‹ De la méthode a posteriori expérimentale, et de la généralité de sesChapitre 73 sur 117 · Lorsque je fis connaître la loi du principe du · texte numérisé non relu

Lorsque je fis connaître la loi du principe du

contraste simultané des couleurs, c'était l'exemple d'un

fait général de sensation où deux corps différemment

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colorés, vus simultanément, perdent ce qu'ils ont de semblable pour paraître plus différents. C'était donc un principe diamétralement opposé à celui des semblables et au principe du mélange des couleurs.

Un fait que j'ai cité déjà à l'Académie, est la critique faite contre les harmonies de contraste^ par l'auteur d'un ouvrage publié récemment sur la, joaillerie. II trouve l'association du rubis avec la topaze agréable; il admet, conformément à la loi, que le rubis prend du bleu, ainsi que la topaze; mais, pense-t-il, Vkarmonie étant incompatible avec le contraste, elle ne peut naître que du principe des semblables^ et dès lors il en conclut que les couleurs se rapprochent; et pourquoi? Parce que celles du rubis et de la topaze prennent toutes les deux du bleu. D'où la'conséquence que si le rubis prenait du jaune, couleur delà topaze, et si celle-ci prenait du rouge, coideur du rubis, les couleurs des deux pierres précieuses s'éloigneraient l'une de l'autre ! I

L'auteur ignore, optiquement parlant, qu'une couleur simple comme le rouge ne peut être nuancée, c'est-à-dire sortir de sa gamme qu'en prenant du bleu ou du jaune; de même le jaune ne peut être nuancé qu'en prenant du rouge ou du bleu, et le bleu ne peut l'être qu'en prenant du rouge ou dn jaune. D'où la conséquence que le rubis et la topaze 1

ne peuvent se rapprocher que si le premier prend du jaune et la topaze du rouge et que dès lors les couleurs de ces deux pierres s'éloignent en prenant du bleu.

Contraste successif et contraste mixte des couleurs et principe de leur mélange.

276. Je n'ai pu porter la clarté dans l'histoire de la vision des contrastes de couleur qu'en en distinguant de trois sortes : le contraste simultané, le coniraste successif ei le contraste mixte.

277. Et ces distinctions elles-mêmes pour être saisies avec précision, n'ont pu l'être qu'après qu'on a eu démontré Vopposition, qu'on me permette de la qualifier de diamétrale^ du principe du mélange des couleurs d'avec le principe de leur contraste simtUtané»

278. Effectivement c'est grâce à Yopposition diamétrale de ces deux principes mise en avant, non d'une manière dogmatique conformément à la méthode A PRIORI, mais démontrée par l'expérience, conformément à la méthode a posteriori, qu'on peut

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se rendre le compte le plus satisfaisant de faits qui autrement eussent pu paraître contradictoires.

Tant que vous voyez distinctement deux surfaces différemment colorées, vous percevrez les modifications conformes à la loi du contraste simultané; mais si les surfaces colorées sont étroites, par exemple de 1 à 2 millimètres de largeur, en les voyant à une certaine distance, vous pourrez percevoir la sensation indiquée par la loi du mélange des couleurs,

279. C'est en recourant à ces deux principes que Ton explique des phénomènes de vision distincte et de vision indistincte qui pourraient paraître en contradiction si Ton voulait les expliquer par un de ces principes à l'exclusion de l'autre.

Par exemple, ce qui favorise le plus la vision distincte, est la différence de ton entre un dessin au simple trait, ou des lettres, sur le fond où ils apparaissent. Sous le rapport de la vision distincte, rien n'est préférable à l'opposition du blanc et du noir; mais le but n'est pas atteint si les traits du dessin et des lettres n'ont pas une certaine largeur, autrement la visibilité laisserait à désirer.

Effectivement des traits noirs et minces sur un fond blanc peuvent échapper à la vue distincte, tant alors le blanc a d'influence pour éteindre le noir

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conformément au principe du mélange. Dans plusieurs cas, il suffit de roser convenablement le fond blanc pour que les traits apparaissent d'une manière distincte, résultat tout à fait conforme à des spécimen que je mis sous les yeux de l'Académie en réponse, le 2 de novembre 1863, à une critique faite en octobre 1863 par M. Plateau de la loi du contraste simultané des couleurs.

Une bande de couleur de 8 cent, de largeur placée sur un carton blanc de manière qu'elle apparaît encadrée de 6 cent, de blanc, est vue, conformément à la loi du contraste simultané de ton, plus élevée de ton que la même couleur appliquée de la même manière sur un carton noir.

Si l'on applique sur un fond blanc 17 zones de la même couleur que la précédente mais de 0"*,002 de largeur et écartées l'une de l'autre également de O",002, et que l'on compare cet assemblage à un autre fait sur un carton noir, en se plaçant de 4 à 7 mètres des cartons, les zones sur "fond blanc paraîtront moins distinctes que sur fond noir, et ce qui est remarquable moins élevées de ton à cause du mélange de la lumière blanche.

