CHAPITRE III
DIFFÉRENCE QU'iL PEUT Y AVOIR, QUANT A LA CLARTÉ DU SENS, ENTRE LA DÉFINITION d'uNE PROPRIÉTÉ QUI EST TOUJOURS UNE ABSTRACTION ET LA DÉFINITION DES ÊTRES CONCRETS AUXQUELS CETTE PROPRIÉTÉ EST AP- PUQUÉE COMME CARACTÈRE.
85. Sans hésitation je reproduis ici, en résumé, ce que j'ai dit du fait dans la première partie de l'ouvrage, avec une conviction qu'un exposé concis des raisonnements sur lesquels repose la définition que j'ai donnée de ce mot, permettra au lecteur d'appré-
ciersans peine Timportance d'uncdes distinctions les
plus considérables que je me suis proposé d'établir en composant cet ouvrage. Effectivement, entre la définition, d'une part, d'un attribut, et d'une autre part celle d'un objet, d'un êtreconcret, auquel appartient cet attribut avec beaucoup d'autres, il peut y avoir une différence extrême entre la définition abstraite et l'application qu'on en fera au concret quant à la clarté des idées.
86. Ce qu'on appelle un /atV étant une vérité, et ne connaissant la matière que par des propriétés^ des qualités, des attributs; en outre toute matière^ tout corps présentant un ensemble de propriétés, d'attributs, et ces propriétés ne pouvant être bien étudiées qu'après avoir été séparées, par la faculté d'analyser dont l'esprit est doué, de l'ensemble concret auquel elles appartiennent, il s'ensuit qu'une propriété^ une qualité^ un attribut de la matière^ est une abstraction^ et cette abstraction ainsi étudiée et bien définie est un fait.
Au point de vue de l'abstraction, quelle est la propriété la plus claire, la plus facile à saisir?
C'est celle dont la dénomination a le plus de simplicité, en ceci qu'elle ne présente qu'un seul sens à l'esprit, qu'elle éveille la même idée chez tous ceux qui l'entendent prononcer. Dès lors, le