‹ De la menstruation en pathologie oculaireChapitre 5 sur 32 · DIVISION. — GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

DIVISION. — GÉNÉRALITÉS

La menstruation est, sanscontredit, une des causes Îles plus importantes des troubles de la santé générale de la femme. Soit que ce flux tende à s'établir ou qu’une fois établi il se reproduise mensuellement, soit qu’au contraire il doive, à un âge plus ou moinsavancé, se supprimer définitivement, il met l’organisme féminin dans un état marqué d'infériorité qui le rend éminemment apte à ressentir les influences extérieures. La femme offre alors une bien moindre résistance, une fragilité plus grande, et l’on conçoit que des agents morbides quelconques, à la faveur de cette perturbation physiologique, puissent l’impressionner fâcheusement. Si, au contraire, la menstruation n'est pas régulière, si elle est entravée dans son apparition ou si elle est chroniquement supprimée, c’est-à-dire s’il y a aménorrhée ou dysménorrhée, l'organisme la réclame et souffre tant qu'il ne paie pas à la nature sontribut mensuel. Une cause quelconque vient: elle à supprimer brusquement l'écoulement menstruel, on voit alors souvent des troubles graves éclater et menacer la santé de la femme. Que le flux menstruel soit au contraire trop abondant et qu’il y ait une véritable métrorrhagie, cette perte sanguine ne passera pas inaperçue et l'organisme en souffrira d'autant plus que

la quantité de sang dont il a été privé aura été plus

considérable.

Or il arrive souvent, pour ne pas dire toujours, que la menstruation normale ou anormale, au lieu de troubler la santé générale de la femme, localise pour ainsi dire son retentissement sur un seul organe. Et alors, chez le

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même sujet, c'est toujours le même organe qui est troublé, qui est malade dans les parties quile constituent ou dans Îa fonction qu’il remplit. Ceci est surtout vrai pour l’œil et nous nous proposons d'étudier successivement les troubles oculaires causés :

1° par la menstruation normale, à la puberté, dans Île cours de la vie sexuelle, à la ménopause.

2° par la menstruation anormale, aménorrhée et dysménorrhée, cessation brusque des règles et ménorrhagie.

Préalablement, nous voudrions pouvoir dire quelques mots du mécanisme par lequel l'appareil génital fait ainsi subir à un organe aussi éloigné que l'organe de la vision des dommages dont la menstruation est la seule cause. Sur ce point, nous devons constater le silence de beaucoup d'auteurs et le peu de valeur des arguments donnés par beaucoup d’autres.

Il nous semble cependant que l’on peut exliquer le pourquot et le comment de cette action de l'utérus sur l’œil. Deux cas se présentent : ou l'œil est antérieurement malade ou il est complètement sain.

L'œil malade est pour nous un locus minoris resistantiæ voué de par sa fragilité même et sa morbidité à servir de cible aux perturbations qui viennent affliger l’organisme. Et dans cet ordre d'idées, nous citons les poussées menstruelles de dacryocystite, d’orgelet, de conjonctivite scrofuleuse, d’iritis, etc..

Mais les troubles de l'œil sain de cause menstruelle sont moins aisés à expliquer.

Nous ferons remarquer avec Roehrig et avec Cohn la façon dont l'appareil génital féminin est relié au systeme nerveux. La communication des organes sexuels d’une part avec les rameaux nerveux de larégion lombaire inférieure, d'autre part avec le sympathique, fait supposer à priori, dit Beigel, qu’une excitation minime peut être suf-

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