‹ De la méthode a posteriori expérimentale, et de la généralité de sesChapitre 69 sur 117 · SU · texte numérisé non relu

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t4« PREMIER GROUPE.

1" Époque,

248. L'animal ne s'assimile pas tout l'aliment qui entre dans son canal intestinal, et qui a reçu successivement des sucs salivaires, gastrique, pancréatique et biliaire.

Une PORTION est absorbée et par les vaisseaux lymphatiques y compris les chylifères, et par les vaisseaux veineux.

L'autre portion est rejetée au dehors avec une addition de bile et de mucus alcalin des intestins. Si la bile sert à la digestion et s'il est vrai qu'il y en ait d'absorbée, cette quantité est excessivement faible relativement à celle qui sort à Tétat excrémentitiel.

Suivons la première portion de l'aliment qui a été absorbée.

(a) La partie qui l'a été par les lymphatiques est portée du canal thoracique dans la veina sous-clavière gauche, où elle se môle au sang; le mélange arrive dans la veine cave supérieure, puis dans l'oreillette droite du cœur, où se réunit le sang veineux de tout le corps ; et de cette oreillette il passe dans le ventricule droit.

(b) La partie qui a été absorbée dans les intestins par les vaisseaux veineux de la veine porte se. rend au foie; elle en ressort mêlée au sang veineux par

les veines hépatiques, et de làlemélange) parrintermédiaire de la veine cave inférieure, arrive au côté droit du cœur.

249. Voilà donc comment Taliment entretient le sang et comment celui-ci, devenu artériel dans le poumon, va nourrir ensuite tous les organes; et cette fonction accomplie, le sang redevenu veineux, retourne au cœur pour redevenir artériel.

Mais si dans le jeune animal les tissus organisé se développent et augmentent de poids, il s'en faut beaucoup que cette augmentation corresponde au poids de la matière de l'aliment qui est entré dans le corps; car l'animal perd incessamment de sa matière par les reins sous la forme d'urine, par la peau sous la forme de sueur, enfin par le poumon sous la forme d'exhalation pulmonaire.

a* Époque.

250. Tout ce qui se produit dans la première époque a lieu dans la seconde, sauf que le poids de l'animal n'éprouve pas notablement de variation de vingt-quatre en vingt-quatre heures.

Faut-il en conclure que toute la matière expulsée en ce temps sous la forme d'urine, de sueur et d'exhalation pulmonaire, est l'identique, sous une autre

forme, de Taliment qui a pénétré du canal intestinal dans rintérieur, de sorte que cette matière seule entrée dans les 24 heures aurait été soumise au changement ?

2ol. Ici je tiens compte d'une observation bien ancienne qui, pour avoir été exagérée, ne m'en paraît pas moins incontestable quand on la restreint dans des limites convenables, c'est la rénovation de la matière de l'animal. Si Tonne peut affirmer qu'elle est totale dans un laps de temps déterminé comme cinq, sept... ans, il me paraît indubitable que la matière de certains organes se renouvelle dans des temps divers, et que dès lors la quantité de matière nutritive qui dans les vingt-quatre heures est entrée dans un animal ne représente pas identiquement la totalité de la matière qui en est sortie dans le même temps à l'état d'urine, de sueur, d'exhalation pulmonaire et de bile, ces produits excrétés du corps renfermant une quantité notable de matière qui avait été antérieurement assimilée.

252. La partie assimilable de Taliment ne peut passer qu'à l'état liquide dans les vaisseaux absorbants du canal intestinal, de même que l'aliment qui pénètre dans les spongioles de la plante. On

BEGHERGHËS CHIMIQUES. 249

sait rinfluence exercée par les sucs salivaire, gastrique et pancréatique pour liquéfier des principes immédiats fort difl'érents contenus dans Taliment. On sait de plus qu'il existe un rapport entre les quantités des sucs sécrétés pour la digestion et celle de i'aliment nécessaire à la vie normale, et disons en passant, c'est une grande erreur de s'être imaginé qu'on favoriserait la digestion au moyen de \di pepsine. Quand l'aliment est en excès dans le canal intestinal, l'excès est rendu avec la partie excrémentitielle.

C. Différence de Vassimilation de la matière dans les animaux et dans les plantes,

253. La différence entre l'assimilation de la matière organique aux animaux à sang chaud, faite avec élimination d'une partie excrémentiiielle, et Tassimilation de /a matière minérale aux plantes accomplie ^ANS élimination correspondante, a tant d'importance dans la distinction de la vie animale d'avec la vie végétale^ qu'il importe de la signaler.

254. L'animal à sang chaud produit la chaleur indispensable à sa vie, et les actions moléculaires en sont la cause. Certes, si l'on a eu tort de la faire dépendre uniquement de la respiration, et surtout

de la combustion du carbone et d'une quantité plus faible d'hydrogène, il est certain que la combustion du carbone y a une grande part.

