CHAPITRE V
MÉTHODE COLOPEXIQUE. ss
Le mot « colopexie » est de création récente. Etymologiquement il veut dire fixation de l'intestin; il sert à désigner la fixation du côlon à la paroi abdominale. On estallé plus loin et l’on a compris sous ce terme la fixation de l’intestin à la paroi abdominale antérieure avec création d’un anus artificiel. Il est évident que ce mot « colopexie » est incapable, de par sa naïssance, d'exprimer une telle opération qu’on à du reste nommée depuis: colopexæotomie (fixation et ouverture de l'intestin), le mot colopexie étant réservé à la fixation du côlon sans anus artificiel. Nous nous servirons donc de ces deux expressions avec leur dernière signification.
La première tentative de traitement d'un Prolapsus rectal par le procédé colopexique a été faite avec un anus artificiel. Elle est dûe à M. Jeannel, de Toulouse, qui l’a pratiquée le 6 février 1889. Ba publication de cette colopexotomie fitsonger à la possibilité d’une colopexie simple, opération qui depuis a été effectuée plusieurs fois.
Nous avons donc à étudier successivement : 1° la colopexie et 2 la colopexotonue.
A. — Colopexie.
- Dans l'édition de 1888 de son livre « Diseases of the Rectum », H. W. Allingham avait entrevu la possibilité
Larsonneur 3
et TA
d’une semblable opération. « Comme il est quelquefois impossible, dit-il, d'obtenir la guérison du prolapsus au troisième degré (1) par des applications de cautères,il m'est venu à l’idée qu'on pourrait faire une petite incision à travêrs la paroi abdominale antérieure gauche, juste au-dessus du tiers externe du ligament de Poupart. Alors, intro- duisant les doigts dans l’abdomen, je tirerais sur le rectum et l’amènerais en haut, suffisamment pour remédier à la procidence ; ensuite je passerais un fil de soie à travers le mésentère et le fixerais à la paroi abdominale. Je fermerais l’incision selon la méthode adoptée pour la section des parois abdominales. Par ce procédé j’espèrerais obtenir une adhérence primitive et prévenir un retour de l’invagination de la partie supérieure durectum dans lapartie inférieure. »
En juillet 1890, Allingham n'avait pas encore rencontré de cas susceptible d’un semblable traitement.
OBsERvATION I
Le 5 novembre 1889 M. le professeur Verneuil pratiqua la colopexie simple sur une malade âgée de 26 ans, atteinte d’un prolapsus qui avait résisté à plusieurs tentatives de traitement,
même à la rectopexie postéro-inférieure.
4. Par le troisième degré l’auteur entend les cas dans lesquels la partie supérieure du rectum s’invagine dans l’inférieure, mais ne
sort pas par l'anus.
Le
Cette observation a été rapportée par Lyot dans sa thèse de 1890 : « Incision de 4 centimètres parallèlement à l’arcade crurale. On tombe sur l’ovaire malade qui est enlevé, puis sur l'intestin qui est fortement altiré en haut et fixé de la manière suivante : tous -les appendices graisseux de l'S iliaque furent réunis en une seule masse à l’aide d’un crin dont les extrémités furent passées à un centimètre environ des bords de la plaie, à travers la paroi abdominale. Un deuxième point fut passé à travers le mésentère et fixé de la même facon. »
La guérison se fit sans accident; mais peu de temps après, le prolapsus se reproduisait. Il n’a pas augmenté depuis et reste beaucoup moins volumineux. Il faut reconnaître, dit M. Verneuil (1), que la situation de la malade a été notablement améliorée. >
Ce n’était donc qu'un insuccès partiel, vu les tentatives antérieures qui avaient certainement fait perdre au rectum la faculté d’être entièrement réductible.
OBsERvATION Il
Defontaine, cité par Jeannel, a exécuté une colopexie chez une femme atteinte de prolapsus rectal et de descente utérine; mais il a cherché, par la même opération, à remédier aux deux affections. Il a donc fait une laparotomie médiane qui lui a permis « de trouver, d'élever et de fixer l’utérus par une hystéropexie d’abord, puis de chercher et de découvrir le côlon, de réduire le prolapsus, de saisir enfin deux appendices épiploïques qu'il sutura à la corne gauche de l'utérus à l’aide d’un fil dont les