QUANTITÉ DU SANG MENSTRUEL
n'ont aucune maladie. M. Magendie, au contraire, a porté la quantité du sang à plusieurs livres. Dans quelques cir- 4'onstances, sans qu'il y eut maladie, beaucoup de médecins pensent aujourd'hui que Hippocrate s'est trompé, en portant si haut la quantité du sang des femmes grec- <iues. C'est aussi l'opinion de Haller (1).
On a encore cherché à apprécier la quantité suivant les pays , et , d'après ces travaux , on a imprimé qu'el's pouvait être évaluée :
DliC. DiÉC.
Eii France, de 25, 000 à 50, 000, ou ^ à 16 onces
En Espagne, à 50, 000, ou^^^lG »
Eu Hollande, de 18, 750 à 25, 000, ou 6 à 8 >5
On est tout d'abord étonné que de pareilles rechei^ elles aient pu être entreprises. Les femmes sur lesquelles on a le plus d'empire, et qui sont le plus favorablement disposées, ne se prêtent qu'avec beaucoup de répugnance aux expériences qui nécessitent la solution de cette question. Suivez avec soin ce mode d'écoulement ; il y aura des jours où il marquera à peipe ; dans ceux où il sera le plus abondant, il aura des intermittences bien marquées qui se répéteront plusieurs fois dans les 24 heures. Ces phénomènes s'observent pendant plusieurs jours. Pour obtenir une quantité convenable, il faudra que la femme reste des heures entières couchée sur un canapé, un spéculum bien adapté, hermétiquement fermé par une de ses extrémités , ou bien coulant dans un petit vase. Quelle est la femme qui se soumettra à une gêne aussi grande ? La quanlilé du premier jour n'esl pas celle du second, et ainsi de suile.
Tl y a d'ailleurs des femmes Irès-bien portantes, qui
{]) Uiillcr, /■;/(•)». p/ii/s.,\. W, p. H; lib. WIIl, JAA.
70 ~ nii LA JiEKSMilj'ATlON.
marqueiil à peine leur linge , tandis que d'autres , dans les mêmes conditions de santé , ont de véritables pertes, sans que la matrice, examinée avec le plus grand soin, oflre la moindre trace de maladie.
Si de pareilles recherches étaient posssibles, il faudrait constater quelle est la quantité du sang chez les femmes des villes et des campagnes , chez les femmes fortes et faibles , chez celles enfin qui offrent les attributs des différents tempéraments. Quant à la quantité du sang , évaluée d'une manière générale , on a trouvé que la femme qui perdrait 5 onces, ou 15,625 déc. chaque fois tous les trente jours, pendant trente ans, aurait fourni dans cet espace de temps , 56 kil. , ou cent douze livres.
Si Ton ne prend les précautions indiquées plus haut, le sang est mélangé à une proportion notable de mucus utérin et vaginal , et dès-lors l'évaluation n'est plus exacte. La quantité du sang varie plusieurs fois dans la journée; abondant la nuit, il coule le matin en plus grande quantité, s'arrête , puis à diiférentes reprises se montre avec assez de force pour que les femmes le sentent couler; ce qu'elles expriment souvent en disant : 0!i ! comme mes règles vont. Le soir il est moins abondant. Difîerentes causes peuvent l'augmenter, le diminuer ou l'arrêter; c'est ainsi, par exemple, que le travail de la digestion immédiatement après le repas , les fait cesser pendant quelques instants et même quelques heures. La mesure d'une femme n'est plus celle d'une autre, et, sous ce rapport , les variétés individuelles sont innombi ables. La quantité du sang chez la même femme , malgré l'opinion de Désormeaux , varie d'époque à époque. Ainsi il y a des mois où l'écoulement est plus abondant que d'autres, sans qu on puisse en savoir la rause,