‹ De la menstruation en pathologie oculaireChapitre 20 sur 32 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Glaucome aigu à la ménopause.

Mme Caroline S...... est âgée de 45 ans. Sa mère est morte d’une maladie de cœur (hypertrophie) ; son père est mort d'une maladie de foie. Elle n'a jamais été malade. É

Elle a eu ses premières règles à dix ans et demi, elle a toujours été bien réglée depuis, quoique peu abondamment. Ses dernières règles ont eu lieu fin novembre ; depuis elle a eu quelques pertes blanches. Souvent des céphalalgies et des vertiges.

L'époque de ses dernières règles est passée depuis dix

jours environ ; les phénomènes nerveux ont pris une plus grande intensité depuis ce moment.

Le 8 janvier 1892, l'œil droit rougit dans l’après-midi, douleurs péri-orbitaires assez intenses la forçant au repos.

Le 9 janvier, consultation chez un oéuliste qui ne prescrit que des compresses boriquées. Ë

Le 10, au réveil, douleurs atroces dans l'œil et la tête ; fièvre intense.

Le 12, l’oculiste qui a déjà vu la malade diagnostique un glaucome qu’il traite par un collyre à l’ésérine. Soulagement marqué.

Le 14janvier, la malade se présente à la consultation des Quinze-Vingts.

Sa vision est presque nulle ; elle voit seulement les doigts à 25 centimètres. Ses couleurs sont moindres. A l’ophthalmoscope, fond de l’œil inéclairable.

L'’œil est très dur. Nous prenons le champ visuel qui nous montre un rétrécissement assez marqué du côté nasal. On continue le collyre à l’ésérine.

La malade revient le 19 janvier, allant beaucoup mieux.

Le 23, plus de douleurs, tension de l'œil droit normale.

Le 26, la malade est complètement guérie. Nous ne la revoyons plus.

Dans ce cas, nous nous demandons si cette attaque de glaucome ne serait pas sous la dépendance de Phypertension vasculaire qui est le fait de la ménopause. Il nous parait bien vraisemblable qu’il y ait une relation de cause à effet entre la poussée plaucomateuse de l'œil droit, c’est-à-dire l'hypertension oculaire et l'hypertension intra-vasculaire née de la suppression de cette saignée périodique déversant mensuellement hors de l’or-

ganisme féminin une quantité de sang souvent considérable.

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