‹ De la menstruation, considérée dans ses rapports physiologiques et pathologiquesChapitre 30 sur 120 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Cours régulier, irrégulier inoiuenlanémeHl , irrégulier toujours. — Recherches stulisliques. — Age commun de 122 femmes qui, après avoir été irrégulièremeut menstruées , ont été définitivement réglées. — Observation de règles long-temps irrégulières. — Age moyen. — Divisions de l'irrégularité : 4 sections. — Femmes toujours irrégulièrement menstruées. — Observations diverses. — Observation suivie d'autopsie d'une menstruation long-temps irrégulière, et qui a persisté jusqu'à l'âge de 72 ans. — Résuméo

Lorsque les règles ont paru pour la première l'ois , il peut arriver que leur cours périodique ne s'arrête plus qu'au mooient de la cessation ; mais il peut aussi se faire qu'elles oscillent , se suspendent , reparaissent à des intervalles inégaux, jusqu'à ce qu'elles se régularisent ; ou bien, enfui, elles peuvent toujours couler d'une manière irrégulière. Pour bien apprécier la force respective de ces trois sections, il fallait recueillir avec soin des observations, faire de la statistique, qui seule peut éclairer toutes les questions de cette espèce ; c'est aussi la marche que nous avons suivie, bien persuadé que nous étions dans la véritable route.

65/t femmes nous ont fourni les matériaux de ces recherches ; sur ce nombre , /il2 ont été réglées régulièrement dès la première apparition , c'est-à-dire environ les deux tiers ; 2/i2 ont été dès les commencements irrégulièrement menstruées ; mais les règles ont fini par prendre leur cours régulier chez 178 ; elles sont toujours restées irrégulières chez 65. Sur les 178 femmes, l'époque de la menstruation définitive a pu être parfaitement connue dans 122 cas.

KECIIEUCIIES STATISTIQUES. 73

Tableau de L'cuje commun des l^^ femmes qui, ayant été irrégiUièrement menslriiées après la première apparition , ont fini par être définitivement réglées après un temps plus ou moins long.

l mois 2 semaines

an 6

mois

2 à 3 mois

mois

3 mois

5 à 6 mois

6 mois

1 an

1 » ^ mois

Les époques comprises entre la première apparition et sou établissement définitif présentent des différences considérables, puisqu'elles sont renfermées entre six semaines et onze ans.

Deux de ces observations ne sont pas sans intérêt , à raison du long espace de temps qui s'est écoulé.

Obs. X. — Une jeune demoiselle est réglée pour la première fois à neuf ans. A partir de ce moment , il se manilesle des accidents chlorotiques qui continuent et augmenlent à quatorze ans. Pendant cet intervalle , les règles se inonlrenl à des époques éloignées. 11 se déclare une anorexie <,'l une diarrhée (pii durent dix-liuit mois. A seize ans. ces accidcnis sonl remplacés par un légorécoulenienl en blanc.

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précédé de coliques Ircs-violentes , par des étourdissements, des vertiges, de la langueur, de la pesanteur dans les cuisses , de la toux et des indices de phthisie. A vingt ans, cette jeune demoiselle est régulièrement menslruée, et la santé devient très-bonne. Onze ans se sont écoulés jusqu'à l'accomplissement parfait de cette fonction.

Obs. XI. — Le second fait est relatif à «ne femme réglée pour la première fois à dix-sept ans, sans avoir été avertie par aucun signe ^ et présentant tous les attributs d'une ^cellente santé. Malgré ces conditions favorables , les menstrues n'ont coulé que d'une manière irrégulière , laissant souvent , d'une époque à l'autre, quatre à cinq mois de distance. A l'âge de vingt-sept ans , elle a eu son premier enfant , et depuis , ses menstrues se sont montrées régulièrement. L'intervalle a été de dix ans.

Si l'on en excepte ces deux observations, le terme le plus long de la menstruation définitive n'a pas dépassé six ans, «t les époques les plus ordinaires ont été six mois ^ un aa et deux ans.

L'âge moyen du temps définitif de la menstruation chez les 122 femmes , dont les limites ont été bien déterminées , à l'exception des deux faits précédents , n'est plus que d'un an et six mois.

