‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 23 sur 120 · CHAPITRE ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE ill

Apparilion des règles avec ou sans syniplômes. — Recherches statistiques. — Moyenne du temps qui s'est écoulé entre les prodromes et rapparition des règles. — Tableau de la durée des prodromes jusqu'à la première apparilion. — Prodromes qui annoncent la première apparition. — Dimensions de l'utérus. — Symptômes propres aux différents systèmes. — Ordre statistique suivant lequel ils se manifestent : — Système génital, — Système nerveux , — Système circulatoire. — Appareil pulmonaire , — Appareil digestif, — Appareil tégumcntaire. — Accidents variés. — Apparition du sang. — Qualités, quantité du sang. — Conditions qui en font varier les proportions.

C'est une opinion généralement reçue , que la menstruation est un phénomène physiologique qui se montre chez la presque totalité des femmes. Les exceptions à cette loi sont, en effet, excessivement rares. Il paraîtrait donc naturel de conclure qu'une fonction qu'on regarde avec raison comme le complément de la puberté , devrait s'établir^sans orages , et, pour ainsi dire, à l'insçu de la femme. Il s'en faut cependant de beaucoup que les choses se passent ainsi. On dirait que l'économie , habituée déjà depuis long-temps à fonctionner, voit avec peine un nouveau rouage s'ajouter aux rouages déjà si compliqués qui la mettent en mouvement. Cette assertion se trouve justifiée par les faits suivants : sur 6/i5 femmes dont nous avons recueilli l'observation , 357 avaient été surprises par l'apparition des règles , les unes debout , les autres dans leur lit ; celles-ci au milieu de leurs travaux, celleslà pendant leurs exercices, leurs plaisirs ; plusieurs avaient été étonnées, effrayées; d'autres croyaient qu'elles étaient blessées.

MOYENNE Dr. LA DUKÉE DES PRODROMES. ^9.

Mais une proportion considérable , puisque le chiffre s'en élève à 228 , avaient été averties, par des accidents plus ou moins graves , de l'approche de leurs règles. La différence de ce nombre avec la section précédente est d'un peu moins de la moitié.

Le temps qui s'est écoulé entre les premiers symptômes et l'apparition des menstrues, a présenté , dans ce cas , de grandes variations et une période assez longue, car chez quelques-unes les accidents n'ont duré qu'un jour , tandis que chez les autres ils se sont prolongés k ans et li ans et demi.

L'âge moyen de 70 femmes dont les époques ont été très-bien constatées, s'est trouvé de un an et quatre mois. Voici du reste le tableau du temps définitif auquel les femmes ont été menstruées pour la première fois.

Tableau de la durée des prodromes jusqu'à la première apparition des menstrues.

Un jour. U

Trois à /i jours. 5

Huit jours. 2

Quinze jours. 2

Trois semaines, 1

Un mois. U

Six semaines. 2

Deux mois. 3

Trois mois. 1

Cinq mois. 1

Six mois. 6

Un an. 19

Deux ans. 7

Trois ans. 8

Trois à quatre ans. 2

Quatre ans. 3

Quatre ans et demi. 1

Cinq ans. 1

Total 70

Ce tableau donne lieu à plusieurs considérations importantes , et qui résultent des diverses observations qui ont servi à le former. Chez la pUipart de ces femmes, la menstruation s'est élabh'e sans médication et parlesseuls efforts

50 ni, LA MKNSTRUATION.

delà nature; nous verrons bienlôt qu'il est arrivé plusieurs fois qu'on a déterminé des états morbides , et retardé cette époque , en voulant à toutes forces la faire venir par des remèdes, en apparence judicieux. La conduite du médecin est naturellement tracée par la connaissance de ces faits; lorsque tous les organes sont sains, que les fonctions s'exécutent convenablement , il doit se borner à conseiller des mesures hygiéniques. Les symptômes n'exigeront de secours actifs, que lorsqu'il aura des craintes pour quelque partie importante. Le temps qui s'écoule entre les prodromes et l'établissement du flux menstruel étant d'un an et quelques mois , il ne faudra point se hâter , sans nécessité, de provoquer l'apparition de ce flux.

Les différents systèmes et appareils qui entrent dans l'organisation de la femme annoncent-, chacun selon son degré d'importance , l'approche des règles. 11 en est deux surtout , les organes génitaux et le système nerveux , qui sont plus fortement impressionnés que les autres.

Appareil génital. — L'utérus arrêté dans son développement, acquiert des dimensions en rapport avec la fonction qu'il va remplir , jusqu'à ce que la cessation des règles semble le ramener à ses proportions primitives.

