pour que cette partie du travail fût complète, il faudrait d'abord que le chiffre général fût beaucoup plus élevé , et que nous puissions comparer les villes commerçantes , manufacturières , avec les villes éloignées du centre des affaires, dans lesquelles il n'y a pas de grands rassemblements d'individus qui concourent à un même but. Il est très-probable que ces dernières se rapprocheraient, jusqu'à utt eertaift point, des campagnes , et que les, différences d'âges seraient encore moins sensibles.

(^etle remarque nous a paru également applicable aux campagnes qui avoisinent les grandes villes ; aussi avonsnous rejeté du tableau toutes les femmes qui étaient nées dans, le rayon de la capitale, parce qu'elles se trouvaient placées dans sa sphère d'attraction , et qu'elles étaient par conséquent en grande partie soumises à ses influences.

Nous ne dirons rien des professions ,. des lieux de naissance , les remarques que nous avons faites plus haut étant applicables à ce cas.

Aussi passon§-nous de suite à Texameu de l'époque des règles.

Âge de la première apparition dans les villes^,

12 ans

15 ans

20 ans

Total

L'âge commun est entre 14 et 15 ans ; mais ici le nombre de 14 représente le chiffre le plus élevé, tandis que le chiffre 15 était plus considérable chez les femmes de la campagne. A mesure , en effet , que nous nous approchons de la capitale , l'âge de la menstruation s'abaisse , et celle-ci devient plus hâtive sous l'influence de causes nombreuses et variées que nous tâcherons d'apprécier. On voit que , dans cette circonstance , si on se contentait de prendre en considération l'âge commun , ainsi que l'ont ffrit presque tous les observateurs , on n'aurait point l'expression juste de la vérité , puisque les deux nombres dans lesquels il est compris ne représentent que le tiers du chiffre total.

Au-dessus et au-dessous des deux chiffres indiquant l'âge commun, voici comme se groupent, dans le premier ordre , les trois nombres qui contiennent le plus de femmes menstruées.

11 ans 21

et dans le deuxième :

16 ans 20

. II semblerait , au premier abord , que la menstruation devrait être plus tardive après l'âge commun dans les campagnes que dans les villes , et surtout dans la capitale ; mais , en additionnant les chiffres, on voit que le nombre des femmes réglées avant et après cette époque , est à peu-près le même ; cette circonstance nous paraît tenir, dans la capitale en particulier , à ce que si des causes multipliées hâtent le développement des phénomènes menstruels , d'autres causes également nombreuses, et dont l'action atteint plus spécialement les classes pauvres , retardent leur apparition.

Ainâ, dans les villes, l'âge moyen de la menstruation, arrive un peu plus tôt que dans les campagnes. Les limites d'âge entre lesquelles se montre ce signe important de la puberté , sont fixées pour nos observations entre 9 et 23 , ce qui embrasse une période de 15 ans. Mais cet espace de temps , surtout pour le premier chiffre , n'est point la limite rigoureuse des deux extrêmes de cette grande époque, car il n'est pas très-rare de rencontrer de jeunes personnes qui ont été réglées à 7 , 8 et même 5 ans , ainsi que nous en rapporterons un exemple.

IIP SECTION.

Menstruation dans la capitale.

On trouve écrit, dans les auteurs qui ont fait l'histoire de la menstruation , que cette fonction est généralement plus hâtive dans les villes , et principalement dans les capitales.

Cette proposition n'est point cependant sans de nombreuses exceptions.

MENSTRUATION DANS LA CAPITALE. Il

Ainsi nous allons voir les menstrues se montrer de trèsbonne heure chez les jeunes personnes des classes riches, tandis qu'elles feront leur apparition plus tard dans les classes pauvres , qui sont soumises à une foule d'influences fâcheuses. Des distinctions importantes se présentent encore ici, suivant que le phénomène s'observe chez les jeunes filles qui exercent des professions fatigantes, sédentaires, isolées, qui souffrent de toutes les privations, ou chez celles qui, placées <ians de meilleures conditions , se livrent à des travaux agréables , remplis de distractions , et qui les mettent en contact avec beaucoup de personnes ; dans ce dernier cas , l'apparition de la menstruation est plus rapide.