Il n'est peut-être point inutile d'entrer dans des détails plus circonstanciés sur les diverses époques que l'irrégularité a plus spécialement affectées ; mais ici plusieurs catégories doivent être établies : 1° les règles sont toujours venuesirrégulièrement jusqu'au moment où eUes sont rentrées dans l'état normal ; 2° elles sont d'abord venues régulièrement, puis elles ont complètement manqué un certain laps de temps ; 3° elles ont d'abord paru une fois , puis elle& miil complètement cessé pendant un teiups plus ou moins

UECUERCHES STATISTIQUES. 75

long ; [i° elles n'ont été régularisées que par le mariage , la grossesse , raccouchemeut, etc.

1"'' série. — Les faits qui la composent sont au nombre de soixante- sept.

Dans trois de ces cas, les règles se montrèrent tous les jours pendant un an, consistant quelquefois en une véritable perte, et cependant les femmes ne furent point malades et ne se sentirent jamais faibles.

Dans un quatrième cas , les hémorrhagies se montrèrent d'une manière irrégulière aux époques , et durèrent plusieurs années.

1 1 fois les époques eurent lieu tous les huit et quinze jours. Cette irrégularité persista une fois , pendant plusieurs années , tous les huit jours ; la santé de la jeune fille n'eu fut point altérée.

17 fois l'écoulement apparut tous les dix, quinze jours ou trois semaines, laissant quelquefois des intervalles de deux, trois et quatre mois. Dans six] cas, ce phénomène morbide persista un , deux et quatre ans , sans aucun désordre de la santé, chez deux sujets. 1 fois le flux menstruel se montra très-abondant un mois, moindre le second , et nul le troisième. Cette disposition persista près d'une année.

9 fois les règles apparurent tous les" deux ou trois mois ; dans trois circonstances, pendant deux ans', et dans deux autres, pendant quatre ans.

7 fois les menstrues revinrent tous les cinq , six , sept

semaines ; 1 fois tous les un , deux et trois mois ; 1 lois tous les six semaines, deux mois et trois mois; 1 Ibis elles se montrèrent à des intervalles de un, deux cl cinq mois.

7C DE LA MENSTIUJATION.

On ne peut , d'après ce tableau , rien établir de positif sur les symptômes de l'irrégularité ; mais il est constant que si la menstruation irrégulière est quelquefois le point de départ des maladies de l'utérus, dans un grand nom-bre de cas , une médication éclairée suffit pour prévenir les accidents. Il ne faut pas non plus perdre de vue que le rétablissement de l'état normal est souvent dû aux seuls elForts de la nature , qui , dans cette circonstance comme dans beaucoup d'autres , fait seule les frais de la cure.

2^ série. — Elle comprend onze faits. Les règles , après avoir paru régulièrement deux , trois , quatre et six mois , ont manqué complètement deux, trois, quatre et six mois , un , quatre et six ans. Les deux derniers faits présentent quelques particularités intéressantes.

Obs. XIL — Bourard , domestique , d'une constitution moyenne , d'un tempérament bilieux , fut réglée pour la première fois à quinze ans. Pendant quatre mois, les menstrues se montrèrent régulières, puis elles cessèrent entièrement durant quatre années. La santé se ressentit de cette longue interruption : B. . . devint pâle , sa respiralion était courte ; elle toussait souvent , les jambes enilaient de temps en temps. A dix-neuf ans , les accidents cessèrent avec le retour des règles ; mais , quelques années après , les symptômes de la phthisîe pulmonaire se sont manifestés.

Obs. Xin. — Robin , forte et sanguine , fut menstruéo pour la première fois à quatorze ans. Après deux époques , le sang ne reparut plus jusqu'à l'âge de vingt ans. Pendant toute cette période de temps , elle eut des étourdîssements , de l'oppression ; elle se sentait comme étouffée. On la saigna plusieurs fois et on lui fit prendre une grande ïjnantité de remèdes . sans qu'elle en rofii ât aucun avan..

REr-llERCIIKS STATISTIQUES. 77

tage; elle les cessa entièrement, et, au bout de quelques années, les menstrues revinrent d'elles-mêmes. A quarante-deux ans, la santé de cette femme n'avait point subi de graves atteintes.

3' série. — Quarante-deux observations lui appartiennent. Les menstrues , après s'être montrées une fois , ont cessé 2 . fois pendant deux mois

6 fois

trois mois

h fois

quatre mois

1 fois

quatre à cinq mois

3 fois

six mois

2 fois

huit mois

1 fois

neuf mois

2 fois

onze mois

12 fois

un an et quatre mois

1 fois

un an et cinq mois

3 fois

un an et demi

3 fois

deux ans

1 fois

trois ans

1 fois

cinq ans

Dans plusieurs circonstances , et notamment chez de jeunes fdlesqui ne les avaient plus depuis un an, elles ont reparu sans qu'on eût fait aucun remède pour les rappeler.

