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L'électricité est absolument dans le môme cas

24. En étudiant les espèces chimiques simples relativement à l'acte de la combustion tel que l'a défini Lavoisier, on distingue une espèce de corps simple douée de la propriété comburante et une espèce de corps simple douée de la propriété combustible/ dès lors l'acte chimique de la combustion consiste dans l'union de deux corps simples doués d'une forte affinité mutuelle, lesquels,en s'unissant rapide-

ment, donnent lieu à un vif dégagement de chaleur et de lumière.

En définitive, la propriété comburante^ et la pro* priété combustible ne sont pas autre chose que deux affinités* mutuelles très-fortes. L'une ne pouvant être définie à l'exclusion de l'autre, elles sont corrélatives, et il faut remarquer que dans la décomposition par Ja pile d'un corps brûlé, le comburant , doué delà pro- ' priété électro-négative, va au pôle positif, et le cornbustible^ doué de la propriété électro-positive, va au pôle négatif.

25. Il existe des corps composés que l'on appelle acides et des composés que l'on appelle alcalis. Ces corps sont doués d'une forte affinité mutuelle, et, comme les comburants et les combustibles, quand on cherche à définir V acidité et Valcalinité, on ne le peut qu'en qualifiant ces propriétés chimiques de corrélatives,

26. Mais ce qui ajoute à l'intérêt de la définition des acides et des alcalis, c'est que les premiers ont des propriétés commîmes i par exemple, ils rou-

- agissent la couleur des violettes, ils jaunissent l'bématine quand ils sont étendus d'eau; tandis que les

seconds verdissent la couleur des violettes et bleuissent rhématine.

Enfin les acides et les alcalis, en s*unissant en proportion convenable, font des composés qu'on appelle sels neutres, parce qu'ils ne changent pas la couleur bleue de la teinture de violette, ni la couleur orangé jaune de rhématine.

27. Dès que vous êtes arrivé à considérer nettement Vacidiié et ralcalinité comme des forces corrélatives {^), vous reconnaissez qu'elles ne sont essentiellement qu'une forte affinité mutuelle des acides et des alcalis ; puis vous vous représentez clairement l'existence de corps doués d'une moindre affinité mutuelle qui se placent très-naturellement entre les acides et les alcalis; et enfin vous arrivez à la conclusion que, quelle que soit la nature des forces que vous appelez affinité^ électricité positive, électricité négative, il existe cette relation entre elles, que dans le sel neutre résultant de l'union de deux composés doués, Vim de V énergie acide, l'autre de V énergie alcaline, le courant électrique rompt cette union, de manière que Y acide , doué de Y électricité négative^ va au pôle/?05îVî7de la pile, ei Y alcali, doué de V électricité positive^ va à son pôle négatif.

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28. Ce grand résultat de Tétude des propriétés chimiques, [faite conformément à la manière dont le physicien étudie les propriétés physiques des espèces chimiques, a pour conséquence la certitude de déterminer expérimentalement par Télectricité voltaïque, le principe qui joue le rôle d'acide et celui qui joue le rôle d'a/ca/t dans ces corps intermédiaires, d'une énergie trop faible pour agir sur les réactifs colorés à la manière caractéristique et des acides et des alcalis (26).

Vous êtes ainsi conduit à envisager V acidité et Val^ CQlinitéd^vne manière relative et parfaitement exacte dans ces corps moyens entre les acides et les alcalis, et vous voyez, par exemple, que Tacide sulfurique uni à l'alumine forme un vrai sel, dont Talumine est la base, tandis que cette même alumine unfe à la soude joue le rôle d'acide^ en formant un véritable sel dont la soude est la base. Résultats que la nomenclature chimique, telle qu'elle fut proclamée par les chimistes français, résume de la manière la plus heureuse en appelant sulfate d^ alumine, le premier composé, et le second, aluminate de soude,

29. La conclusion de ces faits appliquée à une classification méthodique d'objets quelconques est claire; effectivement, tant qu'on n'a connu que des

acides et des alcalis, sans les corps qui se placent entre eux, la distinction des premiers d'avec les seconds était si facile qu'on n'a pas senti la nécessité d'une méthode. Cette époque de la science chimique correspond à celle de la botanique où des genres, des groupes de plantes se distinguaient sans peine les uns des autres, faute de connaître des intermédiaires.

Mais lorsque la chimie a eu découvert les corps moyens entre les acides et les alcalis, ces acides et ces alcalis n'ont pu, dès lors, être maintenus en groupes distincts et séparés que par une considération absolument artificielle; et alors, si les extrêmes ont cessé d'être distincts aux yeux de la science, celle-ci n'a point perdu de son exactitude, puisque les corps nouveaux dont elle s'est enrichie, loin de diminuer la précision de ses distinctions, ont ajouté à leur importance, parles nouvelles applications d'un même principe dont ils ont accru la gé-» néralité»

30i Enflii la Chaleur et le froid , sous le rapport organoleptique, présentent une analogie remarquable avec les propriétés Corrélatives que je viens de définir, car le sens de ces mots pris dans sa plus grJButide généralité, ne signifie pas autre chose qu6 le

chaud est une température plus élevée qu'une température désignée par le mot froid. De là cette conséquence que ces mots n'expriment rien d'absolu ^ mais quelque chose de relatifs ou de corrélatif s'il s'agit de définir l'un par l'autre. Ainsi une température de se degrés, froide relativement à une température de 70 degrés, est chaude relativement à une température de 30 degrés. Mais cette explication ne suffit pas pour se rendre un compte exact et précis des sensations de chaud et de froid que nous pouvons ressentir en diverses circonstances.

La température du corps humain étant de 37 degrés, il semblerait tout d'abord que nous devrions sentir du froid lorsque la température de l'air serait au-dessous de la nôtre; cependant il n'en est rien, car tout le monde sait que nous nous plaignons de la chaleur dans un air de 30 degrés.

L'explication de ce fait est facile, si l'on veut bien considérer qu'une cause sans cesse agissante produit en nous la chaleur apte à maintenir notre corps à 37 degrés, malgré la perte que nous en faisons incessamment par le rayonnement et le contact des corps qui nous touchent et dont la température est audessous de la nôtre. Il suit de cet état de choses que nous devons éprouver une sensation de chaleur si en touchant un corps nous perdons moins de cha-

5î DES TROIS GROUPES DE PROPRIÉTÉ.

leur que nous n'en aurions perdu dans l'état ordinaire. Voilà précisément ce qui arrive lorsque nous plongeons une main dans de l'eau* à 30 degrés et l'autre main dans du mercure également à 30 degrés; l'eau, et le mercure surtout, nous paraissent chauds, parce que les mains perdent moins de chaleur que dans l'air. A 37 degrés, les deux liquides semblent également chauds, mais à 40 degrés, le mercure paraît l'être plus que l'eau; à 50 degrés, la différence est plus grande encore et la chaleur du mercure devient incommode après quelques dizaines de secondes. A la température de 18 degrés et à fortiori au-dessous, le mercure semble au contraire plus froid que l'eau.

La différence de température que nous semblent avoir l'eau et le mercure à 50 degrés tient à la grande densité du métal et à sa grande conducibilité de la chaleur, en vertu desquelles il cède à la main plus de chaleur que l'eau, malgré la plus grande chaleur spécifique de celle-ci. A 18 degrés et au-dessous, le mercure semble au contraire plus froid que l'eau, parce que, dans un même temps, il enlève plus de chaleur, et toujours en raison de sa plus grande densité et de sa plus grande conducibilité.

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