‹ De la méthode a posteriori expérimentale, et de la généralité de sesChapitre 55 sur 117 · Î8 ORIGINE D'OPINIONS · texte numérisé non relu

Î8 ORIGINE D'OPINIONS

perverses, criminelles; il y croit quand elles ont été accomplies. Le proverbe qui se ressemble s'assemble est parfait de vérité.

138. Les mêmes considérations expliquent clairement les déceptions que Ton éprouve dans la prescription des remèdes.

Car la plupart de ceux qui les prescrivent ne les connaissent que par la vertu, c'est-à-dire l'attribut d'après lequel on sait leur aptitude respective à combattre une affection qui se manifeste par un ou plusieurs sym/>/^me5, c'est-à-dire par un ou plusieurs phénomènes, une ou plusieurs abstractions ; or le remède et le malade sont deux êt^^es concrets, doués chacun d'un ensemble d'attributs que nous ne connaissons qu'incomplètement, et les attributs que nous connaissons ne le sont qu'imparfaitement. Dès lors, n'arrive-t-il pas qu'un remède agisse par d'autres propriétés que la vertu qui l'a fait prescrire, et que le malade ait une affection différente de celle qu'on a conclue d'après l'observation du symptôme, ou, si elle n'est pas différente, que cette affection soit modifiée du moins par un attribut dont le médecin n'a pas tenu compte?

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