IV" série. — Dix fois les menstrues n'ont été régularisées que par le mariage , la grossesse et l'accouchement.

La conséquence qui se présente naturellement à l'esprit, c'est que l'interruption des époques menstruelles, leur irrégularité depuis la première apparition jusqu'à l'établissement définitif, ne doivent point inspirer d'inquiétudes lors([u'elles ne s'associent pas à une organisation

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défectueuse, souffrante, à des antécédents fâclienx. Quant aux lois que subit l'irrégularité , si une pareille expression était permise, elles n'offrent rien de stable, de fixe, ainsi que nous en avons déjà fait la remarque. Il y aurait peutêtre une exception à faire pour les jeunes filles qui sont réglées de très-bonne heure ; chez un grand nombre d'entre elles , ce phénomène prématuré est suivi d'une longue interruption dans le retour des menstrues ; fort souvent une année , et quelquefois même un temps plus long encore, s'écoule avant qiie le sang ne se montre de nouveau.

Nous avons vu que, sur les 654 femmes dont nous avions étudié la régularité ou l'irrégularité de la fonction , 65 , un peu plus du dixième, n'avaient jamais été menstruées d'une manière régulière , soit que l'écoulement se fît à des intervalles plus ou moins éloignés , soit qu'il fût abondant , médiocre , à peine sensible , très-coloré , pâle ou comme de l'eau rousse. Cette proportion assez considérable le devient beaucoup moins , si l'on en retranche les femmes qui ne se sont jamais plaintes de cette anomalie , parce qu'elles n'en souffraient pas , et dont le nombre est environ du tiers. C'est dans l'autre portion que se trouvent les jeunes filles et les femmes scrofuleuses , lymphatiques , rachitiques , celles qui sont nées de parents atteints de maladies organiques ou qui présentent elles-mêmes le germe de ces affections , en un mot , la plupart des femmes qui subissent les conséquences d'une mauvaise organisation.

Parmi les faits nombreux qui ont servi de matériaux à ce chapitre , il en est plusieurs dont nous allons donner un extrait.

Obs. XIV. — Une femme de soixante ans entre en 1835 dans le service de M. Clément , à la Pitié , pour une légère

RECllEReiirS STATISTIQUES. 7&

indisposition. Cette femme, née à la campagne , avait toujours joui d'une bonne santé ; sa constitution était forte , son tempérament lymphatico-sanguin , sa taille moyenne , et ses cheveux de couleur châtain. Menstruée pour la première fois à onze ans, sans s'en apercevoir, elle remarqua que, pendant quatre années, ses règles furent irréguUères ; elles se montraient au bout de deux ou de trois mois , cessaient brusquement , coulaient peu ; mais elle ne souffrait aucunement de cet état, et se livrait à ses travaux journaliers sans la moindre fatigue. A quinze ans elle fut définitivement réglée , et , depuis cette époque , elle n'eut d'autres interruptions que celles occasionées par la grossesse et l'allaitement. La régularité et la persistance de la fonction furent constatées sous nos yeux; il y avait^ par conséquent ,, quarante-neuf ans que durait le flux périodique.

Obs.XY. — Gandebois, âgée de trente-sept ans, blanchisseuse, née àPassy, est entrée le 2/i octobre 18â7 à l'Hôtel- Dieu, service de M. Magendie, pour un engorgement du col. Elle est forte, brune, sanguine, de taille moyenne. Surprise à onze ans par l'apparition du flux menstruel , qui lui cause une vive frayeur, cet écoulement se suspend entièrement pendant deux ans , el cette période est marquée par des indispositions, un état maladif. La tête se couvre d'une éruption pustuleuse; Gandebois éprouve de grandsmaux de gorge ; l'estomac est également souffrant ; elle à de l'anorexie, des nausées, des vomissements; il lui survient des glandes au cou. A treize ans , les menstrues re- * paraissent et s'étabhssent d'une manière définitive ; tons les accidents morbides cessent, et la sanlé devient excellente jusqu'à l'époque où elle met au monde plusieurs enfants.

80 TE L\ MKNSTUUATION.

Les exemples de règles suspendues pendant un an ou deux ans , et même plus long-temps encore , après leur première apparition, ne sont pas très- rares; si la santé en souffre quelquefois , dans d'autres cas elle ne paraît nullement altérée.

