INFLUENCE DES RÈGLES SUR LES MALADIES CHIRURGICALES. U
d'abord une large saignée au bras, un bain tiède fut donné, et quelques jours après on établit un séton au cou. 11 n'y eut aucune amélioration. La malade s'aperçut, pour la première fois, que lorsqu'elle fermait l'œil droit, elle ne voyait avec l'autre œil que la moitié du corps qu'on lui présentait. En regardant avec les deux yeux elle distinguait les objets dans toute leur étendue , mais d'une manière confuse.
Comme les règles étaient supprimées depuis neuf mois , M. Dupuytren prescrivit l'application de trois ou quatre sangsues aux parties génitales, et d'un bain de vapeur vers le siège. Après l'emploi , deux fois répété , de cette médication , les règles coulèrent en abondance pendant quatre jours. Dès l'instant où elles eurent paru , les maux de tête cessèrent complètement , la vue éprouva une amélioration sensible , la malade put apercevoir les objets en entier, distinguer les caractères d'imprimerie même assez fins, enfiler les aiguilles , et se livrer à tous lG&;q|fvrages de femme. La malade sortit parfaitement guérie le 3 mars 1833 (1).
On lit dans les leçons orales de M. Dupuytren, qu'une jeune fille , d'un village du département de la Meuse, atteinte d'un goitre volumineux, voyait cette tumeur augmenter de volume à l'époque de ses règles, qui avaient lieu deux fois par mois, pendant trois ou quatre jours chaque fois (2). Nous reviendrons sur ce sujet en parlant de l'influence des maladies chirm^gicales sur les règles.
(1) Observation recueillie par M. Brun.
(2) Leçons orales de clinique chirurgicale , faites à l'Hôtel-Dieu par M. Du» puylrcn. Deuxième édition. 1840.