Chez une jeune fdlede h ans, morte en 1835 à la Pitié, le vagin avait 0'"0/t7, ou 1 pouce 9 lignes de profondeur; la muqueuse vaginale offrait un grand nombre de rides transversales ; lemuseau de tanche avait la forme d'une lentille ; son ouverture, dirigée transversalement, présentait 0"'006, ou 2 lignes 1/2 de large ; la longueur du col était de 0"007 , ou 3 lignes , celle du corps de 0'"005 , ou 2 lignes , et sa largeur de 0"'007, ou 3 lignes.

Ces dimensions sont fort différentes de celles attribuées

SYMi'TÔ.UKS DES J^IFFÉUICNTS SY.STi:Mi:S. 51

par Rœderer, à la matrice delà fille nouveau-née, qui, d'après lui, a 0'"029 à O'"0o2, ou lâà 1/ilignes de longueur, et même quelquefois 0"'0/i5, ou 20 lignes. A 10 ans, son étendue longitudinale est de 0"0/il, oui pouce 1/2. Aux approches de la puberté, le corps et le col de la matrice s'accroissent et s'épaississent considérablement ; le col surtout surpasse bientôt le corps de l'organe. Voici les mesures que nous avons prises sur une jeune fdle de 18 ans, qui offrait les signes de la virginité :

Longueur totale 0'"054, ou 24 lignes.

Longueur du col 0 029 ou 13 »

Largeur, id. 0 016 ou 7 »

Épaisseur, id. 0 011 ou 5 »

Longueur du corps 0 025 ou 11 »

Largeur du fond 0 029 ou 13 »

Épaisseur, id. 0 015 ou 5 1/2

Madame Boivin, dans son Traité pratique des maladies de l'utérus, a donné les dimensions de l'organe d'une femme devenue mère ; en prenant un terme moyen dans les variations individuelles, voici celles qu'elle croit pouvoir lui assigner , et qui ont le plus grand rapport avec celles qu'on trouve dans \Anatomie descriptive du professeur Cruveilhier.

Longueur totale de Tulérus O^OGS à O^OSl, ou 2 pouces 1/2 à 3 pouces.

» du col 0 029 à 0 034, ou 13 à 15 lignes

» du corps 0 054 à » », ou 2 pouces.

Largeur du col. 0 041 à » », ou 18 lignes.

Epaisseur du corps 0 032 à » », ou 14 lignes, souvent plus.

» du col 0 018 à 0 023, ou 8 à 10 lignes.

Largeur de l'orifice. 0 014 à » », ou 6 lignes.

Poids, 4 déc. 687 , à 6 déc. 250, on 1 once li2 à 2 onces.

Ces rapports peuvent changer, e( on voit dans les I roues

52 bK LA MF^'STRtîATlON

uteri liwnani de Hœderer , que les dimensions de cet organe offrent de grandes variations individuelles, de 0"'061 , ou 2 pouces l/û à plus de 0"'081,ou3 pouces de longueur, par exemple.

Quoi qu'il en soit de l'exactitude mathématique de ces différents diamètres , il est un fait incontestable, c'est que l'utérus de la jeune fille, après avoir sommeillé pendant de longues années , ou pris très-peu d'accroissement, se développe tout à coup , et que ce changement arrive à l'instant où il va devenir le théâtre d'importantes fonctions.

Peut-être pourrait-on rattacher jusqu'à un certain point à ces changements de diamètre, les douleurs dont l'utérus est si souvent le siège aux approches de la menstruation , douleurs que les femmes désignent généralement sous le nom de coliques. Ce symptôme, un des plus fréquents parmi ceux qu'on observe dans la période des prodromes ( 82 fois) . offre deux variétés qui doivent être signalées , l'une affecte assez souvent les intestins, ce sont les coliques intestinales; elles sont ordinairement calmées par des serviettes chaudes appliquées sur le ventre, par des boissons chaudes; l'autre a son siège dans l'utérus, ce sont les véritables coliques utérines.

Ces douleurs sont quelquefois légères; dans d'autres circcmstances elles sont très-violentes. Elles peuvent être assez intenses pour faire pousser des gémissements, des cris, obliger les femmes à se plier en deux, à rester immobiles, à se rouler par terre. Elles vsont le plus fréquemment intermittentes ; dans quelques circonstances elles sont presque continuelles, mais sourdes; nous les avons vues plusieurs fois se montrer le soir.

Ces coliques peuvent se faire sentir quelques heures , quelques jours avant la première apparition. Elles peuvent

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