Obs. XYI. — M"e A , âgée aujourd'hui de quatorze

ans , parfaitement bien constituée , d'un tempérament lymphatico-sanguin , très-nerveuse , a été réglée pour la première fois à neuf ans; depuis ce moment, aucun écoulement n'a reparu ; l'état de mademoiselle n'en a point été modifié. La menstruation s'est montrée pour la seconde fois à treize ans , et elle s'est alors immédiatement régularisée.

Obs. XYIL — Nolle, âgée de cinquante-huit ans , née à Paris , 011 elle exerce la profession d'herboriste', est reçue dans le service de M. Magendie, le 30 octobre 1837. Son tempérament est sanguin, sa constitution forte, quoique maigre , sa taille petite et ses cheveux châtains. Elle a commencé à être réglée à treize ans , et, pendant cinq années, le flux n'a'plus reparu que de loin en loin. Durant cette période elle a eu des éruptions fréquentes et parfois du délire; sa raison s'égarait , elle répondait d'une manière incohérente, ne pouvait soutenir une conversation , puis tout rentrait dans l'ordre. La fonction se régularise à dix-huit ans ; les malaises, les indispositions cessent, et la santé se conserve intacte pendant sept années.

L'irrégularité de la menstruation peut donner Heu à des accidents fort variés. Ainsi l'on voit des femmes dont la santé reste toujours débile ; il en est d'autres qui sont sujettes à des symptômes inquiétants , à des maladies plus ou moins graves.

Obs. XYIIL — Dufresne, forte, colorée, d'une taille

RRCHKFK.HF.S STATISTIQUES. 81

moyenne , est menstrnée à onze ans pour la première fois. Pendant six mois elle voit tous les qninze jours, trois semaines, et reste ensuite deux années sans avoir ses règles ; sa santé se ressent de ce long retard , elle est continuellement assoupie , sa figure est souvent le siège de chaleurs, de feux ; elle éprouve des étouifements , et de temps en temps elle a des crachements de sang assez abondants; on lui pratique plusieurs saignées de pied. Les règles reparaissent ensuite , mais elles sont toujours irrégulières ; deux fois, sous l'influence d'agents physiques, elles se suppriment et donnent heu à des crachements de sang et à des rhumatismes articulaires.

Lorsqu'il existe de l'irrégularité dans les règles , il faut explorer avec l'attention la plus scrupuleuse l'état des organes; les poumons et les parties sexuelles exigent surtout un examen minutieux. Si l'exploration ne révèle aucun désordre, aucun vice dans l'organisation , le pronostic" n'est point défavorable ; mais lorsque les femmes approchent du temps critique, il faut leur recommander une grande prudence et l'observation des lois de l'hygiène.

Nous terminerons ces observations par deux faits curieux, dont l'un nous a été communiqué par M. le docteur Bouvier.

Obs. XIX. — Apparition des règles à vingt-quatre ans; longue irrégularité de cette f motion ; persistance de l'écoulement jusqu'à l'âge de soixante-douze ans; mort; intégrité des organes génitaux.

Meiie ^jg \v. . . , d'un tempérament lymphatique , d'une constitution délicate , ne fut réglée qu'à vingt-quatre ans. A cette époque sa taille commença à se déformer, du moins d'après le rapport de ses parents; car suivant d'autres renseignements . elle n'aurait commencé à se dévier

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qu'à quarante-cinq ans. Cette (JemoiSelle prétendait que ce n'était qu'à partir de ce moment que sa santé, jusqu'alors assez bonne , s'était altérée , et qu'elle était devenue tout-à-fait inlirme. Quoi qu'il en soit, elle put cependant continuer à se livrer à ses occupations habituelles jusqu'à une époque fort avancée de son existence , puisqu'elle avait soixante-dix ans lorsqu'elle fut admise à rhospice de La Bochefoucauld. Pendant les deux ans qu'elle passa dans cet établissement , on remarqua avec surprise qu'elle était régulièrement réglée ; aussi fut-elle, de*lapart du médecin, des sœurs et des différentes personnes de la maison , l'objet d'un examen attentif. Chaque mois les menstrues se montraient pendant plusieurs jours, et coulaient plus ou moins, mais assez pour laisser des signes sensibles de leur arrivée. Cette demoiselle , ayant succombé en aoiit 1837, nous fîmes l'autopsie des organes génitaux,le22 du même mois, conjointement avec M. le docteur Bouvier. L'étendue du clitoris à la fourchette est d'un pouce et huit lignes, ou 0* 0/t5. En écartant les grandes lèvres, qui sont médiocrement développées, on aperçoit la membrane hymen formant une espèce de diaphragme dont l'ouverture étroite est située à la partie supérieure. L'intérieur du vagin présente les rides transversales qu'on observe chez les jeunes fdles vierges. Le col est mou; les deux lèvres font à peine saillie; elles n'offrent à l'intérieur aucune coloration morbide , seulement on distingue une très-petite ecchymose noirâtre sur la lèvre inférieure. L'ouverture est transversale , à peine sensible au toucher, et a une étendue de trois lignes, ou 0'"007. A l'extérieur, le corps présente un diamètre longitudinal de douze lignes, ou 0'"027, et un diamètre transversal de quinze hgnes , ou 0"' 034. La longueur, du col est de dix-huit lignes, ou 0"0/iL Fendue dans sa longueui, la