203 femmes représentent le nombre de cette troisième section; les li cinquièmes sont nées à Paris, les autres sont originaires de diverses contrées de la France , mais ont fait un séjour au moins d'une année dans la capitale avant d'être menstruées , de sorte qu'on peut les considérer comme ayant réellement reçu le baptême de l'acclimatement. De ces 203 femmes ,171 font partie de cette classe peu aisée qui vient dans les hôpitaux réclamer les secours de l'art. 11 ne faut pas croire cependant que cette partie de la population soit privée de toutes ressources.

Le peuple de Paris n'éprouve point la même répugnance que celui des provinces à entrer dans les hôpitaux. Celte disposition paraît résulter de ce que ces établissements sont parfaitement tenus , et de ce que les médecins qui les dirigent sont, en général, instruits et recommandables. La fondation Monthyon contribue à y attirer beaucoup de monde. L'esprit de prévoyance doit encore être compté au nombre des causes qui multiplient les entrées. Un grand nombre de femmes qui ont un petit avoir n'hésilent pas à venir dans les hôpitaux, pour ne point épuiser leurs res-

12 • DK LA MENSTRUATION.

sources. En pro\ince, tout le monde se connaît, et ce molilesl d'un poids extrême sur une multitude de personnes, A Paris, rien de plus facile que de faire perdre sa trace. ' Ces considérations expliquent d'une manière rationnelle la différence des éléments des hôpitaux de la capitale et de la province.

L'âge moyen de ces 171 femmes est de 14 , 842 , ou de Ml ans et un peu plus de 10 mois, chiffre presque entièrement semblable à celui de MM. Marc Despine et Bouchaeourtv

On est de suite frappé de Télévation de ce nombre, car la menstruation est ici plus tardive que dans les villes de second ordre et même dans les campagnes ; mais ce résultat , si différent de celui auquel on devait s'attendre , n'est qB'ap})arent ; et tout rentre dans l'ordre , lorsqu'on décompose les éléments de ce nombre. Il existe , dans les grandes villes capitales, une classe de femmes qui, par leurs mœurs, leurs habitudes, leur genre de vie, leur organisation , se sépare de la population dont elle sort pour se rapprocher , jusqu'à un certain point , de la classe riche , de®t elle diffère sous d'autres rapports. Cette classe, que nous serions tenté d'appeler les métis de la civilisation, se compose des modistes, des couturières, des lingères, des blanchisseuses, des polisseuses, des culottières, des brodeuses, des reMeuses, des fleuristes, etc.

Presque toujours, lorsqu'on arrive au lit d'une jeune fille à peau fine et bknche, à physionomie éveillée, à mains délicates et peu habituées aux exercices fatigants ,. ©n peut être assuré que , si on lui demande sa profession , eile répondra qu'elle est couturière. Cette désignation générique est loin d'exprimer l'état réel; aussi la plupart de ces jeunes filles n'excrçeut-elles le plus souvent aucune

MENSTRUATION DANS LA CAPITALE. . t3

profession suivie : elles vivent avec des jeunes gens , travaillent peu , et ont presque toutes eu un ou plusieurs enfants.

Chez elles, sauf quelques cas rares, la* menstruation a lieu de bonne heure. En faisant le relevç des professions exercées par ces 205 femmes , nous avons constaté que 135 appartenaient à la catégorie précédente ; sur ces lo5, on ne compte pas moins de 45 couturières. L'âge moyen de ces jeunes filles €st de 14, 407 , ou de 14 ans 5 mois environ. Ainsi nous commençons à voir se vérifier, mais d'après des données exactes, l'assertion des auteurs sur l'époque plus avancée de l'apparition des règles dans les villes. Cette proposition , émise d'une manière générale , et qui n'a jusqu'alors été l'objet d'aucun relevé pour les classes riches > pour les personnes qui habitent les établissements publics , va recevoir des applications plus précises de l'examen statistique de la menstruation dans ces diverses classes.