Ces derniers effets s'expliquent par le principe du mélange des couleurs.

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280. L'explication des faits précédents rend compte d'effets dont nous sommes journellement les témoins. Je citerai deux exemples.

Premier exemple, — Autrefois on avait pensé que le cadran d'une horloge publique devait satisfaire au besoin de la lecture parfaite de l'heure qu'il indiquait, et que cette condition exigeait que le cadran étant blanc les aiguilles et les chiffres des heures fussent noirs. — Aujourd'hui, par un motif que j'ignore, on a substitué aux aiguilles noires des aiguilles dorées et même quelquefois aux chiffres noirs des chiffres dorés. On a imaginé au lieu d'un cadran plan ou très-légèrement bombé, un cadran présentant les chiffres des heures sur une surface bosselée.

Deuxième exemple. — Le second exemple est l'inverse du premier; au lieu d'affaiblir l'efTet d'un contraste entre le blanc et le noir, on a placé des basreliefs noirs ou bruns siu* des fonds blancs. Or que résulte-t-il du contraste en ce cas? C'est que les reliefs de la sculpture d'une matière noire ou brune étant bien moins prononcés à la vue que les reliefs de la sculpture d'une matière blanche, à une certaine distance où la sculpture de la matière noire ou brune apparaît sur un fond blanc, la lumière du relief est affaiblie, sinon éteinte, par l'intensité de la lumière blanche réfléchie par le fond. La sculpture noire ou

brune apparaît alors comme ime ombre ou une découpure noire sur fond blanc.

Perspective.

281. En m'occupant si longtemps de la vision des couleurs, je n'ai pu négliger de tenir compte de la perspective, non relativement à la géométrie, mais relativement à Tœil de l'homme et à l'intervention de son entendement. C'est ce qui m'a conduit à expliquer la différence existant entre les effets du panorama et ceux du diorama.

RECHERCHES PST(!lHOLOGIQUES SUR UNE CLASSE PARTICULIÂRE DE MOUVEMENTS MUSCULAIRES.

Méthode à posteriori expérimentale appliquée à rexplication de certains mouTements musculaires exécutés sans que la Tolonté les commande.

282. Si un principe a reçu une application trèsgénérale, c'est celui que j'ai formulé à la suite de mes recherches sur le pendule explorateur^ en 1813. La description de mes expériences parut dans une lettre adressée à M. Ampère {Itevue des Deux-Mtmdes de l'année 1833).

Je démontrai que lorsqu'on tient un pendule formé d'un fil et d'im corps pesant au-dessus d'un objet quelconque avec la pensée que la présence de cet objet peut mettre le pendule en mouvement ^ celui-ci oscille^ quoique cette pensée ne soit pas la volonté qui commanderait le mouvement.

J'ai prouvé que si Texpérîmentateur a les yeux bandés le pendule reste en repos.

Toutes les conséquences de ce principe, appuyé toujours sur l'expérience, ont été développées dans un ouvrage spécial (1).

Et malgré toutes les modifications que l'on a voulu substituer à la manière dont j'ai formulé le principe, je persiste dans les expressions qui, à mon sens, sont parfaitement claires et conformes à la vérité.

J'ajouterai qu'à l'occasion des tables tournantes, M. Babinet et M. Faraday ont expliqué les phénomènes dont ils se sont occupés, conformément au principe formulé dès 1813«

Je ne doute pas aujourd'hui que Ce principe ne soit applicable à l'explication des tcAles parlantes,

(1) Du pendule explorateur, de la baguette divinatoire et dés tables tournantes, Paris, Mallet-Bachelier, 1854»

mais avec la réserve que les personnes qui les font parler soient de parfaite bonne foi.

Le principe doit intervenir dans la distinction établie entre le rêve proprement dit où le dormeur est en repos et le somnambulisme où le dormeur est en mouvement. Je suis étonné que les personnes qui se sont occupées de ces phénomènes, depuis mes écrits sur le pendule explorateur, aient négligé d'examiner les deux phénomènes au point de vue où je me place; car on sait que généralement la mémoire conserve le souvenir d'un rêve où il n'y a pas eu de mouvement tandis qu'elle ne conserve aucim souvenir des actes du somnambulisme.

L'explication des mouyemenis du pendule explora-' ieur que je rappelle, ne doit pas être oubliée des savants qui se livrent à des observations ou à des expériences dans lesquelles interviennent les organes musculaires, et l'on ne doit jamais négliger de la prendre en considération dans les pesées que l'on fait avec le désir de trouver un certain poids.

283. Le résumé que je viens de tracer de mes recherches sur la vision envisagée relativement à la

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