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matrice offre dans l'inlérieur du col un conduit qui laisse à peine pénétrer une sonde de très-petit calibre. Ce canal est tapissé par une membrane lisse , blanchâtre , et parfaitement saine.

A la réunion du corps avec l'orifice interne du col , on aperçoit un petit corps brunâtre , d'apparence muqueuse, de la grosseur d'une tête d'épingle flottant dans la cavité ; l'intérieur du corps est lisse, blanchâtre, et sans altération morbide. Vers la partie supérieure , et surtout au\ angles , on distingue de petits mamelonnements et de petites saillies semblables à celles qu'on observe souvent sur les membranes muqueuses. Les trompes sont saines, et leur cavité est assez distendue pour permettre l'entrée d'un fort stilet ; avec uii fil d'argent on arrive jusque dans l'intérieur de la matrice. Les ovaires sont développés comme chez une jeune fille de quinze à seize ans ; seulement celui du côté droit est le siège d'un petit kyste.

Il nous importait de savoir si cette menstruation , qui avait paru jusqu'aux derniers moments de la vie, avait persisté pendant une aussi longue période sans interruption , ou si elle s'était montrée de nouveau après l'âge critique , comme nous en rapporterons plusieurs exemples. Les renseignements que nous prîmes ne nous laissèrent aucune incertitude ; l'écoulement menstruel , quoique fort long-temps irrégulier, n'avait jamais été interrompu , et aucun phénomène de ce genre n'avait signalé la ménopause. Quant aux deux opinions différentes émises sur la déviation , elles nous paraissent s'expliquer facilement. Ainsi, selon toutes les probabilités, les premiers symptômes de la difformité de l'épine se manifestèrent à l'époque de l'apparition ; ce qui est la règle la plus ordinaire, comme l'ont prouvé les beaux travaux de MM. Jules Guérin et

8;» DK L\ llt:NStRllATi(m

Bouvier. Vers le temps critique , il se fit un nouveau travail morbide dans cette région, (^hez notre malade le désordre avait porté sur la portion lombaire de la colonne, qui avait subi une déviation droite.

Cette observation est remarquable à plus d'un titre. Eu effet, la menstruation ne se montre qu'à un âge très-avancé; pendant de longues années elle ne paraît qu'à des intervalles plus ou moins éloignés ; elle finit par se régulariser, et pendant les deux dernières années de sa vie , son retour périodique est constaté d'une manière authentique. L'âge critique arrive à son tour ; et si son influence se fait sentir sur la santé générale , elle est nulle sur la fonction périodique, qui se prolonge sans interruption pendant quarantehuit ans. Mais à quoi tiennent donc cette longue irrégularité des menstrues , cette persistance du flux menstruel ? Evidemment elles ne se rattachent point aux organes génitaux; car ceux-ci étaient parfaitement sains , et leur examen nous a seutement révélé l'existence d'un petit kyste , incolore, de la grosseur d'une noisette, qui occupait une partie de l'ovaire droit ; certes , il faudrait se refuser aux plus simples notions, pour admettre qu'une pareille lésion puisse avoir une influence marquée sur les règles. Tous les jours on rencontre des kystes des ovaires sans désordre de la menstruation. D'ailleurs, le cours du sang était ici régulier, et cela ne serait point arrivé , s'il y eût eu un véritable état pathologique. Notons encore que le développement des organes génitaux était celui d'une jeune fille de quinze à dix -huit ans.

Nous pouvons rapprocher jusqu'à un certain point l'observation suivante de la précédente.

Obs. XX. — Je fus appelé, dit le docteur Colliez, pour donner des soins à unefennne de soixante-quinze ans. Eu

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