INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS DE LA MÉTHODE
COLOPEXIQUE.
Avant de fixer l'intestin dans une situation nouvelle propre à lui assurer des moyens de fixité, il faut procéder . à la réduction de la partie prolabée. Mais il est des cas où la tumeur est #rréductible.
Toutes les tuniques de l'intestin peuvent être enflammées, la muqueuse rectale épaissie, le tissu cellulaire ie duré ; alors il serait très difficile de dégager les parties supérieures qui sont descendues. Dans ces conditions il ne faut pas songer à rentrer dans l’abdomen cette tumeur intestinale ; on ne gagnerait rien à vouloir la remettre en place; au contraire, cette masse énorme, exerçant des tiraillements par son propre poids, s’opposerait à la formation des.attaches artificielles.
L’irréductibilité de la tumeur peut tenir à de véritables adhérences établies entre les cylindres invaginés ; cela se voit dans les prolapsus de date très ancienne, qui sont restés longtemps non réduits. La destruction des adhérences serait une mauvaise besogne, car elle laisserait à sa suite des lésions pouvant amener des rétrécissements en se cicatrisant, et devenir ainsi une nouvelle cause de prolap-
sus,
Dans d’autres cas, l’état des parties herniées ne permet pas non plus la réduction du prolapsus ; quand il y a gancrène par exemple, il est absolument indiqué d’enlever la tumeur prolabée, quitte à pratiquer ensuite la colopexie.
Lorsque l’exanie est accompagnée d'une éumeur du rectum, la conduite du chirurgien est guidée par la nature de la tumeur. On conçoit alors deux catégories de faits absolument tranchées : la tumeur est de bonne ou de mauvaise nature. Pour M. Verneuil l'indication est nette dans le eas de cancer; toutes les fois que le prolapsus est compliqué de tumeur maligne, il ne faut pas avoir recours à la colopexie. Néanmoins il peut se faire qu’à cause de la généralisation de l'infection cancéreuse, il soit contre-indiqué de tenter l’ablation de la tumeur. Il peut y avoir intérêt à réduire le prolapsus et à pratiquer la colopexotomie en prenant les plus grandes précautions pour ne pas déchirer l'intestin. Les matières fécales ainsi détournées de leur cours habituel, n'irriteraient plus l’ulcération cancéreuse qui se développeraïit par cela mème moins rapidement. Mais la survie ainsi obtenue permettrait-elle de courir les chances de cette opération? Toute la question est là. Il faut surtout considérer l’état général du malade.
Lorsque la tumeur est de nature bénigne, elle occupe le second plan de la situation. Il y a une si grande variété de faits offerts par la clinique qu'il serait absolument téméraire de vouloir les cataloguer. La tumeur peut être produite par un polype, des condylomes, des végétations, des chancres vénériens ; évidemment la conduite du chi-