Sur les 32 jeunes demoiselles réglées dans l'établissement du docteur Bouvier , l'âge moyen a été de 14, 311, ou de 14 ans 4 mois moins quelque chose. Dans cette circonstance, le chiffre de l'époque de la première apparition est moins élevé que dans le cas précédent.

II ne saurait donc rester d'incertitude sur la remarque déjà faite , il y a fort longtemps , que les règles apparaissent hâtivement dans les villes; mais on voit que la proposition n'est point simple, et qu'il faut décompose r .les éléments divers qu'elle renferme. Ainsi, lorsqu'on ne prend que le résultat général, on arrive à une conclusion inverse. Pourquoi cette gi^ande ditférence? C'est que, si la civilisation doit, par la suite des temps, conduire l'homme à l'harmonie ou à la plus grande somme de félicité qu'il doive atteindre dans cette période de transition, comme

l'affirme Fourrier , il faut avouer que toutes les branches de cet arbre gigantesque sont loin de produire des fruits, et qu'un grand nombre végètent même misérablement.

Soulevez l'écdrce de cette civilisation : quel douloureux spectacle s'offre à vog regards ! une population immense , souffreteuse , qui lutte chaque jour contre des besoins sans cesse renaissants , puisqu'ils tiennent à l'entretien de la vie. Nourrie d'aliments grossiers, insuffisants, altérés, malsains; entassée dans des habitations étroites, humides, mal éclairées, elle ressemble à ces plantes étiolées qui n'ont jamais reçu la lumière bienfaisante du soleil. Privée du nécessaire , elle ne saurait trouver le superflu que réclament les soins de propreté, si indispensables à la santé. Que de professions doivent d'ailleurs avoir une influence fâcheuse sur le développement du corps î

Jetez, en effet, un coup-d'œil sur les femmes qui se livrent au métier de chiffonnières ; voyez ces figures hâves, ces corps amaigris, ces constitutions détériorées, et dites-nous si ces malheureuses qui s'élèvent au milieu de toutes les immondices de la capitale , qui plus d'une fois leur ont servi de lit, ne doivent point subir toutes les conséquences d'un pareil état de choses. Que serait-ce, si nous passions en revue ces professions qui n'existent que dans les grandes capitales, et qui font de ceux qui les exercent les véritables parias de la civihsation ! Certes , voilà pour la chimie et l'hygiène une grande et noble mission. Honneur au savant modeste qui l'avait si bien comprise !

Mais , à mesure que nous quittons ces derniers degrés de l'espèce humaine pour nous élever dans l'échelle sociale , nous voyons le symptôme caractéristique de la puberté, la menstruation suivre le développement du système

nerveux. Plus celui-ci est exercé de meilleure heure, plus la fonction utérine périodique s'organise rapidement. Il semble que cette précocité du système nerveux soit une véritable serre qui fasse éclore les règles, et qui remplace ainsi, jusqu'à un certain point, la chaleur des contrées équatoriales.

Que de causes nombreuses , que de stimulations de toute espèce contribuent à ce résultat ! Dans les classes du peuple , dès le bas-âge , les jeunes filles ont sous les yeux des exemples, entendent des discours qui doivent donner une première impulsion à leurs sens. A peine les années leur ont-elles apporté quelques forces , qu'on cherche à les employer utilement. Sans cesse aux prises avec la nécessité , ou bien fascinées par le luxe et poursuivies par la débauche, elles sentent naître en elles des besoins nouveaux auxquels elles résistent difficilement. Si l'instinct de la pudeur, inné chez la femme, les soutient encore à défaut de principes moraux et religieux , elles cherchent des consolalions , des espérances dans la lecture des romans. C'est un fait incontestable que ce genre de littérature est le complément ou plutôt la seule éducation morale de cette classe de la société.

On comprend déjà combien ces lectures enivrantes pour de jeunes esprits, et dans lesquelles on recherche avec passion tout ce qui a trait à l'amour, doivent avoir d'inlluence sur l'imagination , sur les sens, en un mot sur le système nerveux. Bientôt mille désirs se font sentir, et la jeune fille n'est pas encore nubile, qu'elle rêve l'existence de la femme faite. Doit-on s'étonner, d'après ce tableau rapide, que l'apparition des règles ait lieu plus tôt chez les jeunes filles qui doivent former ce que nous avons nommé les métis des grandes capitales.

