HOMMAGE RESPECTUEUX DU FILS
BECONNÀISSàNT ' , /
if. DU SENS MORAL
DE LA SAN.TÉ qu'ils lui ont transmis!
Pariii, le 31 d'août 1860
Le 83* anDiyersaire de sa naissance.
INTRODUCTION HISTOBIQUE.
i . À mon début dans la science je pensai
que des recherches prolongées sur un même
sujet sont le meilleur moyen de satisfaire au
besoin de la certitude que je me suis toujours
senti. Car en ce cas, les dernières recherches
ont le grand avantage de donner la mesure
de la justesse ou de lu fausseté de celles qui
les ont précédées, selon qu'elles les confirment ou qu'elles les contredisent.
2. Les recherches auxquelles je fais allusion sont expérimentales; en les disant exactes, je parle de Tinterprétation des expériences et non de celles-ci, ne m'élant jamais départi de la règle de ne chercher à interpréter des expériences qu'après avoir acquis la conviction de leur exactitude. En insistant sur la nature expérimentale de mes recherches, je veux prévenir Terreur qui naîtrait du sens trop général qu'on prêterait à ma pensée en l'étendant à des recherches dans lesquelles Texpérience n'interviendrait pas : effectivement, plus d'un exemple pourrait être cité où faute de l'avoir consultée, la durée des méditations loin d'avoir favorisé la manifestation de la vérité a fortifié Verreur chez le penseur.
3. Après m'être efiforcé dans toutes mes recherches d'acquérir une appréciation parfaite du degré de certitude que je pouvais attacher aux inductions théoriques déduites de mes observations, ou de mes expériences, je sentis peu à peu l'avantage de subordonner toutes les sciences dont le but est la connais* sance du concret, à un principe qui, dès l'enfance, j'ose le dire, m'avait frappé, c'est que les corps ne nous sont connus que par leurs propriétés^ leurs qualités^ leurs attri-butSj leurs rapports^ ou en d'autres termes, par des abstractions^ puisque ces propriétés^ ces qualités^ ces attributs^ ces rapports sont en défi-nitive les parties isolées par F esprit d'un ensemble^ d'un tout.
4. Le mot fait^ signifiant ce qui est^ ce qui a étéf ce qui sera, exprime l'idée du réel, de la certitude.
D'après le principe que nous ne connais-
sons les corps que par leurs attributs, ces attributs sont des faits, et ces faits, étant des abstractions, il en résulte que nous ne connaissons LE CONCRET QUE PAR l' ABSTRAIT.
Conclusion, parfaitement conforme à celle d'un de ces esprits aussi difficiles que naïfs, qui ra'ayant demandé des explications sur ce dont il avait entendu dire des propositions que je viens de résumer, les traita d'émanations de la métaphysique, science prétendue, à laquelle il ne croyait pas depuis longtemps, parce qu'en cela, disait-il, à Texemple de saint Thomas, sa croyance se bornait à ce qu'il voyait et à ce qu'il touchait; je ne sais si je le persuadai, en lui faisant remarquer que nous étions parfaitement d'accord, puisqu'il devait à deux sens, la vue et le toucher, la connaissance des deux propriétés essentielles à la matière, Détendue et /'impénétrabilité.