Maintenant quels sont les éléments de nos connaissances
Des faits, et les faits sont des abstractions (15) parce qu'ils résultent de l'opération appelée analyse à laquelle l'esprit soumet tout objet qu'il veut connaître, obligé qu'il est de l'étudier dans chacune de ses parties; or ces parties appartiennent à un ensemble, et une fois que l'esprit les en a séparées, elles sont justement appelées des abstractions.
Les conséquences de cette manière de voir sont que le concret ne nous est connu que par /'abstrait.
36. Les propriétés, les qualités, les attributs, du domaine de l'adjectif, rentrent dans Y abstrait.
Le substantif abstrait, que je nomme adjectif-substantif, rentre pareillement dans l'abstrait (16).
37. L'existence, la possession, l'action, relativement aux substantifs, exprimant des manières d'être, de posséder, d'agir, de ces substantifs, domaine du verbe, rentrent dans Y abstrait.
38. Les rapports du participe avec le verbe et l'adjectif, rentrent évidemment aussi dans Yabstrait.
39. Les rapports de l'interjection avec l'homme sont tout à fait abstraits.
40. Il en est de même de la signification de l'article à l'égard des noms appellatifs et des adjectifs-substantifs.
41. Les rapports de la préposition avec le substantif et le pronom sont aussi du domaine de Y abstrait.
42. Les rapports de l'adverbe avec le verbe et l'adjectif sont dans le même cas.
43. Enfin la conjonction servant de liaison soit entre des mots, soit entre des propositions, et quelquefois établissant de vrais rapports entre celles-ci, est du domaine de l'abstrait.
44. Il est encore incontestable que les noms appellatifs s'appliquant à des ensembles de substantifs, de choses auxquels on reconnaît plus ou moins de propriétés, de qualités, de rapports communs, d'analogie, de ressemblance, sont encore des expressions abstraites, quoique appliquées à des ensembles de substantifs.