46 DE LA MËNSTBtATlON.

11 y aurait encore à étudier une influence qu'on a signalée , mais sur laquelle l'excellent ouvrage de M. Deslandes ne nous a point donné de renseignements complets : nous voulons parler de l'onanisme. Quel est le rapport de cet acte avec la menstruation ? En hâte-t-il l'époque , comme on l'assure? ne l'arrête-t-il pas dans d'autres cas ? contribue-t-il à augmenter les aflfections de l'utérus, aujourd'hui si communes? est-il une des causes de la sur excitabilité nerveuse? J'avoue que je ne suis pas assez éclairé sur ces points.

Les influences précédentes doivent naturellement s'accroître à mesure que nous atteignons les sommités de l'arbre. Si les exemples sont meilleurs , si le vice est plus caché et plus éloigné, d'autres causes agissent avec non moins de force. Ainsi, dans les classes riches, les jeunes personnes , à part quelques exceptions , sont initiées de bonne heure à la vie des salons. Combien de fois avonsnous vu , au milieu de ces foules qu'on appelle si fastueusement des raouts , apparaître des jeunes personnes de 8 à 9 ans, richement parées; l'orgueil maternel attendait des compliments qu'on prodiguait de toutes parts ; comment ne pas louer les enfants d'un riche qui fait si bien les honneurs de sa maison ? c'était à qui inventerait de nouvelles formules. L'instinct de la coquetterie se développait ; le poison de la louange déposait son germe. A l'aspect de tant d'hommes graves s'extasiant sur leurs grâces , ces jolies poupées se regardaient déjà comme de petites femmes.

Sans doute ces jeunes enfants ne se montrent qu'un instant dans cette atmosphère chaude , dangereuse , qui décolore tant de femmes ; mais cet air que vous leur faites respirer est malsain. Ne jette-t-il pas déjà pour l'avenir quelque semence de maladie? La parure, par les tentations nouvelles qu'elle fait naîtie, développe aussi d'autres sources

d'excitation. Que de crampes d'estomac , que d'affections nerveuses ont été produites par une robe mal faite ou pour un habillement bien porté! A chaque pas, nous voyons se multiplier autour de ces jeunes personnes les causes excitantes.

11 faut des talents, et à peine viennent-elles de naître, que leurs petits doigts font résonner les touches d'un clavier ; bientôt le chant , là danse complètent cette partie de l'instruction. Quoi de plus propre à exalter leur système nerveux, que ces ébranlements voluptueux déterminés par la musique ! Un art qui a l'immense pouvoir d'agiter toute l'organisation, d'inspirer la joie, la gaîté, de remplir l'àme de mélancolie et de tristesse , de faire braver la mort , de calmer les fureurs , d'amollir et de désarmer de vils assassins, un pareil art doit avoir une influence sans borne sur des femmes grêles , délicates , nerveuses.

Que de choses nous aurions à dire sur cette éducation purement intellectuelle , où la morale n'entre que comme accessoire! son résultat doit sans doute faire obtenir à la femme des succès passagers dans le monde ; mais quelles armes lui fournira- t-elle contre ces peines de la vie domestique qui semblent naître sous ses pas?

Les spectacles secondent puissamment l'action de toutes les causes. L'illusion scénique, la peinture des passions, le choix si souvent malheureux des sujets émeuvent avec force ces jeunes esprits déjà si impressionnables. On les voit verser des larmes sur les malheurs des personnages dramatiques. Ce monde imaginaire donne l'éveil ru monde réel intérieur, et les passions* qui sommeillaiciu font acte de présence avant le temps.

