CANCER
avant 20 ans
de 20 à 30
Ce résumé établit que dans les vingt premières années de la vie , le cancer des parties sexuelles est inconnu , et que les maladies de ces mêmes organes sont extrêmement très-rares , tandis que de 20 à 30 ans , les maladies sexuelles sont nombreuses , et le chiffre du cancer peu élevé ; de 30 à 40 , le chiffre augmente beaucoup , il est à son maximum de 40 à 50 ans, qui est aussi la période décennale du temps critique ; dans les périodes suivantes il est encore très-fort, à tel point, que, 'de 70 à 80 ans, cette affection est d'un sur cinq maladies sexuelles.
Pour compléter cette partie du travail de M. Tanchou, nous avons cherché si ces maladies se développaient longtemps après la période critique ; quoique l'observation démontre l'exactitude de ce fait, il est incontestable que,
INFLUENCE DU TEMPS CRITIQUE SUR LES MALADIES. kk5
dans le plus grand nombre de cas , le point de départ de l'affection cancéreuse se rattache au temps critique.
Il est curieux de rapprocher de cette opinion du docleur Tanchou , celle de Siébold (1). En 1823, dit ce professeur, il mourut à Berlin 23 pesonnes affectées du cancer, dont 3 hommes et 20 femmes;
En 1824, kO, dont 3 hommes et 37 femmes;
En 1825, 57, dont 9 hommes et 48 femmes; parmi ce nombre il y eut 35 cancers de l'utérus, 7 de l'estomac , 2 de la langue.
En 1826, il en rnooriiî 74, dont 15 hommes et 59 femmes ; parmi ce nombre , il y eut 40 cancers de l'utérus, 11 de l'estomac, 9 du sein , 2 de l'intestin, 4 de la face.
L'accroissement de la population , l'étude plus approtondie des maladies , doivent sans doute être prises eo considération ; mais il ne nous paraît pas moins démontré que les affections cancéreuses sont aujourd'hui plus communes qu'autrefois. A quoi cette disposition peut-elle tenir? à des causes fort complexes, et que leur étendue ne nous permet pas de développer ici : voici cependant celles qui ont une véritable influence : les suites de couches, les tentatives d'avortement, les rapprochements sexuels trop répétés , la masturbation , la disproportion des orçanes, les actes multipliés de libertinage, et l'in- Ouence du temps critique.
Les conclusions à tirer de ces faits sont les suivantes :
Les affections organiques de l'utérus sont fort comiiîunes parmi les femmes ; mais suivant les périodes où on les examine , elles se montrent sous des aspects fort difféî ents : ainsi , tandis qu'elles sont surtout inflammatoires ( aiguës ou chroniques ) dans la période essentiellement
H) Journal de Siébold, ï. VU.
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active , elles sont principalement cancéreuses au temps de la cessation.
Beaucoup de squirrhes et de cancers se déclarent au moment même de la cessation , sans avoir été annoncés par aucun symptôme; mais il en est aussi qui remontent à une époque plus éloignée , qui se rattachent aux accouchements , et même à la première menstruation. L'affection cancéreuse de l'utérus peut se manifester plusieurs années après la cessation , mais il n'est point certain que dans ce cas même il n'en faille rechercher la cause , jusqu'au temps critique.
Les corps fibreux de l'utérus ( polypes ) se montrent aussi fréquemment à la cessation des règles , soit qu'ils apparaissent pour la première fois , soit que la révolution de cet âge leur imprime une nouvelle impulsion morbide.
Quant à l'influence des maladies de l'utérus sur la mortalité des femmes de 40 à 50 ans , on peut dire , d'une manière générale mais certaine , qu'elle entre pour une forte proportion dans ce triste résultat.
En dernière analyse , la ménopause se termine favorablement dans le plus grand nombre de cas, et il arrive même que lorsque la santé est faible et délicate , elle se fortifie et devient excellente ; mais il faut aussi reconnaître que la ménopause est la source d'une multitude d'indispositions, et qu'elle occasione souvent les maladies et la mort.
Dupuytren , qui avait beaucoup étudié l'influence des âges sur les maladies sexuelles, dit dans ses leçons (1) , qu'un dixième environ des femmes malades , depuis l'âge de liO ans jusqu'à 60, succombe à des affections des ovaires , de la matrice ou de son col : sur ce nombre , beaucoup sont enlevées par des affections du col ou du museau de tanche.
(1) Leçons orales,T.\y, p. 373, 2« é(ii!io!i.