‹ De la méthode a posteriori expérimentale, et de la généralité de sesChapitre 54 sur 117 · ORIGINE D'OPINIONS · texte numérisé non relu

ORIGINE D'OPINIONS

préalable prescrit par la méthode a posteriori ea^périmeniale.

Il a tort en soutenant une pratique sinon vicieuse, du moins ne présentant pas les avantages d'une innervation prescrite par une science parlant au nom de cette même méthode.

136. Personne plus que moi n'estime ^invention, le génie en toute chose, et pourtant n'est moins surpris du résultat que peut avoir cette faculté de l'esprit dans l'application d'une idée, d'une abstraction au concret^ but des efforts de l'inventeur.

Je citerai un exemple pris dans la pratique de la médecine.

Eu égard à la multiplicité des notions qu'il fatit prendre en considération dans la prescription rai^ sonnée d'un traitement thérapeutique, je supposerai deux cas différents.

Le premier est celui d'une affection ressortissant de maladies dont un médecin, éminent par l'observa* tion, par l'invention et si l'on veut même le génie, s'est occupé d'une manière spéciale; à mon sens, ce médecin doit être appelé de préférence à tout autre.

Le second cas, rentrant dans les maladies ordinaires, me semble devoir être envisagé autrement.

Un médecin, habile praticien, n'adoptant les idées nouvelles qu'après un examen réfléchi, me semble donner plus de garanties qu'aucun autre, surtout s'il connaît le malade depuis longtemps ainsi que ses ascendants, car tout le monde sait l'influence de l'hérédité sur la santé des enfants; il m'inspirera plus de confiance que tout autre, ne doutant pas que, grâce à sa longue pratique, il ne fermera jamais les yeux sur des symptômes qu'un médecin plus éminent, plus inventeur, pourrait négliger ou mécon* naître, disposé qu'il serait à faire rentrer la maladie pour laquelle il est appelé dans son système d'études. J'ajouterai encore que le praticien tel que je me le représente, pour peu qu'il eût quelque doute sur le traitement à suivre, serait le premier à provoquer une consultation.

Cet exemple rentre évidemment dans le cas que j'ai cité où le public est fondé à dire que la pratique est préférable à la théorie (119).

137. Dans les jugements que nous portons, le moi exerce une grande influence; car le mode dont nous apprécions, dont nous jugeons est en nous, et l'on peut dire où la mesure manque, l'appréciation fait défaut, soit du bien soit du mal; car, franchement un cœur honnête prévoit-il les actions honteuses.

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