CHAPITRE PREMIER
DE l'analyse et DE LA SYNTHÈSE CONSIDÉRÉES RELATIVEMENT A LA MÉTHODE A POSTERIORI EXPÉRIMENTALE.
1. On ne peut se refuser à admettre une différence entre les individus d'une même espèce appartenant aux classes les plus élevées du règne animal, par exemple à celles des mammifères et des oiseaux, quand on les compare, sous le rapport des facultés,
que dans Thomme nous rapportons à Tentendement. Mais entre les premiers, la différence est toujours bien moindre que celle qui peut distinguer les hommes entre eux, comme un Homère et un Newton d'un homme vulgaire ; en outre, les individus d'une espèce de mammifère, d'oiseau, etc., etc., étaient anciennement ce qu'ils sont aujourd'hui : ceux qui vivent en société comme les castors, les canards, les abeilles, les fourmis, montrent encore les instincts dont parlent les écrivains les plus anciens. On ne peut donc se refuser à reconnaître qu'à leur origine ces espèces possédaient toutes les facultés que nous leur voyons, différant en cela de l'espèce humaine dont les premières sociétés furent si loin de ressembler aux sociétés modernes aujourd'hui répandues sur le globe entier. Là est un fait immense ; au commencement de la société humaine, les espèces animales étaient telles qu'elles se montrent aujourd'hui, tandis que la première, en se développant, a enfanté ces merveilles du génie qui brillent du plus vif éclat dans les arts, les lettres et les sciences i et n'en déplaise au pessimiste, la condition de l'individu s'est améliorée avec le développement de la société humaine.