‹ De la méthode d'observation: dans son application aux sciences morales et politiquesChapitre 178 sur 181 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

Note I, page 3,

Tout a été dit sur ce grand génie; néanmoins nous ne pouvons nous dispenser de citer cette haute appréciation qu'en a faite madame de Staël dans son bel ouvrage de VAlle^ magne. Après avoir exposé les égarements dans lesquels une fausse méthode avait fait tomber la science au moyen âge, Fauteur ajoute : « Un géant parut, c'était Bacon. Jamais les merveilles de la nature, ni les découvertes de la pensée n'ont été si bien conçues par la même intelligence. Il n'y a pas une phrase de ses écrits qui ne suppose des années de réflexion et d'étude; il anime la métaphysique par la connaissance du cœur humain; il sait généraliser les faits par la philosophie; dans la science physique, il a créé l'art de l'expérience. » (T. III, p. 11.)

Note n, page 10.

C'est de même façon que Monteil, dans son travail historique trop vanté lors de sa publication et trop dédaigné peut* être aujourd'hui, désigne par une seule parole chacun des cinq siècles dont il se propose de peindre Tétat social : le

quatorzième siècle, la féodalité; le quinzième, l'indépendance; le seizième, la théologie; le dix-septième, les arts; le dix-huitième, la réforme. « Voilà qui est bientôt dit, ajoute judicieusement M. de Barante, qui cite ce passage ; rien ne serait plus commode que d'imposer ainsi un sobriquet à chaque siècle pour le résumer; mais, en procédant de la sorte, à force de vouloir faire entrer tout un cercle d'idées dans un seul mot, ce mot finit par ne plus rien signifier du tout,. » {Études historiques et biographiques, t. II.)

Note m, page 25.

M.Proudhon, qui, dans ces tristes maximes^ n'a même pas le mérite de l'invention, car la première est de Brissot et la seconde de Sylvain Maréchal, est un des écrivains de ce temps qui ont poussé le plus loin l'abus de la dialectique. Il l'emploie non pour conclure, mais pour nier. A ses yeux, rien d'absolument vrai, puisque l'argumentation pose en tout le pour et le contre. De là ces attaques, ces invectives embrassant toutes les doctrines, môme les plus contraires; étrange esprit dont Emile Saisset a dit qu'il est chose ténébreuse, équivoque et insaisissable^ dont le vrai nom est le chaos. (Revue des Deux- Mondes, 1850.)

Note IV, page 29.

Les mots empirisme et expérience ont la même valeur étymologique, et l'on voit indifféremment employés dans les anciens traités les termes de méthode empirique et de méthode expérimentale. Toutefois, dans la pratique, il ne faut pas les confondre. Empirisme se dit particulièrement de l'observation incomplète, hasardée, limitée à quelques faits peu contrôlés, et qui par suite mène à l'erreur. C'est donc le contraire de la véritable méthode.

MOTBS. 343

Note V, page 31.

Assassin de Guillaume d'Orange, Tillustre fondateur de la république de Hollande.

Rien ne démontre mieux que Thistoire de ces meurtriers armés par le fanatisme religieux ou politique, les égarements auxquels les faux raisonnements, c'est-à-dire ceux qui s'appuient sur de prétendus principes, sur de vaines conceptions métaphysiques, peuvent entraîner la volonté. Cette logique impitoyable qui les dirige dans leurs détestables actions est bien démentie par Texpérience, qui prouve que, presque toujours, elles ont un résultat diamétralement opposé à celui qu'en attendaient leurs auteurs. Au fond, il faut considérer ces tristes personnages comme des maniaques infatués de leur personnalité morose et concentrée, poursuivis par une idée fixe, et peut-être devrait-on les traiter comme tels au lieu de donner, par l'échafaud des martyrs, une sorte de satisfaction à l'immense orgueil qui les domine.

Note YI, page 37.

Citons à l'appui de l'opinion que nous exprimons ici un imposant témoignage, celui de l'éminent prélat actuellement préposé au diocèse de Paris. Mgr Darboy écrivait tout récemment {lettre pastorale de 1865) : « Il (le pontificat) ne ratifie pas tous les faits accomplis ; mais il n'ignore pas non plus que les faits accomplis par tout un peuple traînent derrière eux des intérêts, et que ces intérêts considérables, quand ils ont duré quelque temps, se nomment des droits, j»

Note Vn, page 40.

Il ne faut pas accepter cette assertion sans examen; il est bien vrai que certains mathématiciens et physiciens ont été

sceptiques, athées, matérialistes; mais beaucoup d'autres, dans tous les temps, se sont ralliés aux doctrines contraires. Si Laplace prétendait qu'il n^avait pas eu besoin de Y hypothèse de Dieu pour construire sa mécanique céleste, il faut se rappeler que Newton, qui n'était pas un moins grand géomètre, découvrait sa tête toutes les fois que ce nom auguste était prononcé devant lui. L'observation montre en réalité que l'étude de la nature ne mène point à cette négation absolue de tout ce qui n'est point elle. La vérité, c'est qu'il y a chez ceux qui s'y livrent des idées arrêtées d'avance qui tiennent à leur éducation et sous l'influence desquelles ils sont placés et restent parfois toute leur vie; les sciences mêmes qu'ils étudient n'y sont la plupart du temps pour rien.

Note Vm, page 46.

Voici le passage où se trouve explicitement contenue la donnée féconde : « Dusb vise sunt atque esse possunt ad inquirendam et inveniendam veritatem : altéra a sensu et particularibus advolat ad axiomata generalia atque ex ils principiis eorumque immota veritate judicat et invenit axiomata média ; atque hœc via in usu est. Altéra a sensu et particularibus excitât axiomata ascendendo continenter, et gradatim ut ultime loco perveniatur ad maxime generalia; quœ via est vera sed intentata. » ( Novum organum aphorisme XIX. )

Note ZX^ page 47.

a La justesse de l'oreille est aussi fréquente parmi les géomètres que la justesse de l'esprit est rare chez eux. » (V. La-

prade de l'Académie française : Questions d'art et de morale, p. 51.)

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