Cette combustion, effet de la respiration des animaux à sang froid, aussi bien que de celle des animaux à sang chaud, est certainement un phénomène opposé à ce qui se passe dans la plante pourvue de ses feuilles et frappée par le soleil (240).

En outre la nécessité d'un aliment d'origine organique combustible explique très-bien comment l'animal, le supérieur du moins, ne peut vivre avec les matières minérales que la plante s'assimile, notamment avec l'acide carbonique et l'eau.

Et rien ne prouve mieux la nécessité de l'aliment combustible pour la vie animale que l'alimentation de l'adulte dont le poids revient à Tégalité de vingt-quatre heures en vingt-quatre heures.

L'animal à sang chaud produisant lui-même la chaleur nécessaire à son existence se trouve dans une condition fort différente de la plante qui a besoin aussi de chaleur pour accomplir toutes les fonctions essentielles à son espèce; mais incapable de la produire en quantité notable, elle la reçoit du monde extérieur, des radiations solaires, auxquelles elle est redevable encore de sa faculté de dégager l'oxygène à l'état gazeux de l'acide carbonique.

255. Pour peu qu'on refléchisse au fait par lequel la plante vit de rassimilation des éléments de Feau, de l'acide carbonique, de Tammoniaque et de composés binaires dont quelques-uns sont à Tétat salin, et qu'on voie nettement que les spongioles des racines sont à l'égard de ces composés ce que la membrane du tube intestinal pourvu de ses vaisseaux lymphatiques et des vaisseaux veineux de la veine porte est à l'égard de l'aliment animal, il devient évident qu'il ne peut y avoir rien de correspondant à la partie excrémentitielle de l'intestin, puisqu'en définitive ce sont des composés binaires avec de l'oxygène, et de l'azote libre peut-être, dont la simplicité chimique est absolument difiTérente de la nature complexe de l'aliment organique nécessaire à l'animal.

S'il n'y a dans l'assimilation de la matière minérale à la plante rien de comparable à la partie excrémentitielle de l'intestin de l'animal à sang chaud, il est encore évident que sauf l'eau à la fois aliment et véhicule, le gaz oxygène, quelques matières volatiles et des exsudations dont j'ai parlé (246), il n'y a pas de similitude possible à établir entre ces matières exhalées ou exsudées de la plante et ces matières sortant du corps de l'animal à l'état solide, liquide et aériforme, matières si différentes

2&i PRËHIEB GROUPE.

de ce qu'elles étaient à leur entrée. En outre rien de comparable dans la plante à cette circulation générale de suc réparateur correspondant à la circulation du sang, qui n'entretient la vie qu'à la condition d'apporter d'une manière continue une matière neuve, si cette expression est permise, et d'éliminer une matière usée sous la forme excrémentitielle.

Voilà, je crois, la différence de la vie animale d'avec la vie végétale expliquée sans hypothèse dans ce qu'elle a de plus général.

236. Quoique l'aliment de la plante soit bienmoins complexe que celui de l'animal, que la plante ne développe de chaleur que dans quelques espèces et dans quelques instants de leur vie, qu'elle n'a pas de système de circulation comparable au système sanguin, ce ne sont pas des raisons pour qu'elle ne produise pas un grand nombre de principes immédiats de nature très-variée. Personne n'ignore l'influence des forces physiques du monde extérieur sur cette production; il suffit de se rappeler les plantes tropicales. N'cst-il pas présumable qu'un certain nombre de ces principes sont des résidus, en ce sens qu'ils dérivent d'une matière dont une partie a servi par transformation aux besoins de la végétation? S'il en était réellement ainsi, on pour-

rait comparer jusqu'à un certain point ces résidus à une matière excrémentitielle qui n'aurait point été expulsée de l'être vivant.

257. Ces vues ne seraient-elles pas incomplètes si après avoir montré cette matière organique, sucre, amidon, huile, etc., formée pour ainsi dire comme une réserve destinée à continuer Tacte vital qui l'a produite, je n'élevais pas cette question : pourquoi une plante ne vivrait-elle pas de ces mêmes principes immédiats qui seraient introduits par les racines? Je ne vois rien d'absolument contraire à ce qu'il en soit ainsi; il n'est point impossible que certains engrais agissent d'une manière spéciale par quelque matière plus complexe que l'acide carbonique, l'eau et l'azote oxygéné ou hydrogéné. On peut citer des expériences à l'appui de l'opinion que des solutions de principes immédiats ont favorisé la végétation. Malgré cela je conçois des raisons, je ne dis pas absolument contraires à ce que je viens de dire, mais qui en restreindraient beaucoup la généralité ou l'importance. Quoi qu'il en soit, la question que j'élève est trop importante pour que l'expérience néglige de la traiter.

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