Ch. Nélaton. Soc. de ch., 26 novembre
Larsonneur 6
SR ES Peu
(hédrocèle), doit rendre singulièrement pénible et même dangereuse une opération telle que l’excision.
b). — On a dit que la colopexotomie était elle-même une opération grave, compliquée, qui exigeait plusieurs iñterventions successives : laparotomie, colopexie, ouverture de l'intestin, fermeture de l'anus iliaque.
- Les différents temps d’une opération sont-ils à proprement parler des complications? Du reste, la réalisation des temps successifs que nécessite la colopexotomie est facile et ne présente pas de dangers sérieux pour le malade. On est obligé, il est vrai, d'ouvrir la cavité péritonéale ; mais nous nesommes plus au temps où le péritoine était le «noli me langere » chirurgical ; aujourd’hui la perspective de l'ouverture d’une cavité séreuse ne saurait arrêter le chirurgien, L'ouverture aseptique de la cavité péritonéale n’est grave que si l'opération qui nécessite cette ouverture est grave elle-même. Or, il est manifestement vrai que” l’incision de Littre et la création d’un anus artificiel sont des opérations dépourvues de tout danger, du moins entre des mains aseptiques; par conséquent, les premiers temps de la colopexotomie n’ont aucun caractère de gravité bien qu’ils comprennent les points délicats de l'opération.
Pour la question de temps, deux considérations peuvent faire prendre patiertce, dit M. Verneuil : d’abord lorsque la série opératoire est terminée tout estfini; la guérison est complète et la récidive peu probable. En second lieu, le temps qui s'écoule entre le début et la fin du traitement est mis à profit par le malade pour refaire son état général.
Quant à la colo ,exie simple elle est aussi bénigne, sinon
plus, que la colotomie de Littre; dans les sept cas de colopexie que nous avons rapportés, les suites de l’opération ont été des plus simples, ainsi du reste que dans les trois colopexotomies.
-c). — L'anus artificiel peut être regardé comme une autre infirmité substituée à la première. Il faut donc se demander si les avantages que le malade retire de la guérison de son prolapsus sont suffisants pour contrebalancer les inconvénients d’un anus artificiel.
Il est vrai que l'anus artificiel est une infirmité très pénible : à côté du dégoût provoqué par l'écoulement des fèces, il faut tenir compte des altérations cutanées, des érythèmes, des lymphangites déterminées par le contact incessant des matières. É
Mais il n’est pas toujours indispensable d'ouvrir un anus artificiel ; on ne le crée que dans les cas graves lorsqu'on peut craindre que la colopexie simple serait insuffisante ; ensuite l’anus iliaque n’est que femporaire.
Le prolapsus grave n’est-il pas la source d'inconvénients aussi pénibles que ceux de l'anus artificiel ? En effet, il: s'accompagne fréquemment de rétention ou d’incontinence des matières fécales, il détermine des souffrances continuelles, quelquefois atroces par la rectite dont il est le siège, à tel point que la marche et la station assise sont presque impossibles ; il est encore une cause permanente de dangers pour la vie du malade car il peut s’étrangler et sa gangréaier . :
L'état du patient se trouve donc très amélioré par la réduction du prolapsus même avec un anus artificiel.
d) La difficulté possible de fermer l'anus iliaque : a
fait l'objet d’une autre critique ; ct l'on donne comme exemple des opérés qui ont gardé pendant 12 mois un anus artificiel.
Il n'est pas nécessaire, pour obtenir des adhérences solides, de laisser si longtemps les choses en l’état et d’attendre la guérison spontanée de l’anus iliaque. M. Jeannel pense qu’au bout de un ou deux mois après l’ouverture de l'anus iliaque on pourrait pratiquer l’entérotomie totale de l’éperon. j
Disons toutefois qu'il n'y à pas d'intérêt à vouloir se presser, car c’est surtout pendant la première année que. les récidives du prolapsus surviennent.
e). La recherche de VS iliaque ne présente pas assez de difficultés pour être considérée comme une objection sérieuse. Le côlon est facilement reconnu à sa situation, à son point d'attache, à sa forine, à la direction de ses fibres et à ses appendices graisseux. Pendant sa première colopexotomie, M. Jeannel a cependant eu quelque peine à le découvrir. Il a d’abord rencontré une anse intestinale sur les parois de laquelle étaient nettement marquées des fibres longitudinales, mais sans appendices. A la place du côlon il n’y avait rien. Il est allé jusque dans le petit bassin où il à atteint l'ovaire, puis en arrière un gros cordon situé contre l'articulation sacro-iliaque, qui croisait à angle droit les vaisseaux iliaques : c'était le côlon. C'est pourquoi, M. Jeannel recommande, en cas de difficulté de trouver le gros intestin, de faire pénétrer par l'anus une grosse sonde ou même la main quiirait dans le rectum à la rencontre des doigts introduits dans la plaie abdominale.
EOATE
f). La colopexie ne serait-elle pas passible des mêmes reproches que les autres procédés; peut-elle empêcher toute descente ultérieure des intestins ?
Le prolapsus du côlon semble être assez fréquent en effet. Dans l’exanie on a souvent affaire à une tumeur non seulement rectale, mais colique; d’après une statistique de Leïchtenstern, le prolapsus du côlon se serait rencontré 41 fois sur 222 prolapsus, c’est-à-dire environ dans la pro-. portion de 18 pour 100.
Remarquons que dans la colopexie, c'est la partie supérieure du rectum et même l'S iliaque qui sont fixés aux parois intestinales et cela à près de 25 centimètres de l'anus ; or, il faudrait supposer que l'intestin fixé dans une position nouvelle, se mobilise sur une longueur de plus de 50 centimètres pour réapparaître à l'extérieur ; ce qui est peu probable.
11 y a donc lieu de supposer qu’on remonte assez loin au devant des parties qui tendent au prolapsus pour empêcher tout déplacement ultérieur.
g) Cette remarque amène une autre objection qui est la suivante : ne peut-il pas se former une coudure au niveau du point colopexié et finalement une obstruction intestinale ?
-L'anus artificiel a précisément pour but d’obvier à ces accidents. Néanmoins l’obstruction intestinale n’est pas à craindre dans la colopexie simple, car le gros intestin, bien qu'il reprenne au niveau de l'S iliaque les caractères de l'intestin grêle, a encore près de 5 centimètres de diamètre ; de plus, il n’est pas saisi par un point unique de sa circonférence, mais il est rattaché à la paroi abdominale