HISTORIQUE
Les traitements du prolapsus rectal sont très nombreux : ils ont varié avec les opérateurs, avec l'opinion que l’on avait sur l’étiologie de l’affection et avec la gravité du prolapsus.
On peut les grouper sous quatre chefs principaux :
1° Traitement médical. — Ce traitement, qui peut suffire dans les prolapsus partiels légers, se compose d’applications froides ou astringentes, d’injections de strychnine ou d’ergotine, de courants électriques, de bandages, ete. Comme il est le plus simple il a été le plus employé.
2° Trailements qui s'adressent au sphincter anal ou au plancher périnéal. — Hippocrate ettousles médecins de l’antiquité pratiquaient volontiers la cautérisation du sphincter anal dans le but d'obtenir des cicatrices qui, en resserrant l'anus, empècheraient la chute du rectum. Pour se mettre à l'abri d’hémorrhagies quelquefois considérables qu’amenait la cautérisation, Dupuytren excisait plusieurs plis rayonnés de l’anus. Robert alla plus loin : il enlève un V de parties molles dont le sommet répond au coceyx et l'extrémité des branches aux parties latérales de l’anus.
De nos jours, l’idée de Robert a-été reprise, son procédé à
LS AE été modifié eta donné naissance à de nombreux traitements anaux et périanaux (Lange, Duret, Schwartz, etc.). 3° Traitement direct de l'intestin prolabé. — En présence d'un prolapsus complet, beaucoup de chirurgiens pensent qu'ilfaut les traiter comme une véritable tumeur et conseillent l'excision (cautérisation, ligature, etc.). Mais ce moyen radical n’est pas à l'abri de tout danger ; il a déterminé des accidents mortels (Auffret) et il est souvent suivi de récidive.
4 Rétablissement des moyens de fixité. Création d’adhérences. — Dans ces derniers temps, on a cherché à maintenir le rectum dans sa situation normale en rétablissant ses moyens d'attache supérieurs (Colopexie) et inférieurs (Rectopexie infero-postérieure) (1).
En résumé, tous ces traitements, sauf la Colopexie, ont pour but : soit de rétrécir l’orifice anal, soit de lutter contre la perte de tonicité du plancher périnéal, soit de rétablir les moyens de fixité inférieurs du rectum. Presque tous ces procédés ont à leur actif quelques bons résultats. Malheureusement, ils échouent devant les exanies rectales volumineuses pour la raison bien simple qu’ils opposent, pendant un court espace de temps seulement, un obstacle au prolapsus ; ils masquent simplement l'affection qu'ils devraient guérir.
1. Verneuil. Soc. de Ch., 4 décembre 1889. — G. Marchand, Rectopexie inf. post. modifiée. Soc. de Ch., 31 décembre 1890.