CHAPITRE XXV
ques-uns disent parfois à la vérité la souveraineté nationale; mais qu'importe? La souveraineté suppose des individus soumis, car autrement de qui celui ou ceux qui en sont investis seraient-ils souverains? On n'entend pas apparemment que tous sont souverains de tous. Aussi est-il bien évident que pour ceux qui emploient ce terme: le peuple souverain, pour ceux du moins qui ne reculent pas devant les conséquences extrêmes d'une théorie, il signifie en réalité que c'est le tour pour les classes populaires de soumettre au lieu d'être soumises.
Un écrivain distingué, M. de Barante * , nous dit : «La souveraineté du peuple, est un principe incontestable^ mais un principe abstrait qui n'a pas plus (T existence réelle^ que le contrat social. » Mais dirons-nous, qu'est-ce donc qu'un principe qui n'a pas d'existence réelle? La vérité est que ce n'est pas un principe, mais bien une de ces vues métaphysiques admises en dehors des faits existants et auxquelles il ne faut plus donner le nom de principes. Les apologistes ne s'aperçoivent pas qu'au fond il y a là simplement protestation d'une doctrine contre une autre; quand le prétendu principe de la souveraineté du pouvoir qu'on fait venir du ciel sera tombé dans l'oubli, et il est assurément sur la route, l'autre le suivra