‹ De la méthode a posteriori expérimentale, et de la généralité de sesChapitre 81 sur 117 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

296. La diffërence est grande entre l'enseignement du deuxième ordre et l'enseignement du premier ordre.

Car en celui-ci tout est vrai ou admis comme tel par le maître. En général, dans l'enseignement des connaissances qui sont relatives au corps, à un être matériel, en un mot au concret^ il n'en est plus de même.

La matière n'est pas l'œuvre de l'homme comme les mathématiques pures, comme la formule du

tM ENSEIGNEMENT RELATIF.

mathématicien. Si l'homme a mis quelque chose dans un corps, c'est une simple modification qu'il a apportée, toujours conforme à une ou à des propriétés appartenant à Tessence même des corps qu'il n'est pas en son pouvoir d'altérer (7).

Résultat bien propre à faire apprécier l'extrême différence de Tétude du concret d'avec l'étude d'un système de propositions douées du caractère de VdAitraii: propositions qui, quand elles ne sont pas, comme les mathématiques et les /où, absolument l'œuvre de l'homme, sont transmises à l'élève avec une origine iumaturelle.

297. Rappelons que le concret ne nous est connu que par ses propriétés^ ses qualités^ ses attributs, ses rapports^ rapports qui ne sont en définitive que des PROPRIÉTÉS RELATIVES à quelques autres propriétés. Or les propriétés, les qualités, les rapports, en un mot les attributs, pour être étudiés avec l'intention formelle de la part du savant de les connaître aussi bien que possible, doivent l'être chacun séparément, successivement, et un même attribut doit l'être encore comparativement dans les corps qui le possèdent. La connaissance que l'on a d'un corps satisfait d'autant plus la science que l'on a soumis à cette étude un plus grand nombre d'attributs et

que l'étude de chacun d'eux faite comparativement a été plus approfondie.

298. La conséquence d'un tel état de choses est donc que l'étude à laquelle nous nous livrons d'une branche de connaissances assez riche de généralités exactes pour constituer ce qu'on appelle une science du ressort du concret ^ se borne à connaître des propriétés, des attributs, des faits (12) dont la cause est hors de nous. Les corps doués de ces propriétés, de ces attributs, peuvent sans doute recevoir de l'art et de la science des formes, des apparences bien différentes de celles qu'ils affectent dans la nature; mais ces formes, ces apparences, ne sont, comme je l'ai dit plus haut (7), que des modifications toujours en parfait accord avec les propriétés que l'homme ne peut altérer. Ce fait se trouve donc en dehors de la proposition, il n'y a dans une formule mathématique que ce que Vhomme y a mis^ et de là cette conséquence rigoureuse :

Que renseignement qui aboutit au concret^ n'est vrai, n'est exact qu'à la condition que les GÉNÉ- RALITÉS présentées sous la forme de propositions, de règles, de principes, de lois, ne se trouveront jamais en désaccord avec les propriétés, les qualités ^ les attributs que Von ne connaît pas.

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