CHAPITRE XXXII
produit du libre arbitre humain; mais l'observation montre que ces éléments variables se compensent et s'effacent par la reproduction fréquente des mêmes faits, de manière à laisser voir en définitive le rapport primitif de cause à effets qu'on n'avait pas reconnu d'abord.
D'où il suit que pour observer dans l'ordre moral, il faut recueillir et comparer des séries de faits analogues, et qu'on approchera d'autant plus de l'exactitude rigoureuse dans les résultats que les séries auront été plus étendues *.
Sur l'observation ainsi comprise et pratiquée, se fonde la méthode expérimentale d'après laquelle on constate les faits et on en tire des inductions, à l'inverse de la méthode dialectique, qui admet, en dehors des faits, des principes d'où l'on déduit des conclusions.
La première mène à la certitude et à la vérité, la seconde au doute et à l'erreur; celle-là termine la discussion, celle-ci la rend interminable; c'est parce que les sciences physiques ont définitivement adopté sur les traces de Bacon le procédé inductif, qui n'admet la loi ou le principe qu'après une longue et patiente étude des faits, qu'elles ont été tant avancées ; c'est parce que les sciences sociales n'ont pas assez