Le régime des gens riches doit aussi être pris en considération : leur nouiriture, trop succulente pour eux , l'est

\é £>3'" LV MKNSTRUATÎON.

beaucoup trop pour leurs enfants. Ils clierclient souvent , il est vrai , à faire un choix sur leur table ; mais ce choix lui-même est fréquemment un élément inflammable qui imprime un cours plus rapide à ce sang déjà si difficile à contenir. Ajoutons enfin une dernière cause qui n'est pas la moins puissante de toutes, cette organisalton nerveuse , reçue des parents qui ont jeté dans le moule leurs quaUtés physiques et morales. C'est un sujet digne de toutes les méditations des médecins philosophes, que ce pouvoir de l'hérédité qui transmet aux races , sans mélange , les traits de la figure, les dispositions morales et le principe de toutes les maladies. On ne saurait assez appeler l'attention sur ce point; car l'éducation physique et morale y puisera de grands enseignements.

Ainsi se trouve mis hors de doute un fait reconnu depuis long-temps , mais qui n'avait point jusqu'alors été l'objet d'une analyse aussi rigoureuse , d'une application mathématique aussi positive. On a vu d'ailleurs que la proposition générale , telle qu'elle était énoncée partout , prise idans son ensemble , était incontestable , et qu'il était nécessaire de l'examiner sous toutes les faces. Il faut donc encore ici reconnaître l'influence de la civilisation qui, dans les grandes capitales , favorise l'apparition des règles dans certaines classes de la société. Elle n'est certainement pas la seule cause, ainsi que nous le montrerons bientôt; mais son action est réellement puissante.

Jusqu'alors nous n'avons examiné que l'âge moyen , le seul à la vérité qui nous fournisse les véritables éléments de la question ; mais nous n'en posséderions pas tous les termes , si nous ne jetions un coup-d'œil sur les époques diverses de l'apparition dans les différentes catégories que nous avons établies.

Âge de la première apparition chez les 171 femmes de la classe peu aisée.

9 ans

17 ans

IcS

fi

Total ....

Le chiffre le plus élevé est encore 15 ans ; il diffère à peine du précédent, de sorte qu'on peut dire que l'âge commun est compris entre 14 et 15 ans. La proportion des jeunes fdles réglées après ces deux époques mérite de fixer l'attention , puisque le nombre de celles qui voient leurs règles apparaître pour la première fois à 16 et 17 ans, est presqu'absolument semblable à celui des deux époques précédentes; mais, comme nous l'avons dit plus haut, c'est que , si dans les grandes capitales existent les classes privilégiées , les heureux de la terre , là se trouvent aussi les êtres qui ont le plus à se plaindre du sort , parce qu'ils ne sont pas seulement pauvres , mais encore dans des conditions de santé misérable.

Au-dessus et au-dessous des deux chiffres qui représentent le plus grand nombre des menstruations, viennent se grouper dans l'ordre que nous avons adopté pour la première catégorie :

11 ans 22 ;

Et par la seconde 16 ans 22

Ces trois derniers chiffres renferment pour principal élément les jeunes fdles dont le retard dans la menstruation a tenu aux circonstances indiquées.

Âge de ta première menstruation chez les 135 filles de la classe métis.

ans

Total

17 ans

L'âge commun reprend ici la place que les auteurs lui ont assignée, c'est-à-dire lu ans. Déjà, en effet, les mœurs , les habitudes, le genre de vie sont différents et les circonstances plus favorables. Comme dans le cas précédent , les limites d'âge entre lesquelles arrive le phénomène du flux menstruel sont fixées entre 9 et 23 ans , ce qui embrasse une période de 15 ans. Les trois nombres au-dessus et audessous de l'âge commun , qui offrent le plus de femmes înenstruées, sont :

MENSTFvUATlUIN DANS

LA CAHTALE

ans

Dans le tableau suivant , les résultats deviennent encore plus sensibles :

Age de la première apparition chez les 32 jeunes demoiselles de l'établissement de M. Bouvier.

11 ans

L'âge commun est le même que celui du tableau précédent ; mais le nombre des jeunes personnes qu'il contient est , proportion gardée , beaucoup plus considérable.

Enfin , dans les deux tableaux suivants, les résultats sont encore semblables.

Âge de la première apparition chez 53 demoiselles ou dames appartenant à r ancienne noblesse , à la finance, au commerce et à la bourgeoisie.

