‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 16 sur 120 · MENSTRUATION PRÉMATURÉE ET TARDIVE · texte numérisé non relu

MENSTRUATION PRÉMATURÉE ET TARDIVE

d'un enfant d'un an et demi. Quelques gouttes de sang s'écoulèrent alors du vagin; deux mois plus tard, une évacuation de sang plus copieuse eut lieu ; des poils parurent au mont de Yénus, la glande mammaire augmenta de volume. A quatorze mois , puis à dix-huit , une troisième et une quatrième menstruations s'opérèrent. Parvenue à cet âge, la petite fille, qui est très-bien conformée, a 0"» 975, ou trois pieds de haut , des mamelles volumineuses , des organes génitaux très-développés et ombragés de poils ; mais elle n'offre aucun indice de penchant sexuel, et ses facultés morales ne sont pas plus prononcées que celles des autres enfants de son âge. Elle est née de parents faibles et délicats (1),

Obs. III.— Mathilde H. . . , née à la Nouvelle-Orléans, le 31 septembre 1827, de parents blancs peu fortunés, vint au monde avec des seins parfaitement développés; le mont de Vénus couvert de poils, comme une fille de 13 à 14 ans. A l'âge de trois ans ses règles parurent, et continuèrent de couler régulièrement tous les mois. Elle les avait aussi abondantes qu'une femme faite. Chaque période durait trois jours.

A l'âge de k ans, époque à laquelle l'observation fut envoyée en France, la tailleétait de 1"^150, ou de /i2 pouces et demi ; l'enfant avait les traits réguliers, le teint rose, les cheveux châtains, les yeux gris-bleu ; tout l'ensemble annonçait une belle personne. Elle était bien constituée ; ses seins avaient la grosseur d'une forte orange ; les dimensions du bassin étaient telles qu'on présumait qu'elle pourrait avoir des enfants à 8 ans. Sa santé était excellente (2).

L'existence des règles hâtives est donc un fait désormais

(1) Meckel, Arch, fiir. Annal. 1828.

(2) Obs. recueillie par J. le Beau de la Nouvelle-Orléans, Annal, d'fiygiènn, t. X, p. 18). Ce fait a été atlo-'^lé par 1rs méderins cl les autorités delà ville.

consacré; mais il faut aussi reconnaître avec M. le professeur Moreau, que ces cas sont des exceptions fort rares; le plus ordinairement , c'est un état maladif qui doit être modifié, car il surviendrait des accidents. En général, on peut dire, avec M. Ch. Londe , qu'il est vrai partout qu'une menstruation hâtive amène la faiblesse et une vieillesse prématurée.

Si l'on a vu les règles apparaître prématurément , on a également constaté que, dans quelques circonstances , elles pouvaient se montrer fort tard; telle est l'observation suivante.

Obs. IV.— Le docteur Watkins , du Hâvre-de-Grâce en Maryland , fut appelé auprès d'une femme de k2 ans , attaquée de diverses affections qui lui semblèrent être analo- .gues à celles qui se manifestent après une menstruation supprimée. Il fut surpris d'apprendre que, quoiqu'elle eût joui auparavant d'une bonne santé , et qu'elle fût mariée, ses règles n'avaient jamais paru. Après une saignée et quelques légers remèdes , e^les coulèrent pour la première fois (1).

Ce fait exceptionnel ne présente point d'application dans la pratique, mais on a remarqué que plus la menstruation tardait à se faire , sauf les exceptions que nous avons indiquées, plus elle était, en général , irrégulière. Aussi cette disposition doit-elle appeler l'attention du médecin.

(1) Tke Philadelpliia médical muséum , 1806.

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