XIII. — Une grande république démocratique
I. La République et la Mcnmrchie dans les temps modernes^ ia-12, 1852, par M. Dufau.
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semble donc de prime abord être impraticable ; elle le serait sans doute et les hommes seraient toujours restés sous le gouvernement d'un seul, « s'ils n'avaient imaginé une manière de constitution qui a tous les avantages intérieurs du gouvernement républicain et la force extérieure du monarchique, je parle de la république fédérative * . » 11 est aisé de voir que cetle organisation ingénieuse, l'un des progrès de la science politique moderne, résout le problème que nous avons posé ci-dessus, car de la nature même du gouvernement, il résulte que le premier magistrat d'une grande république fédérative pourra» avoir visà-vis de l'étranger une situation considérable, mais ne saurait être investi au dedans d'une somme de pouvoir égale à celle qui sera nécessairement départie au chef d'une grande république unitaire ; chaque État confédéré resté souverain, en eifet, n'a abandonné que ce qui était indispensable pour former et maintenir l'union, réservant tout le reste pour le gouvernement local. C'est ce que Jefferson appelait la clef de ce gouvernement. Ce premier magistrat fédéral ne met donc pas en péril la constitution qui est toujoui^, au contraire, en définitive à la merci de l'autre. a Celui-ci nonune à tout, pourvoit à tout; juges, prêtres, administrateurs, officiers, ingénieurs, agents du
i . Montesquieu, Esprit des lois, liv. IX^ chap. i.
fisc, professeurs reçoivent de lui rinstitution ! Les grades, les honneurs, c'est lui qui les confère! fl a sous la main la finance et la force publique, ces deux grands ressorts de la puissance des États ; son autorité s'étend du centre à la circonférence, en raison directe, pour ainsi parler, de l'accroissement des populations et de l'extension des territoires auxquels elle s'applique; et c'est ainsi que dans la nécessité où se trouvait le législateur de séparer les deux pouvoirs pour ne pas tout confondre, pour constituer un gouvernement libéral et régulier, tandis qu'il croyait instituer la république, il n'a fait en réalité, disons le mot, que de la monarchie manquée, que de la mauvaise monarchie * . ]»
En définitive, il semble donc nettement résulter de l'étude attentive des faits, que la forme républicaine ne saurait être chez un grand peuple un établissement politique rationnel et solide, favorable à Tordre et à la liberté, susceptible enfin d'assurer à la société un avenir glorieux et prospère, qu'autant qu'elle sera aristocratique ou oligarchique si elle est unitaire^ et fédérative si elle est démocratique *. Telle est la formule qui nous parsdt pouvoir être admise et fixer un point important dans la science politique-