IV. —- PROCÉDÉ PRÉCONISÉ
Pour mesurer la déviation d’un strabique, d'une façon exacte, sans qu'il y ait de correction à faire, voici le procédé que nous proposons.
On effectuera deux mensurations : la première en convergence, la seconde après atropinisation.
Pour la première, en convergence, l'œil dévié sera placé au centre du périmètre, et l’œil de l’observateur qui le vise sera au sommet de l'instrument. L’œil non dévié regardera et fixera l'index que l'observateur promènera le long de l'arc périmétrique. Quand le reflet de la bougie (qui est fixe sur la ligne OS) montrera que le centre de la pupille de l'œil dévié est bien en face du zéro, on notera le chiffre de la graduation sur lequel l'index se sera arrêté : ce chiffre indique l'angle de déviation. En effet l'œil dévié est bien au centre du périmètre, et s'il suivait l'œil sain fixateur il regarderait l'index. L’angle SOI est bien formé par la direction de l'œil dévié et la direction qu'il aurait s’il était sain (fig. 9).
Pour la seconde mensuration, dans le relâchement complet de l’accommodation, c'est-à-dire sous atro- - pine, il sera nécessaire d’attendre au moins une demi-
AS
heure pour laisser agir le mydriatique. Il sera même préférable dans un service hospitalier d'attendre au lendemain en prescrivant 3 instillations d’atropine dans les deux yeux.
Pour pratiquer ce deuxième examen on placera cette fois l’œil sain au centre du périmètre. L'observateur se place exactement en face du malade, de
RS N ba À PL / s
Fig. 7. — Observateur : un œil au sommet $ fixe l'œil dévié de l’observé.
Observé : OG dévié au centre.
OD fixe la flèche f qui indique la déviation en convergence, SOI.
façon qu’un de ses yeux soit juste au zéro de l'arc, l’autre œil sera en face de l’œil dévié du malade. Cette mesure suppose, si l’on véut beaucoup d’exactitude, que l’écartement des yeux des deux individus en présence soit lemême. Mais comme cette distance est peu variable, avec un grand maximum de 2 centimètres, il est sans intérêt d'en tenir compte. D'ailleurs l'erreur est facile à éviter par un faible déplacement de l’observateur dans un sens ou dans l’autre, suivant que son écart pupillaire dépasse ou
1 LME
n’atteint pas celui de l'opéré ; et nous pouvons savoir une fois pour toutes notre écartement. Comme la vis de serrage qui se trouve au sommet du périmètre nous empêche de coller exactement un œil au zéro de la graduation, on pourra pour plus de précision encore placer à cheval sur le périmètre une sorte de viseur, que l’on mettra à 6,7, ou 8 centimètres du zéro ou plutôt de la ligne OS, suivant l’écartement pupillaire de l’observé. Chacun peut très facilement faire ce petit viseur avec un rectangle de carton dédoublé dans sa moitié inférieure, et percé dans sa moitié supérieure d’un trou juste suffisant pour bien observer.
ee Ainsi placé l'observateur guette par la kératoscopie l'instant où le reflet de la lumière se projettera sur le centre de la cornée de l’observé, indiquant que la ___ direction de l’œil dévié est parallèle à OS. Pour que l’œil dévié prenne cette direction demandée, on fait fixer l'œil sain, qui se trouve au centre de l’appareil, au loin dans la direction d’un index (un doigt par . exemple), que l’on déplace le long de l'arc périmétrique. Dans ces conditions, lorsque l’on a obtenu le - centrage du reflet que l’on cherchait, l’index marque : le degré du strabisme : en effet, si les deux yeux étaient parallèles, l'œil sain devrait être dirigé vers
| le zéro.
; On pourrait croire que nous mesurons la dév iation + primaire par ladéviation secondaire, maispas du tout dr nous ne demandons RReRen? à ee
AR 1 pe
l’œil sain qui fixe et l’œil dévié reste abandonné à son égarement.
D'ailleurs la déviation secondaire étant toujours égale à la déviation primaire dans le strabisme, à l'inverse de ce qui se passe dans les paralysies ocu-
laires, cet artifice serait sans inconvénient,
fesses. = sus pus
H , er: 74 Das rame moe = ne a 0
Fig. 8. — Observateur OG au O du périmèite.
OD exactement en face de
observé OG strabique, observé par kératoscopie, OD au *entre de l'appareil regarde au loin dans la direction de la flèche f qui indique là déviation sousatropine, SOf,.
Critique.— Le premier reproche que l’on peut faire à notre procédé est la difficulté pour l'observateur de se placer comme il faut, ce qui peut nécessiter un petit accessoire en plus auprès du périmètre. Ceci est peu gênant, presque insignifiant.
Un deuxième reproche est la perte de temps qui s’impose entre les deux temps sinous voulons les exécuter dans la même consultation, mais il est fréquent de passer d’un malade à un autre et de revenir vers
le premier qu'on aura fait attendre.
Rai
Un autre reproche plus important que l’on peut faire à notre procédé, c’est qu'il tire toute son exactitude de la fixation au loin dans la direction de l'index. Si le malade fixe l'index lui-même, ceci ne suppose plus un œil en état de relâchement complet de son accommodation, et sans atropinisation il faudrait un malade très averti pour savoir regarder & au loin dans la direction de l’index ». Mais après atropinisation il devient impossible au patient de bien fixer et de voir distinctement l'index qui se déplace sur l'arc, il lui est donc très facile de s’attacher aux objets qui se dessinent en arrière de cet index.
Avantages. — Nous croyons pratique ce procédé très exact parce que la mesure peut se faire avec l’appareil situé n'importe où, dans un cabinet aussi restreint que l’on veut : les mesures n’en seront pas moins toujours comparables entre elles.
Si l’œil devié n’est pas complètement amblyope, s’il peutencore fixer, nous pourrons mesurer l'angle « d’abord, et l’ajouter ou le retrancher selon qu'il est positif ou négatif, mais si l’amblyopie est assez prononcée, si l’œil ne peut plus fixer, l’angle « est inexistant et une seule lecture suflit.
Que ce soit pour mesurer l’angle de la déviation dans la fixation rapprochée ou lointaine cette méthode est très précieuse pour la raison suivante. Elle est indépendante du o en réalité, et elle peut le placer, le choisir n'importe où le long de l’arc périmétrique : il sera là où se placera l'œil de l’observateur qui fixe avec la bougie dans la mesure en convergence; là où
setrouvera l’autre œil de l'observateur (àécartements
Fig.'9. — Observateur : un œil au point 45°, fixant l’œil dévié de
l’observé.
Observé : œil dévié OG au centre. ee 0 OD fixe la flèche ou l'index qui indiquera la dévia-
tion NOI — 45° + 23° == 68°.
OC- oD
Fig. 10. — Observateur : OG au point 45°.
OD fixe OG de l’observé.
Observé : OD sain au centre fixera f dans ses déplacements jusqu’à ce que le reflet soit vu au centre de OG. La déviation est NOf — 45° + 21° — 66°.
égaux) dans la mesure sous-atropine. C’est toujours l'œil dévié de l’observé qui est au centre dans le pre-