‹ De la méthode colopexique dans le traitement des prolapsus complets du rectumChapitre 19 sur 27 · CRITIQUES · texte numérisé non relu

CRITIQUES

a). — Un grand nombre de réserves ont été formulées contre la méthode colopexique. Une des premières et la plus importante mettait en doute lefficacité même du traitement et la solidité des adhérences artificiellement créées. ’

Après la première communication faite à l’Académie de médecine par M. Verneuil au nom de M. Jeannel, les réserves étaient plus que légitimes. Mais si l’on considère les observations qui ont été publiées depuis, les résultats de la méthode colopexique sont excellents (Voir Résultats, page 48).

Dans la pathogénie du prolapsus complet il faut tenir compte de deux facteurs : l’un, la perte des moyens de fixité supérieurs ; l’autre, la perte des moyens de contention inférieurs (Verneuil). Il est évident que la méthode colopexique est la seule qui permette de porter remède aux moyens de fixité supérieurs sans s'opposer au renforcement ni à l'établissement des moyens de contention inférieurs ; mais il y à tout lieu de penser que si les attaches supérieures du rectum soat suffisamment solides, on peut négliger les inférieures ; en tout cas, on peut regarder ces dernières comme des moyens accèssoires et non indispensables.

PO

La colopexie est une opération possible etefficace. Nous croyons pouvoir ajouter qu'elle est une opération rationnelle.

En effet, s’il est vrai que dans tout prolapsus, de quelque longueur qu'il soit, il y a dans la cavité abdominale une portion d’intestin mobile (1), toute prête à s’invaginer

et à reproduire le prolapsus, le traitement de l’exanie rectale doit donc encore prévenir la chute des parties intestinales supérieures. Est-ce en rétrécissant l’orifice anal, en augmentant la tonicité du sphincter et du plancher périnéal, en s’adressant en un mot aux attaches inférieu-

res que l’on arrivera à un tel résultat? La logique (si toutefois elle peut compter dans les sciences positives), d'accord ici avec les faits, répond. négativement. L’ingénieur

qui voudrait arrêter le cours d’un torrent n’établirait pas les barrages à l'embouchure; de même pour le prolapsus du rectum, le chirurgien ne doit pas avoir pour but principal de réformer ni.de renforcer l'orifice anal ; il doit aller plus haut, fixer l'intestin et l’arrêter dans sa chute. C'est ce que fait le procédé colopexique ; il donne des attaches supérieures, solides, résistantes, qui maintiennent l'intestin et l’empêchent de descendre.

La. colopexie, comme traitement du prolapsus du rectum,a-encore cet avantage que l'opérateur voitce qu'il fait. La difficulté de distinguer les parties constituantes d’une tumeur reifermant plusieurs cylindres intestinaux, .du péritoine, et quelquefois une anse intestinale herniée

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