9 ans 1

22 Dr, LA WE^iSlKliAllOiX.

1/i. ans

Total. , ,

L'âge commun n'est plus ici précisément 14 ans, mais il se trouve compris entre 13 et 1/i. ans. Ce résultat est presqu'absolument semblable à celui que le professeur Chomel a eu la complaisance de nous communiquer, et d'après lequel il fixe la période de la menstruation chez les jeunes personnes de la haute société, entre 12 et 1 4 ans, opinion également partagée par MM. Andral et Récamier. L'âge moyen confirme encore plus l'exactitude de cette opinion ; ainsi , dans cette fraction de la société , nous ayons trouvé qu'il est de 13,660, ou de 13 ans 7 mois et quelques jours, ce qui. présente une avance de 9 mois sur l'époque de la menstruation chez les jeunes personnes de l'établissement de M. le docteur Bouvier, de 10 mois sur les femmes de la classe métis , et de 1 an et 3 mois environ sur les femmes de la classe peu aisée de la capitale ; c'est ce que va nous présenter d'une manière sommaire le tableau suivant :

Tableau de l'âge de la première menstruation.

Dans les classes pauvres 14, 842 ou 14 ans et 10 mois. ). métis 14, 402 ou 14 » et 5 « » riches 13, 660 ou 13 » et 8 «

Les limites d'âge entre lesquelles apparaît cette importante fonction chez les jeunes personnes de la classe riche, n'embrassent qu'une période de 10 ans ; mais on comprend

MENSTRUATION DANS LA CAPITALE. 2ù

qu'elles peuvent s'étendre plus loin , pai'ce qu'il n'est pas très-rare de rencontrer de jeunes demoiselles qui sont réglées plutôt ou plus tard. Cependant, comme les conditions sont assez analogues pour cette portion favorisée de la société, la période de menstruation doit être généralement plus courte.

En jetant un coup-d'œil sur les 3 nombres placés audessus et au-dessous de 13 et de ik ans, qui renferment le plus de personnes menstruées , on a :

pour

10 ans

La proportion est à peu près la même pour les deux catégories, un peu plus forte seulement pour la seconde.

Il arrive, en effet, qu'un certain nombre de ces jeunes personnes, quoique placées dans les circonstances les plus propres à hâter l'apparition des menstrues , héritent d'une constitution détériorée ou sont elles-mêmes d'une mauvaise santé; la lutte s'établit entre les agents modificateurs et l'organisation , et l'époque de la menstruation se trouve alors plus ou moins reculée.

Mais toutes choses égales d'ailleurs, le nombre des menstruations retardataires est beaucoup moins considérable dans cette portion de la société que dans les classes précédentes, et les eff'ets du retard de cette fonction sont également plus marqués dans le premier cas que dans le second

Il y a peu de jours, nous avons vu à la clinique du pro-

2/» DE LA MliNSTllLATIOX.

fesscur Clioniel deux femmes fortes, d'un tempérament sanguin, âgées l'une de 18 et l'autre de 24 ans. Toutes deux avaient été réglées à 14 ans, mais chez aucune des deux le phénomène ne s'était régularisé ; elles ne voyaient que tous les 2 ou 3 mois ; quelquefois les espaces étaient encore plus considérables. Ces deux femmes ne souffraient aucunement de cet état de choses : l'une d'elles avait seulement parfois des élourdissements , mais elles se livraient à leurs travaux ; elles étaient entrées à l'hôpital pour des accidents totalement étrangers à ce fait.

Ainsi , en résumé , la menstruation étudiée chez 359 femmes de la capitale se présente de la manière suivante ;

9 ans 5

Total ....

L'âge moyen de la première apparition est de \ 4,504 ou de 14 ans et 6 mois, différence qui tient à la réunion des trois classes. L'âge commun est de 14 ans.

En réunissant maintenant toutes les femmes observées pai^ nous et par M. Ménière , on a un total de 1,200 personnes dont la menstruation a été répartie dans les groupes suivants i

Tableau général de l'âge de la première apparition chez 1,200 femmes.

5 ans

Total 1,200

Nous allons maintenant comparer nos résultats avec ceux des cinq autres médecins qui ont cherché à résoudre par des chiffres la question de l'époque de l'apparition :

Tableau de r apparition des règles.

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